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Législatives: crispations chez LR et à gauche, Macron reporte sa conférence de presse
Deux jours après la dissolution de l'Assemblée nationale et la convocation de législatives anticipées, les tensions culminent à droite, où le RN promet de "soutenir" des candidats LR, comme à gauche où l'ombre de Jean-Luc Mélenchon plane sur le nouveau "front populaire", tandis qu'Emmanuel Macron a reporté à mercredi sa conférence de presse pour dévoiler ses orientations.
Initialement prévue mardi après-midi, cette grand-messe de questions-réponses avec les journalistes se tiendra finalement mercredi à la mi-journée, a fait savoir l'Elysée.
M. Macron y indiquera "l'orientation qu'il croit juste pour la Nation", à seulement 18 jours du premier tour de la plus courte campagne législative dans l'histoire de la Ve République. En attendant, "la clarification politique appelée de ses voeux dimanche par le président de la République est actuellement à l'oeuvre", a souligné la présidence, et "les forces républicaines d'un côté, les forces extrémistes de l'autre se positionnent".
Selon un sondage Harris Interactive - Toluna paru lundi, le RN est crédité de 34% d'intentions de vote pour le scrutin du 30 juin, qui lui permettrait selon l'institut d'obtenir une majorité relative à l'Assemblée nationale une semaine plus tard, avec 235 à 265 députés.
Les macronistes, avec 19%, ne pourraient tabler que sur 125 à 155 sièges, contre 115 à 145 pour la gauche, créditée de 22% sous sa nouvelle bannière unitaire, le "Front populaire".
- "Construire autre chose" -
Une alliance que le Premier ministre Gabriel Attal a vertement critiquée devant les députés Renaissance mardi, jugeant "révoltant" que les socialistes veuillent "construire un accord" avec la France insoumise.
Les quatre principaux partis de gauche (LFI, PS, Ecologistes, PCF) - ainsi que le mouvement Place publique de Raphaël Glucksmann et Générations - ont en effet trouvé un terrain d'entente lundi soir et appelé à "des candidatures uniques dès le premier tour" des législatives le 30 juin.
Les tractations ont repris mardi matin, pour affiner un programme commun et répartir les 577 circonscriptions. Mais le choix d'un chef de file reste en suspens. En tout cas, "ce ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon", a estimé M. Glucksmann, excluant également d'être lui-même chef de gouvernement pour mieux suggérer le nom de l'ex-secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, fer de lance du mouvement contre la réforme des retraites l'an dernier.
Le cas Mélenchon, accusé notamment d'ambiguïtés sur la question de l'antisémitisme, crispe aussi les chefs de partis, à l'instar du socialiste Olivier Faure, qui a estimé sur TF1 qu'"il n'y a pas de logique" à ce que le leader insoumis "soit le candidat" de la gauche pour Matignon.
"Il n'était pas dans les discussions" lundi soir, a souligné le communiste Fabien Roussel sur France 2, ajoutant que les partis sont "en train de construire autre chose".
A priori sans Jean-Luc Mélenchon, dont "la question n'est pas consensuelle dans cet accord", a reconnu l'écologiste Sandrine Rousseau sur LCI, évoquant elle aussi l'option Laurent Berger, mais aussi celle du franc-tireur insoumis François Ruffin.
- Grandes manoeuvres -
Dans le même temps les grandes manoeuvres se poursuivent à droite, où le camp lepéniste continue de pousser son avantage, fort de son nouveau statut de favori après son triomphe aux européennes.
Chef de file désigné pour Matignon en cas de victoire, Jordan Bardella a martelé sur RTL sa volonté de "bâtir une majorité la plus large possible", avec une stratégie basée exclusivement sur des arrangements locaux. Excluant tout "accord de partis politiques", le président du RN a ainsi affirmé que son mouvement "va soutenir" des candidats "issus des Républicains".
Message relayé par son lieutenant Louis Aliot, qui a assuré sur RMC qu'"au sein des LR il y a des gens qui participeront demain à une majorité de gouvernement" avec l'extrême droite.
La veille déjà, la patronne du RN Marine Le Pen s'était dite "bien sûr capable" de ne pas présenter de candidat face à des candidats LR avec lesquels un accord aurait été trouvé.
De quoi semer le trouble au sein des Républicains, où Xavier Bertrand a exigé une "clarification" au président du parti Eric Ciotti. "Si certains ont envie d'aller avec le RN, qu'ils le disent maintenant", s'est agacé sur franceinfo le patron de la région Hauts-de-France, indiquant qu'il n'irait "pas soutenir un candidat un droite qui serait soutenu par le RN".
Inenvisageable aussi pour Olivier Marleix: "Nous serons candidats sous nos couleurs, sans arrangements", a affirmé le chef des députés LR sur le réseau social X. Eric Ciotti doit s'exprimer au journal de 13H00 de TF1.
Le camp présidentiel reste en embuscade: l'ex-Premier ministre Edouard Philippe est ainsi sorti de sa réserve pour appeler sur RTL à "construire une nouvelle majorité", qui doit selon lui "s'ouvrir" à "toutes les forces politiques du bloc central", en particulier Les Républicains.
Tous sont quoi qu'il en soit pressés par le temps: les candidatures devront être déposées entre mercredi et dimanche, 18H00, selon le décret publié lundi au Journal officiel, alors que la campagne électorale pour le premier tour débutera lundi prochain.
A.Jones--AMWN