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Pas d'avancée majeure sur le climat au sommet du G20 à Rio
Les dirigeants des plus grandes économies mondiales n'ont pas engrangé d'avancée majeure pour débloquer les négociations climat, lundi lors d'un sommet du G20 à Rio de Janeiro qui a été percuté par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient.
Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva préside le forum cette année, alors que le multilatéralisme, déjà mal en point, menace de s'abîmer davantage avec le retour prochain de Donald Trump à la Maison blanche.
Lula peut se targuer d'avoir pu lancer une Alliance globale contre la faim et la pauvreté, coalition de 82 pays, et d'un succès avec un engagement commun à coopérer pour imposer "effectivement" les plus fortunés.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, les avait exhortés dimanche à assumer leur "leadership" et à faire "des compromis" pour débloquer les négociations.
Aucune fumée blanche n'est cependant sortie du Musée d'art moderne, au bord de la sublime baie de Rio, où se tenait le sommet.
"Les dirigeants renvoient la balle à Bakou, mais le problème c'est que les personnes qui prennent les décisions sont en fait à Rio", a réagi auprès de l'AFP Mick Sheldrick, cofondateur de l'ONG Global Citizen.
Les leaders du G20 n'ont en effet pas repris dans leur déclaration l'engagement à "opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques", qui avait été arraché à Dubai.
Les membres du G20 (19 pays, ainsi que l'Union européenne et l'Union africaine) représentent 85% du PIB mondial et 80% des émissions de gaz à effet de serre.
- Missiles longue portée -
Au-delà des tensions liées aux enjeux climatiques, les grands conflits de l'heure ont bousculé le sommet.
Dès la première séance plénière, le président américain Joe Biden a appelé les pays du G20 à soutenir la "souveraineté" de l'Ukraine contre l'invasion russe.
Son homologue russe Vladimir Poutine, qui avait déjà manqué les derniers sommets, est le grand absent à Rio, où il est représenté par son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
L'appel de Joe Biden prend une résonance particulière à un moment stratégique: les Etats-Unis ont donné dimanche à Kiev un feu vert pour l'utilisation de leurs missiles de longue portée contre la Russie.
Interrogé à Rio par les médias britanniques sur la position de Londres à ce sujet, le Premier ministre Keir Starmer n'a pas voulu "entrer dans les détails opérationnels". "Si nous devions le faire, le seul gagnant serait Vladimir Poutine", a-t-il expliqué.
Le président français Emmanuel Macron a, lui, jugé lundi "tout à fait bonne" la décision de Washington. Mais il a estimé que la déclaration conjointe publiée lundi soir "aurait gagné à être plus explicite".
Sans condamner Moscou, le G20 a réprouvé "la menace ou l'usage de la force pour chercher des gains territoriaux". Et il a salué "toutes les initiatives pertinentes et constructives en faveur d'une paix juste" et "durable" en Ukraine.
Le G20 a aussi appelé à un "cessez-le-feu" dans la bande de Gaza et au Liban, alors que l'armée israélienne y poursuit ses offensives.
Le président américain participe à l'une de ses dernières grandes réunions internationales avant de rendre les clefs de la Maison Blanche à Donald Trump, isolationniste assumé.
Le président chinois Xi Jinping, qui a fait figure d'homme fort du sommet à Rio, a averti que "le monde entre actuellement dans une nouvelle période de turbulences et de changement", lors d'un entretien avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.
- Milei en solo -
Le président argentin Javier Milei, allié de Donald Trump, a incontestablement été l'une des vedettes du sommet.
Sa poignée de mains glaciale avec Lula à son arrivée au sommet restera dans les mémoires: les deux hommes entretiennent des relations exécrables.
Le libertarien a finalement annoncé par avance que, tout en signant le texte, il avait rejeté "plusieurs points", notamment "une plus grande intervention de l'Etat" contre la pauvreté. Après avoir snobé l'Alliance contre la faim, son pays s'est toutefois ravisé.
"L'Argentine a seulement émis quelques réserves", a minimisé une source diplomatique brésilienne.
Th.Berger--AMWN