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Julian Assange tente d'obtenir un dernier recours contre son extradition
Le fondateur de Wikileaks Julian Assange tente à partir de mardi d'obtenir de la justice britannique un dernier recours contre son extradition vers les Etats-Unis, qui veulent le juger pour une fuite massive de documents.
A l'approche de l'audience, ses soutiens ont alerté sur les risques qui pèsent sur la vie de l'Australien de 52 ans, détenu depuis près de cinq ans au Royaume-Uni, dans une affaire érigée en symbole des menaces qui pèsent sur la liberté de la presse.
Mardi et mercredi, la justice britannique doit examiner le refus d'autoriser Julian Assange de faire appel de son extradition aux Etats-Unis, acceptée en juin 2022 par le gouvernement britannique.
"S'il perd, il n'y a plus aucune possibilité de faire appel" au Royaume-Uni, a souligné lundi auprès de la BBC son épouse Stella Assange, avec qui il a eu deux enfants quand il était reclus à l'ambassade d'Equateur dans la capitale britannique.
"On espère avoir le temps de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme" pour intervenir à temps, a-t-elle souligné. S'il est extradé, "il mourra", a-t-elle affirmé la semaine dernière.
En janvier 2021, la justice britannique avait initialement tranché en faveur du fondateur de Wikileaks. Invoquant un risque de suicide du fondateur de Wikileaks, la juge Vanessa Baraitser avait refusé de donner son feu vert à l'extradition. Mais cette décision a ensuite été infirmée.
- "Alcatraz des Rocheuses" -
Pour tenter de rassurer sur le traitement qui lui serait infligé, les Etats-Unis ont affirmé qu'il ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence (Colorado), surnommée l'"Alcatraz des Rocheuses" et qu'il recevrait les soins cliniques et psychologiques nécessaires. Les Américains avaient aussi évoqué la possibilité qu'il puisse demander à purger sa peine en Australie.
Ces garanties ont convaincu la justice britannique, mais aucunement les soutiens de Julian Assange, qui dénoncent des poursuites politiques.
Julian Assange risque jusqu'à 175 ans de prison. Il est poursuivi pour avoir publié à partir de 2010 plus de 700.000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.
Parmi eux figurait une vidéo montrant des civils, dont deux journalistes de l'agence Reuters tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007.
Ces documents avaient été obtenus grâce à la militaire américaine Chelsea Manning. Condamnée en août 2013 à 35 ans de prison par une cour martiale, elle a été libérée après sept ans à la faveur d'une peine commuée par Barack Obama.
Ces derniers jours, les expressions de soutien se sont multipliées à l'égard de Julian Assange, qui bénéficie de l'appui de nombreuses organisations de journalistes.
- "Trop c'est trop" -
Le Premier ministre australien Anthony Albanese s'en est pris aux poursuites américaines contre le fondateur de Wikileaks, et le Parlement australien a adopté la semaine dernière une motion demandant d'y mettre un terme.
"Cette affaire ne peut pas durer indéfiniment", a déclaré M. Albanese au Parlement, ajoutant que les Australiens de tous bords étaient d'accord pour dire que "trop c'est trop".
M. Albanese a indiqué qu'il avait soulevé le cas de M. Assange "au plus haut niveau" au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Le fondateur de Wikileaks avait été arrêté par la police britannique en 2019 après sept ans reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres pour éviter son extradition vers la Suède dans une enquête pour viol, classée sans suite en 2019. Il est actuellement détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans l'est de Londres.
Début février, la Rapporteure spéciale de l'ONU sur la torture, l'experte indépendante Alice Jill Edwards, a demandé au gouvernement britannique de suspendre la procédure d'extradition: "Julian Assange souffre depuis longtemps d'un trouble dépressif périodique. Il a été évalué qu'il présente un risque de suicide".
Selon elle, "le risque qu'il soit placé à l'isolement de façon prolongée malgré son état de santé mentale précaire, et que sa condamnation puisse être disproportionnée soulève la question de savoir si l'extradition de M. Assange vers les Etats-Unis serait compatible avec les obligations internationales du Royaume-uni en matière de droits humains".
Ch.Havering--AMWN