-
Le Livret A jamais autant boudé au premier semestre depuis 2008
-
Recherche en ligne: Google lance ses résumés par IA en France
-
L'empreinte carbone des mines de métaux plus importante que l'on ne le pensait, selon une étude
-
Dans une Tunisie écrasée par la chaleur, les coupures d'électricité attisent la colère
-
OpenAI fait état d'un piratage "sans précédent" d'une plateforme par ses agents d'IA
-
L'ancien patron de presse magazine Axel Ganz, fondateur de Prisma, est mort
-
Royaume-Uni: l'inflation ralentit, une aubaine sans doute temporaire pour le nouveau Premier ministre
-
Budget: Lecornu ne veut pas attendre la présidentielle
-
La Bourse de Paris en petite hausse, les taux d'emprunts flambent
-
Royaume-Uni: l'inflation ralentit, aubaine pour le nouveau gouvernement
-
ArcelorMittal visé par plusieurs redressements fiscaux en France
-
Barrage illégal dans le Lot-et-Garonne: amende alourdie pour l'ex-président de la chambre d'agriculture
-
Lutte acharnée contre l'incendie du Var qui a parcouru 2.550 hectares
-
L'incendie du Var "a continué de progresser", plus de 2.300 foyers privés d'électricité
-
Algérie: six morts depuis le début de la vague d'incendies
-
Ukraine: Zelensky limoge le commandant en chef de son armée
-
Oleksandre Syrsky, commandant ukrainien écarté, sous le feu des critiques
-
Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a "pas fini du tout" avec l'Iran
-
Wall Street clôture en hausse, les semi-conducteurs en tête de file
-
Une moisson de textes adoptés définitivement au Parlement pour clore la session
-
Loi d'urgence agricole: le texte adopté, la ministre Barbut va présenter sa démission
-
Le Parlement interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe
-
Protection de l'enfance: l'Assemblée nationale adopte un projet de loi recentré sur la pédocriminalité
-
Tour de France: Evenepoel roi des Belges, Seixas toujours là
-
Campagne anti-migrants en Afrique du Sud : plus de 160.000 étrangers ont quitté le pays depuis fin mai
-
Après deux semaines d'hostilités, Trump dit n'en avoir "pas fini du tout" avec l'Iran
-
Trump dit vouloir "beaucoup aider" le Liban en recevant le président Aoun
-
Tour de France: Remco Evenepoel remporte le chrono de la 16e étape
-
Le Parlement s'apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe
-
Airbus accélère vers son futur monocouloir et prépare un avion à hydrogène
-
Les Koweïtiens contraints de rationner l'électricité face aux frappes iraniennes
-
Turquie : le dirigeant évincé du principal parti d'opposition prêt à fonder un nouveau mouvement
-
SNCF : Jean Castex annonce le départ du PDG de SNCF Voyageurs et réorganise cette filiale
-
Wall Street en hausse, entre tech et résultats
-
Espagne: l'incendie à 100 km de Madrid est "l'un des plus complexes" de l'histoire du pays, selon les autorités
-
Oleksandre Syrsky, le commandant ukrainien sous le feu des critiques
-
En Afghanistan, la pluie complique les recherches des disparus d'une crue dévastatrice
-
El Niño: un "effondrement" de l'écosystème de la Grande Barrière de corail redouté
-
L'usine de Fibre Excellence occupée par les salariés
-
La faim dans le monde résiste, l'Afrique en première ligne
-
Traitement anti-obésité: Novo Nordisk poursuit Eli Lilly aux Etats-Unis pour "publicité mensongère"
-
Tour de France: après les contrôles, place au chrono à Evian
-
La dix-septième étape du Tour: dernier répit avant la haute montagne
-
Le gouvernement annonce des assises et une doctrine sur la sécurité économique
-
Deux semaines après la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, l'Iran intensifie ses attaques
-
Les feux à un niveau historiquement bas en 2025 en Amazonie brésilienne
-
Acétamipride et flupyradifurone: comment deux pesticides interdits vont être réintroduits
-
Le Parlement taïwanais ouvre la porte à Starlink
-
Tour de France: nouvelle vague de contrôles antidopage dans plusieurs équipes
-
En Indonésie, dans l'île aux esclaves
Sénégal: la France s'est évertuée à occulter le massacre de Thiaroye, dit un historien
Le Sénégal commémore dimanche le massacre de dizaines de tirailleurs par les forces coloniales françaises à Thiaroye, près de Dakar, le 1er décembre 1944. Ce 80ème anniversaire sera autant un acte de mémoire que de souveraineté de la part du nouvel exécutif, estime auprès de l'AFP l'historien Mamadou Diouf.
