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Israël annonce avoir pris le contrôle du port de Gaza
L'armée israélienne poursuit jeudi son offensive contre le Hamas à Gaza avec la prise du port et reste déployée dans le plus grand hôpital où s'entassent des milliers de civils palestiniens, malgré les critiques et les appels de l'ONU à des "pauses humanitaires prolongées".
Les combats font rage depuis des jours dans l'ouest de Gaza-ville où l'armée a annoncé avoir pris "le contrôle opérationnel" du port, situé dans le nord de la bande de Gaza, au 41e jour de la guerre.
Le mouvement palestinien, classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, l'utilisait "comme centre d'entraînement pour ses forces de commando naval afin de planifier et d'exécuter des attaques terroristes navales", selon les militaires.
Le port de Gaza est un petit port de pêche dont l'activité est limitée par le blocus qu'impose Israël à la bande de Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans ce territoire palestinien en 2007.
L'armée a déjà pris le Parlement ainsi que les bâtiments du gouvernement et de la police militaire à Gaza, des immeubles "vides" selon le Hamas.
L'armée a également confirmé à l'AFP que ses soldats étaient toujours déployés dans l'enceinte de l'hôpital al-Chifa, dans le même secteur du port, où se trouvent, selon l'ONU, environ 2.300 personnes (patients, soignants, déplacés).
- Frappe sur une station-essence -
Israël a juré "d'anéantir" le Hamas depuis l'attaque sanglante lancée par le mouvement palestinien sur son sol le 7 octobre, sans précédent depuis la création d'Israël.
Côté israélien, cette attaque a fait environ 1.200 morts, essentiellement des civils tués ce jour-là, selon les autorités.
Depuis l'attaque, 51 soldats ont également été tués dans le territoire palestinien, selon l'armée israélienne.
En représailles, Israël pilonne sans relâche la bande de Gaza, soumise à un siège presque total. Les bombardements israéliens ont fait 11.500 morts, majoritairement des civils, parmi lesquels 4.710 enfants, selon le gouvernement du Hamas.
Selon lui, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans des frappes aériennes israéliennes nocturnes sur Gaza. Neuf civils ont ainsi péri dans une frappe sur une station-essence du camp de Nousseirat, dans le centre, où des dizaines de déplacés avaient trouvé refuge.
A al-Chifa, "les bulldozers israéliens ont détruit en partie l'entrée sud" du complexe, "près de la maternité", déjà endommagée par des tirs d'obus de chars ces derniers jours, a rapporté dans la nuit le ministère de la Santé du Hamas.
Des dizaines de soldats israéliens, certains encagoulés, avaient fait irruption tôt mercredi dans l'hôpital, selon un journaliste de l'AFP sur place.
- L'ONU appelle à des pauses -
L'armée israélienne affirme y avoir trouvé "des munitions, des armes et des équipements militaires" du Hamas, publiant des images de ce qu'elle affirme être des armes, des grenades et d'autres équipements.
Le ministère de la Santé du Hamas a démenti les annonces israéliennes, affirmant "ne pas autoriser" la présence d'armes dans ses établissements.
L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les affirmations des deux camps.
Sortant du silence pour la première fois depuis le début du conflit, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à des "pauses humanitaires urgentes et prolongées" dans la bande de Gaza. Sur X, l'ambassadeur israélien à l'ONU Gilad Erdan a estimé cette résolution "déconnectée de la réalité".
Le raid sur l'hôpital al-Chifa a suscité des condamnations internationales et des appels pressants pour protéger les civils palestiniens.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a demandé jeudi une enquête internationale pour vérifier les "allégations extrêmement graves" de violations du droit international "quels que soient leurs auteurs".
Le président américain Joe Biden, soutien clé d'Israël dans sa guerre contre le Hamas, a appelé son allié à être "extrêmement prudent" dans la conduite de son opération à l'hôpital.
En Israël, la pression s'accentue sur le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la question des otages. Une marche des proches des otages partis mardi de Tel-Aviv pour réclamer un accord sur leur libération, devait arriver vendredi à Jérusalem.
- Libération "immédiate" des otages -
Israël a recensé quelque 240 personnes enlevées le 7 octobre, dont des ressortissants étrangers. L'une d'elles a accouché en captivité dans la bande de Gaza, a affirmé mercredi l'épouse de M. Netanyahu.
Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a pour sa part demandé la "libération immédiate" des otages, lors d'une visite à Beeri, dans le sud d'Israël.
Dans ce kibboutz dévasté où au moins 85 personnes ont été tuées par les commandos du Hamas et une trentaine d'autres prises en otage, il a appelé le gouvernement à "ne pas se laisser consumer par la rage".
Israël a jusqu'ici refusé tout cessez-le-feu sans libération préalable des otages.
D'après l'agence humanitaire de l'ONU (Ocha), 1,65 des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par la guerre, beaucoup fuyant le nord du territoire où les combats font rage, vers le sud.
- Attaque en Cisjordanie -
Dans le territoire, soumis depuis le 9 octobre par Israël à un siège quasi-total, la population est privée de livraisons d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments et l'aide internationale y arrive au compte-gouttes par camions depuis l'Egypte.
Malgré une première livraison d'un peu plus de 23.000 litres de carburant mercredi via le terminal de Rafah, dans le sud du territoire, l'ONU a averti que ses opérations d'aide à Gaza étaient "au bord de l'effondrement" et le chef des Affaires humanitaires des Nations unies a demandé mercredi que cesse "le carnage à Gaza".
Faute de carburant, l'opérateur de télécoms palestinien Paltel a annoncé mercredi "une suspension de tous les services de télécommunications sous quelques heures". Cela pourrait "menacer encore davantage la vie de la population de Gaza", a prévenu jeudi l'organisation Human Rights Watch.
Mercredi, près de 650 personnes, des étrangers, binationaux et des blessés palestiniens, ont été évacués vers l'Egypte par Rafah, a rapporté l'autorité palestinienne chargée des opérations au terminal frontalier.
La guerre a Gaza a aussi rendu la situation "potentiellement explosive" en Cisjordanie occupée, a mis en garde Volker Türk, où l'armée israélienne multiplie les raids et les incursions. Elle assure répondre à une "augmentation significative des attaques terroristes" depuis l'attaque du Hamas. Plus de 190 Palestiniens ont été tués par des colons et des soldats israéliens depuis le 7 octobre.
La police israélienne a annoncé jeudi avoir tué trois assaillants après une "fusillade" près d'un barrage de sécurité reliant Jérusalem à la Cisjordanie, les secours israéliens faisant état de "quatre blessés par balles" dont "un dans un état critique".
S.Gregor--AMWN