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Zelensky en Italie après avoir réclamé "plus d'armes" à ses alliés en Allemagne
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé vendredi en Italie après avoir lancé un vibrant appel pour obtenir plus d'armes de ses alliés réunis en Allemagne à un moment où Moscou avance sur le front est.
Le dirigeant ukrianien doit continuer à plaider la cause de son pays au forum économique The European House - Ambrosetti à Cernobbio (nord), sorte de mini-Davos il s'entretiendra notamment avec la Premier ministre Giorgia Meloni.
Sur place également, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, resté proche du Kremlin malgré la guerre en Ukraine, dont le pays assure la présidence de l'UE et qui a dit espérer rencontrer le dirigeant ukrainien.
Venu pour la première fois à la réunion des soutiens internationaux de Kiev, dans l'ouest de l'Allemagne, Volodymyr Zelensky a réclamé à ses alliés "plus d'armes" pour repousser les forces russes, "en particulier dans la région de Donetsk", à l'est.
Il a rencontré dans la foulée le chancelier Olaf Scholz non loin de là, à Francfort, pour un entretien centré notamment sur "la recherche commune d'une paix juste et durable pour l'Ukraine" selon la chancellerie.
- Missiles longue portée
Deux ans et demi après le lancement de l'invasion russe, l'Ukraine est à la peine: son offensive entamée début août sur le territoire russe, dans la région de Koursk, n'a pas aidé à stopper l'avancée de Moscou dans l'Est.
Moscou multiplie ses bombardements meurtriers comme récemment sur un institut militaire à Poltava, dans le centre de l'Ukraine, qui a fait au moins 55 morts.
Vendredi, une salve de missiles russes a fait au moins un mort et quarante blessés vendredi à Pavlograd et ravagé un immeuble d'habitations de cette ville du centre-est de l'Ukraine, selon les les autorités.
Sur la base aérienne américaine de Ramstein, M. Zelensky a réitéré sa demande de pouvoir utiliser les armes à longue portée fournies par ses partenaires "non seulement sur le territoire occupé de l'Ukraine, mais aussi sur le territoire russe" pour détruire les bases à partir dequels Moscou lance ses missiles.
Plusieurs grands pays, dont ses deux principaux fournisseurs d'armes, les Etats-Unis et l'Allemagne, continuent néanmoins à rechigner par crainte d'une escalade avec Moscou, qui agite régulièrement la menace nucléaire.
"Je ne pense pas qu'une seule capacité spécifique sera décisive", a ainsi déclaré le secrétaire d'Etat américain à la Défense Lloyd Austin à l'issue de la réunion, disant que l'Ukraine devait miser sur la combinaison des différents armements.
Son homogue allemand Boris Pistorius a affirmé que la position de Berlin à cet égard était inchangée.
- Nouvelles aides militaires
Lloyd Austin a annoncé une nouvelle aide militaire de 250 millions de dollars qui "permettra d'accroître les capacités pour répondre aux besoins changeants de l'Ukraine.
"Moscou poursuit son offensive dans l'est de l'Ukraine, notamment autour de Pokrovsk. Et le Kremlin continue de bombarder les villes ukrainiennes et de s'en prendre aux civils ukrainiens. C'est un scandale", a déclaré M. Austin.
Londres a également annoncé un contrat de 162 millions de livres Sterling (192 millions d'euros) pour 650 missiles légers multirôle à courte portée, pouvant être tirés à partir de diverses plates-formes terrestres, maritimes et aériennes.
M. Pistorius a lui rendu public l'envoi de douze obusiers de type 2000, dont six cette années et le reste en 2025, pour un montant de 150 millions d'euros. Berlin avait confirmé mercredi de nouvelles livraisons de systèmes de défense aérienne Iris-T qui doivent aider à intercepter les missiles russes.
Depuis le début de la guerre, les ministres de la Défense du groupe de contact se retrouvent régulièrement à Ramstein pour discuter avec des représentants militaires du soutien à Kiev.
"L'Ukraine a besoin d'un soutien militaire accru", a déclaré à Oslo le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, appelant "tous les alliés à poursuivre leur soutien vital, en particulier dans cette phase difficile de la guerre".
S'ils réaffirment régulièrement leur solidarité sans faille, de nombreux gouvernements sont confrontés à des opinions publiques divisées alors que la guerre s'enlise.
Kiev s'inquiète d'autant plus que le temps des grands paquets d'aides en provenance des Etats-Unis, où un retour aux manettes de Donald Trump n'est pas exclu, semble révolu et que la France, qui compose avec Berlin le duo de tête de l'UE, est empêtrée depuis des semaines dans une crise politique interne.
F.Dubois--AMWN