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Pologne: Tusk, de retour au pouvoir, appelle à une UE puissante et au soutien à l'Ukraine
Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé mardi l'Occident à maintenir son soutien à l'Ukraine et livré un plaidoyer pro-européen lors de son discours de politique générale, à l'issue duquel son gouvernement a obtenu la confiance du Parlement.
Par 248 voix contre 201, les députés de la chambre basse ont apporté mardi soir leur soutien au gouvernement pro-européen de M. Tusk, qui a déjà été Premier ministre en Pologne entre 2007 et 2014.
Il doit désormais être investi par le président Andrzej Duda lors d'une cérémonie qui aura lieu mercredi et refermera les huit années au pouvoir des nationalistes populistes du parti Droit et Justice (PiS).
Dans son discours devant les députés, le dirigeant de 66 ans a appelé le monde à "une mobilisation totale" en faveur de l'Ukraine face à l'offensive russe et a assuré d’œuvrer "de manière efficace en faveur de Kiev".
"Dans quelques dizaines d'heures, je me rendrai à Bruxelles (au sommet européen, ndlr), avec l'espoir (...) de persuader nos alliés traditionnels d'être sans équivoque en faveur de la liberté, des valeurs républicaines et de la défense de l'Ukraine contre l'agression russe", a lancé M. Tusk.
L'ancien chef du Conseil européen (2014-2019) a également exprimé son espoir de rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de ce sommet.
Il a également promis de résoudre le conflit à la frontière avec l'Ukraine, bloquée depuis un mois par les routiers polonais qui dénoncent "la concurrence déloyale" de leur collègues ukrainiens.
Le blocage a provoqué une crise grave dans les relations entre les deux pays.
"Nous avons déjà trouvé les solutions pour répondre le plus vite possible aux besoins des transporteurs polonais et débloquer la frontière", a-t-il déclaré.
La volonté de coopérer semble réciproque puisque le président ukrainien a envoyé sur X ses "félicitations" lundi, immédiatement après la désignation de M. Tusk au poste de Premier ministre.
- "Union européenne puissante -
S'adressant à la chambre basse du Parlement, M. Tusk a déclaré qu'il rétablirait la crédibilité de la Pologne qui retournera désormais "à la place qui lui est due" au sein de l'UE.
"Nous sommes d'autant plus forts, d'autant plus souverains non seulement quand la Pologne est plus forte, mais aussi quand l'Union européenne l'est", a-t-il déclaré, alors que le précédent gouvernement populiste entretenait des relations conflictuelles avec Bruxelles.
Pour donner de la voix sur la scène internationale, M. Tusk a misé sur un vieux routier de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, au poste du ministre des Affaires étrangères.
M. Sikorski a déjà occupé ce poste dans les années 2007-2014.
Le Premier ministre a promis de rétablir l'Etat de droit, source de conflit profond entre Varsovie et Bruxelles qui reprochait au précédent gouvernement d'entraver l'indépendance de la justice et a, en conséquence, bloqué plus de 35 milliards d'euros de financements.
"Je ramènerai de Bruxelles ces milliards tant attendus", a lancé M. Tusk, qui a été président du Conseil européen de 2014 à 2019. Pour le poste de ministre de la Justice, il a choisi "un garant de l'indépendance", l'ancien médiateur polonais pour les droits humains Adam Bodnar.
Lundi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité le nouveau Premier ministre, soulignant que son "expérience et fort engagement envers nos valeurs européennes seront précieux pour forger une Europe plus forte".
Outre les ministères traditionnels, plusieurs nouvelles administrations ont été également créées, dont le ministère de l'Egalité, celui de la Société civile ou celui en charge des Personnes âgées.
- "Redresser tous les torts" -
Composée par la Coalition Civique (KO, centre), la Troisième Voie et La Gauche, la coalition pro-européenne dispose de 248 députés, face à 194 élus du parti PiS et aux 18 représentants de la Confédération (extrême droite), sur 460 sièges au total.
Même si la coalition de forces pro-européennes a remporté les législatives du 15 octobre, c'est au pouvoir nationaliste sortant que le président Andrzej Duda, son allié, avait d'abord confié la tâche de constituer un gouvernement, offrant ainsi au camp nationaliste populiste deux mois au pouvoir supplémentaire.
Lundi, le Parlement a refusé sa confiance au gouvernement sortant de Mateusz Morawiecki avant d'élire M. Tusk.
P.Stevenson--AMWN