-
Législatives en Serbie : l'heure de vérité approche pour le mouvement étudiant
-
Mort de Jean-Paul Huchon, figure rocardienne et de l'Île-de-France
-
Netanyahu ordonne le "bouclage" de la Cisjordanie après une attaque, "opérations antiterroristes" en cours
-
"Pas d'électricité, pas de vote": en Afrique du Sud, l'ANC face à la tentation du vote sanction
-
A Kiev, sauts et pirouettes sur glace en dépit des alertes aériennes
-
F1 : Hadjar réalise une "saison extraordinaire", affirme Mekies à l'AFP
-
"Perdu père et mère": en RDC, Ebola fait des centaines d'orphelins
-
Face à la concurrence chinoise, Volvo Cars plonge dans le rouge et saigne dans ses effectifs, l'action décroche
-
Séoul propose à Pyongyang des pourparlers militaires sur la frontière
-
Taïwan: les salariés de l'usine Micron de Taoyuan rejettent la prime proposée, selon leur syndicat
-
Ligue 1 : PSG-OL et Monaco-Lille, des duels en haute altitude au menu
-
Séoul propose à Pyongyang des pourparlers militaires
-
NBA: première victoire de LeBron James à son nouveau domicile de Philadelphie
-
Japon : les yakuzas cisellent leur réputation chez le coiffeur
-
Taïwan : écoles et commerces fermés à l'approche du typhon Champi
-
Brésil : ultime face à face entre Lula et Flavio Bolsonaro avant le second tour
-
Mort de Maradona : jugement au 22 décembre, sa fille redemande "justice pour papa"
-
La déferlante IA pousse SpaceX et Tesla vers la plus grande fusion de l'histoire
-
"Colère générationnelle" : de jeunes Européens luttent pour se faire entendre
-
Notation de la France : un maintien de la note par Moody's jugé peu probable
-
Le Mexique est l'un des "grands drames du journalisme", déclare le chef de RSF
-
New York vote en faveur de l'interdiction des calèches de Central Park après 20 ans de débats
-
Au Brésil, Lula garde une place à part dans le coeur du Nord-Est
-
Ligue Europa: premier coup d'arrêt pour Lyon corrigé à Hoffenheim (3-0)
-
Chine : 16 morts dans un séisme de magnitude 7 au Tibet
-
"Je ne vote que pour Bibi" : la foi intacte des partisans de Netanyahu
-
Une juge somme Trump de témoigner dans sa procédure en diffamation contre la BBC
-
Arabie saoudite : le personnel d'Aramco appelé à évacuer, des drones interceptés
-
Wall Street flanche sous le poids de la tech et de l'IA
-
Mondiaux de gym: et de quatre pour Hashimoto au concours général
-
Inquiétudes sur l'avenir des Forges de Tarbes et de ses corps d'obus utilisés en Ukraine
-
"Iris" de Monet devient l'oeuvre d'art la plus chère vendue en France
-
Ligue Europa: en Europe, l'OM fait flop
-
Serbie : des étudiants convergent vers Belgrade avant le dernier rassemblement électoral
-
Ligue Europa: Rennes si près de l'exploit face à la Juventus Turin
-
Népal: un fonds climatique réserve 20 millions de dollars pour une aide d'urgence, une modeste première
-
Un tableau de Monet vendu 50 millions d'euros à Paris, record pour des enchères d'art en France
-
Le Pentagone prévoit d'acheter à Lockheed Martin 850 avions de combat F-35 en dix ans
-
Paris Games Week : comme les héros de jeux vidéo, les joueurs vieillissent aussi
-
Naissance de quatre bébés guépards au zoo de Montpellier
-
Changement climatique : 96 % des récifs coralliens menacés d'extinction d'ici 50 ans, selon l'UICN
-
La Bourse de Paris termine dans le rouge, la dette française flambe
-
Virus Shamonda: première détection chez un humain, en France, pas de risque sanitaire global identifié
-
F-35 : l'avion furtif américain domine en Europe malgré les craintes de dépendance
-
Une nouvelle vague de tentatives d'arnaques sur la messagerie Whatsapp
-
Niger: une Suissesse et une Autrichienne libérées après de longs mois aux mains de l'État islamique
-
Renault cède son usine historique de moteurs de F1 de Viry, au belge Dumarey
-
L'Afrique face à une épidémie "plus complexe" d'Ebola après sa propagation au Nigeria, selon l'OMS
-
Spotify gagne 11 millions d'utilisateurs actifs au 3e trimestre et atteint un total de 788 millions
-
Allemagne : davantage de recettes fiscales en 2027, sans desserrer l'étau budgétaire
Depuis Paris, une télé animée par des Afghanes pour faire "respirer" leurs soeurs au pays
"5,4,3,2,1, live!", lance Sadaf. "Salam! Aujourd'hui, nous allons vous parler des violences faites aux femmes", enchaîne avec aplomb Marina en studio.
C'est à Paris que ces journalistes réfugiées trouvent un nouveau sens à leur vie en lançant Begum TV, pour redonner un "visage" et espoir à leur "soeurs" en Afghanistan.
Dans ce studio situé dans le nord de la capitale française, Marina Golbahari, célèbre actrice afghane devenue présentatrice de Bégum TV, débat sur le plateau du sujet du jour avec une journaliste afghane également en exil, Diba Akbari.
Derrière la vitre, Sadaf Rahimi, carré court et visage concentré, elle aussi journaliste, est aux manettes de la table d'enregistrement.
