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Européennes: les Français votent, le RN largement favori
Les Français votent dimanche pour élire leurs eurodéputés, au terme d'une campagne dominée par le Rassemblement national (RN) qui pourrait réaliser un score historique et infliger un revers cinglant à Emmanuel Macron, deux ans après sa réélection.
Souriante, la leader du parti d'extrême droite Marine Le Pen a été une des premières personnalités politiques à voter, peu après 09H00, dans son fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), ont constaté des journalistes de l'AFP. Après avoir glissé son bulletin dans l'urne, la députée du Pas-de-Calais a salué quelques électeurs et est repartie sans faire de commentaire.
A Chapdes-Beaufort, dans le Puy-de-Dôme, Maurice Augheard, 72 ans, est venu voter "parce que l'Europe, il faut qu'on s'y tienne, pour l'euro (...) pour la paix, pour qu'on soit unis". "C'est un droit, ceux qui ne votent pas n'ont rien à dire", a commenté Albert Coulaudon, 83 ans.
Dans les territoires d'Outre-mer, qui ont commencé à se rendre aux urnes pour certains dès samedi, la participation est en légère baisse par rapport au scrutin de 2019, notamment aux Antilles, d'après les données communiquées sur X par les préfectures. En Martinique, à 17H00 heures locales (23H00 samedi à Paris), le taux de participation était de 7,95% contre 10% en 2019, et, en Guadeloupe, de 10,87% contre 12,10% cinq ans plus tôt.
En Nouvelle-Calédonie, à 16H00 locales (7H00 dimanche à Paris), ce taux atteignait 13,53%, contre 16,19% en 2019, selon le haut-commissariat de la République. Le scrutin se déroule sous haute sécurité dans l'archipel, après les émeutes qui ont secoué le Caillou. D'après le haut-commissariat de la République, "92% des bureaux de vote" ont pu ouvrir.
Les instituts de sondage communiqueront leurs premières estimations de résultats à 20H00 (en métropole) à la fermeture des derniers bureaux des grandes villes.
Sur pas moins de 38 listes, au mieux sept d'entre elles semblent susceptibles de franchir le seuil de 5% requis pour obtenir des eurodéputés.
Une vingtaine d'autres pays sont appelés dimanche à élire leurs représentants au Parlement européen (720 au total) où l'extrême droite est attendue en force.
En France, si les courbes des sondages ont peu varié, deux facteurs peuvent créer des surprises: la participation et l'incertitude du choix, 15 à 20% des électeurs se disant capables de changer d'avis jusque dans l'isoloir.
Dans tous les scénarios, la victoire semble promise à la liste RN de Jordan Bardella qui caracole en tête des sondages depuis des mois et pourrait augmenter de près de dix points son score déjà haut de 2019 (23,34%).
En y ajoutant les 5,5% prêtés en moyenne à la liste Reconquête! de Marion Maréchal et les "petites listes" souverainistes (Asselineau, Philippot...), l'extrême droite pourrait frôler les 40% et s'imposer dans des électorats jusque-là rétifs, retraités ou cadres.
Surfant sur sa popularité à coups de selfies et de vidéos sur les réseaux sociaux, Jordan Bardella, qui a fait du scrutin un "référendum anti-Macron", a bénéficié des sujets jugés prioritaires par les Français, comme le pouvoir d'achat et l'immigration, sans être pénalisé par la guerre en Ukraine ou le débat un peu laborieux face à Gabriel Attal.
- La majorité sur la défensive -
En face, la majorité a tenté de démonter ce qu'elle appelle le "Frexit caché" du RN qui souhaite pouvoir constituer une "minorité de blocage" au Parlement européen sur des sujets comme "l'écologie punitive".
Mais la liste menée par Valérie Hayer, eurodéputée sortante peu connue, a peiné à mobiliser l'électorat pro-européen d'Emmanuel Macron.
Ceci en dépit des interventions multiples du chef de l'Etat, depuis son discours de la Sorbonne sur l'avenir de l'Europe jusqu'à son interview télévisée le soir des commémorations du Débarquement, jeudi, les oppositions l'accusant d'installer un "faux duel" face au RN.
Dissolution, remaniement, coalition avec les Républicains... Jusqu'à présent, le chef de l'Etat a semblé écarter toute conséquence "nationale" de ce scrutin "européen" et pourrait renvoyer tout cela à l'automne après les Jeux olympiques.
En attendant, il doit voter à la mi-journée au Touquet et passera la soirée électorale à l'Elysée, entouré de conseillers. Il n'est pas exclu qu'il réunisse aussi les chefs du camp présidentiel.
Donnée autour de 15% (contre 22,42% en 2019), la liste de la majorité est même sous la menace de celle du PS-Place publique de Raphaël Glucksmann, qui devrait enregistrer une nette progression par rapport à son score de 6,19% en 2019.
- Ambiance tendue à gauche -
L'avance de cette liste sur celle de LFI sera scrutée de près. Manon Aubry a durement attaqué pendant la campagne, accusant Raphaël Glucksmann de "trahir" l'alliance de gauche Nupes.
Jean-Luc Mélenchon compte sur une dynamique favorable en cette fin de campagne, marquée par des coups d'éclat à l'Assemblée sur le soutien à Gaza pour tenter de mobiliser un électorat jeune et aller au-delà des enquêtes les plaçant autour de 8,5% (contre 6,31% en 2019).
Les écologistes pourraient faire les frais de cette "guerre des gauches". Donnée autour de 5%-6%, Marie Toussaint espère que les sondages les auront sous-estimés, comme en 2019 où Yannick Jadot s'était envolé à 13,48%. Le Parti communiste, mené par Léon Deffontaines, aura toutes les difficultés à atteindre les 5%.
A droite, en dépit de quelques coups d'éclat, la tête de liste LR François-Xavier Bellamy aura du mal à dépasser les 8,48% de 2019, qui avaient ouvert une crise au sein du parti.
S.F.Warren--AMWN