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Ukraine: l'Otan écarte les menace russes d'escalade
Le secrétaire général de l'Otan a écarté vendredi à Prague les menaces russes d'escalade après que Joe Biden a autorisé Kiev à attaquer des cibles en Russie pour défendre la ville ukrainienne de Kharkiv, massivement bombardée par les forces de Moscou à l'offensive.
"Il n'y a rien de nouveau", "cela fait partie des efforts" du président russe Vladimir Poutine "pour empêcher les alliés de l'Otan de soutenir l'Ukraine", a-t-il déclaré avant le début d'une réunion de l'Otan.
Trois personnes ont été tuées et 23 blessées dans des frappes russes sur la ville de Kharkiv située dans le nord-est de l'Ukraine, non loin de la frontière russe, ont annoncé vendredi les autorités régionales.
Des missiles S-300 et S-400 ont été lancés depuis le territoire de la région de Belgorod, en Russie, frontalière de l'Ukraine, selon le bureau du procureur régional, qui fait état de cinq frappes.
D'autres personnes pourraient toujours se trouver sous les décombres, a précisé le maire de la deuxième ville d'Ukraine, Igor Terekhov.
Kharkiv est la cible quasi-quotidienne de bombardements venant principalement du territoire russe, dans le cadre de l'offensive lancée début mai dans la région par Moscou, qui gagne du terrain face à une armée ukrainienne en difficulté.
Et une attaque massive de missiles sur Kiev a été lancée dans la nuit de jeudi à vendredi mais tous ont été abattus, selon l'administration militaire de la capitale ukrainienne.
- Feu vert de Biden -
Face à ces événements, le président américain Joe Biden, qui s'y refusait jusqu'ici, a donné jeudi son feu vert pour que l'Ukraine frappe sous certaines conditions des cibles sur le sol russe, dans la région de Kharkiv, a indiqué jeudi un responsable américain.
"Le président a donné pour mission à son équipe de faire en sorte que l'Ukraine puisse utiliser des armes américaines afin de contre-attaquer dans la région de Kharkiv, de manière à riposter lorsque les forces russes les attaquent ou se préparent à les attaquer", a rapporté cette source.
Ce responsable, qui a requis l'anonymat, a toutefois ajouté que les Etats-Unis continuaient à s'opposer à des frappes ukrainiennes en profondeur sur le territoire russe. "Notre position d'interdiction de l'utilisation d'ATACMS ou de frappes en profondeur à l'intérieur de la Russie n'a pas changé", a-t-il affirmé.
Les ATACMS sont des missiles de longue portée fournis par les Américains à l'Ukraine, pouvant aller jusqu'à 300 km de distance.
M. Stoltenberg, qui pousse les capitales occidentales à lever des restrictions qui "lient les mains dans le dos des Ukrainiens", a minimisé vendredi la portée de la décision américaine en soulignant que des armes occidentales avaient déjà été livrées sans aucune restriction sur leur usage.
"Le Royaume-Uni par exemple fournit déjà des missiles Storm Shadow depuis longtemps sans aucune restriction", a-t-il souligné.
Une position à laquelle se sont ralliés plusieurs pays, dont la France.
Le Kremlin a pour sa part reproché à l'Alliance atlantique de lancer "un nouveau cycle d'escalade".
En riposte aux attaques russes, l'Ukraine a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi des attaques de drones visant notamment la ville portuaire de Novorossiïsk et un dépôt pétrolier à Temriouk dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, où un important incendie s'est déclaré avant d'être circonscrit quelques heures plus tard, selon les autorités locales.
La frappe à Temriouk a fait plusieurs blessés parmi les employés du dépôt pétrolier, a précisé sur Telegram le gouverneur de la région de Krasnodar, Veniamine Kondratiev.
Le ministère russe de la Défense a annoncé vendredi qu'un total de 29 drones ukrainiens avaient été neutralisés dans cette région de Krasnodar, riche en stations balnéaires prisées par les Russes l'été.
A Novorossiïsk, la frappe "n'a pas fait de victimes, ni de blessés, grâce à la réaction éclair" des militaires qui ont "repoussé l'attaque", selon le maire de la ville, Andreï Kravtchenko.
- Aide militaire allemande -
Le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius, a promis jeudi un nouveau paquet d'aide militaire d'une valeur de 500 millions d'euros à l'Ukraine, dont de "l'artillerie", de la "défense aérienne" et "des drones" pour la reconnaissance et le combat en mer Noire, lors d'une visite non annoncée à Odessa, ville portuaire du sud de l'Ukraine, où il s'est entretenu avec son homologue Roustem Oumerov.
Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait laissé entendre que les Etats-Unis avaient infléchi leur position en termes de frappes ukrainiennes sur le sol russe.
"Alors que les conditions ont changé, alors que le champ de bataille a changé, alors que la Russie a modifié la manière de conduire son agression, nous nous sommes adaptés et ajustés et je suis convaincu que nous continuerons de le faire", avait-il dit à la presse lors d'une visite en Moldavie, pays frontalier de l'Ukraine.
Selon un rapport du Pentagone, publié mercredi, la Russie emploie des missiles balistiques nord-coréens en Ukraine - au vu de l'examen de débris retrouvés en janvier dans la région de Kharkiv, qui provenaient d'un missile balistique de courte portée produit en Corée du Nord.
De son côté Pékin, qui a assuré ne fournir d'armes à aucune partie dans le conflit, a jugé vendredi "difficile" de "participer" au sommet international sur l'Ukraine prévu en Suisse pour les 15 et 16 juin, sans présence russe.
O.Norris--AMWN