L'ONG française Begum Organisation for Women (BOW) vient de lancer cette chaîne de télé éducative, diffusant par satellite depuis Paris.
Unique en son genre, elle propose en continu et gratuitement des cours vidéo reprenant le cursus scolaire afghan de la 6e à la terminale, en langues dari et pachto (plus de 8.500 vidéos), à destination des collégiennes et lycéennes privées d'éducation.
Car depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les autorités talibanes ont imposé leur interprétation restrictive de la loi islamique, multipliant les mesures liberticides envers les femmes.
Elles ont exclu les femmes des établissements d'enseignement secondaire et des universités, faisant de l'Afghanistan le seul pays au monde où l'éducation des filles est interdite après l'école primaire.
"Le but, c'est d'apporter l'école et le savoir à la maison, de l'information, et aussi un peu de joie et de divertissement pour permettre aux femmes de panser leurs plaies, d'adoucir leur vie" dans un Afghanistan rendu exsangue par plus de quatre décennies de conflits meurtriers, explique à l'AFP Hamida Aman, fondatrice de Begum TV, regard vert grave et lumineux à la fois.
Une dizaine de personnes - en majorité des femmes - travaillent dans une grande pièce sur la partie administrative et financière du projet, le contenu pédagogique, les relations avec les donateurs.
Des rires fusent aux plaisanteries espiègles de Mme Aman, qui supervise l'équipe avec énergie.
Des photos d'Afghanistan montrant des fillettes en burqa côtoient des bouquets, une trousse à maquillage et un thermos de thé vert, populaire en Afghanistan.
En plus des cours, la chaîne diffuse en soirée un "prime time" quotidien de trois heures, dont un talk show de vulgarisation médicale qui donne des conseils de santé, et le talk show "Tabassoum" (sourire, en dari).
Animé par Diba, 25 ans, et Marina, qui ne portent pas le voile, "Tabassoum" est axé sur la santé mentale et le bien-être, en collaboration avec des psychologues à Kaboul et à Paris qui répondent aux questions de téléspectatrices anonymes.
"Ce soir, nous allons parler des différents types de violence que rencontrent les femmes en Afghanistan: physiques et psychiques", explique en plateau Diba, en robe courte, son teint diaphane illuminé sous les spots.
La journaliste poursuit en dénonçant la condition de beaucoup d'Afghanes: "on épouse une femme et on la met dans un coin; on la cantonne aux tâches domestiques et son seul projet dans la vie c'est d'enfanter! Mais l'empêcher de continuer à étudier et à se former, c'est une violence!"
- "Une fenêtre" -
"A travers nos programmes, on fait de notre mieux pour apporter des réponses concrètes aux femmes sur leurs problèmes familiaux ou psychologiques, pour qu'elles ne baissent pas les bras, qu'elles restent fortes ensemble", explique Diba à l'AFP.
Une liberté de ton que permet le fait de diffuser depuis Paris. "Nous pouvons parler de sujets bien plus variés et sans tabous", souligne Mme Aman.
Elle rappelle que "les parcs, les jardins, les salons de coiffure et de beauté, les salles de sport sont désormais interdits aux femmes en Afghanistan; tout le monde extérieur leur est fermé... Pour nous, le seul moyen pour faire résonner leur voix et communiquer avec elles, c'est à travers les médias".
Mme Aman souligne que "plus de 85% des foyers afghans possèdent une télévision et une connexion satellite, c'est le moyen de toucher les foyers".
Elle espère que la chaîne soit pour les téléspectatrices une "fenêtre et une manière pour elles de respirer".
Pour les journalistes et animatrices à Paris, Begum TV représente des opportunités inespérées.
"Elles sont pour la plupart très esseulées loin de leurs familles. Ce lieu leur donne un ancrage, où elles retrouvent un peu de l'Afghanistan", relève Mme Aman. "C'est l'occasion pour elles de redevenir des journalistes, d'avoir une activité digne, qui leur fasse retrouver le sourire tout en leur permettant d'aider leurs sœurs en détresse".
Marina Golbahari, réfugiée depuis huit ans en France, au parcours de vie éprouvant, ne se départit pas en effet de son immense sourire.
"J'ai l'impression que c'est ma maison ici, et que je me suis trouvée dans ce nouveau travail...", lâche-t-elle. "Je suis tellement heureuse aussi parce que je sais que ça apporte un peu de soulagement aux femmes afghanes".
Réfugiée en France depuis décembre 2022, Diba a vécu plus d'un an sous les nouvelles autorités talibanes, "une expérience terrifiante" après laquelle il a fallu "se reconstruire".
Elle mesure la "chance incroyable" d'avoir été engagée à Begum TV. "Quand je rencontre mes collègues et que je me concentre sur mon travail, j'ai l'impression d'avoir repris le cours de ma vie", résume-t-elle d'un trait.
Cela fait 20 ans qu'Hamida Aman mène des projets en Afghanistan. Elle s'y rend toujours très régulièrement.
"Nulle part au monde on a ce projet là de société" pour les femmes, déplore-t-elle. "C'est parfois difficile de garder espoir quand on voit les contraintes aberrantes qui s'accumulent".
"Mais à chaque voyage, je vois toutes ces jeunes filles qui ont l'âge de mes enfants et qu'on prive d'éducation, et là ça me rappelle pourquoi je me bats... ça alimente la machine", lance-t-elle avec émotion.
C.Garcia--AMWN