M. Diouf, interrogé par l'AFP à New York, accuse la France d'avoir cherché à soustraire le massacre de la mémoire.
Q/ L'exécutif sénégalais a décidé de retranscrire dans cet anniversaire sa politique de rupture. Qu'attendre ?
R/ La commémoration est un acte politique. Elle annonce un double engagement souverainiste et panafricain*. Le massacre de Thiaroye est une forme d‘indexation (incrimination) idéologique et politique. Son exhumation affiche un récit que la France s’est évertuée à dissimuler en entravant toute référence au massacre, dissimulant la vérité sur les tirailleurs rapatriés, la nature du mouvement, l’ampleur et les moyens de la répression, le nombre de morts, l’identification des tombes etc.
La commémoration constitue désormais un récit et un site mémoriel, une histoire partagée avec les territoires d’où sont originaires les tirailleurs massacrés. Elle aura lieu chaque année.
C’est une rupture avec les régimes précédents. Le nouveau régime sort le Sénégal du silence coupable et complice, fermement imposé par la France aux régimes successifs (des présidents) Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall.
Q: Vous présidez le comité de commémoration. Quelle est sa tâche ?
R: La mission du comité est, d’une part, d’organiser une cérémonie officielle, militaire et civile, au cimetière et au camp militaire situé à Thiaroye. Elle sera présidée par le président de la république du Sénégal. D’autre part, le comité est chargé de la rédaction d’un livre blanc qui sera remis au gouvernement en avril 2025. Un travail qui n’est pas seulement limité à la recherche menée par les sciences sociales et les humanités, mais aussi à la production littéraire et artistique.
Q: Quelles difficultés rencontrez-vous ?
R: La principale difficulté à laquelle nous faisons face est constituée par l’intransigeance des autorités françaises qui, jusqu'à présent, face aux demandes des historiens, refusent de dresser la liste des archives relatives au massacre, d’autoriser leur consultation, d’indiquer précisément si les documents remis par le président Hollande représentent la totalité des archives détenues par la France. Il nous semble que depuis 80 ans il y a, de manière délibérée, une volonté de soustraire le massacre de l’espace public de la délibération et de l’ordre historique et mémoriel.
Le Sénégal vient de constituer une délégation d’historiens, d’archivistes et de documentalistes. Ils doivent effectuer, dans les semaines à venir, une mission en France pour discuter de cette question centrale des archives détenues par la France, de leur accès et de la numérisation pour les dépôts d’archives des pays qui ont fourni des tirailleurs à la France. Une liste très précise de dossiers à numériser a été dressée. La France à fait certaines offres. Certaines ont été acceptées, d’autres non.
Q: Le président français François Hollande avait promis en 2014 au cimetière de Thiaroye de remettre une copie de l'intégralité des archives...
R: La promesse de François Hollande a été partiellement tenue. Il a remis certaines archives mais pas toutes. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’établir les faits. Certaines archives demeurent inaccessibles ou déclarées détruites ou inexistantes. Ce que contestent les historiens.
Q: M. Hollande avait parlé d'"évènements (...) tout simplement épouvantables, insupportables", de "répression sanglante" contre des "hommes qui portaient l'uniforme français et sur lesquels les Français avaient retourné leurs fusils". Que manque-t-il ?
R: Comme l’a écrit (l'historienne) Armelle Mabon, François Hollande restera dans l'Histoire comme le président qui a reconnu la responsabilité de la France dans les événements de Thiaroye, au Sénégal, mais le compte n'y est pas encore.
Le président français reconnaît certes que des balles françaises ont tué les tirailleurs. Cependant, la reconnaissance de la répression sanglante dont les victimes portaient l’uniforme français semble avoir une valeur d’absolution. La France pourra collaborer aux actions suivantes: la mise à disposition des pays africains et l’accès à toutes les archives, la reconnaissance du massacre, le procès en révision et les réparations, l’identification des fosses communes, du contenu des sépultures du cimetière ou autres lieux d’enterrement.
Q: Cela ne risque-t-elle pas de tourner au règlement de compte avec la France ?
R: L'entreprise est une interrogation sur un événement occulté, sur une mémoire entravée et sur une histoire falsifiée. Ce n'est pas une entreprise de condamnation de la France. Qu'on puisse tirer de cette histoire des conséquences morales, y compris de demandes de réparations, c'est tout à fait normal.
mrb-lal-vid/emd
*les tirailleurs provenaient non seulement du Sénégal mais des possessions françaises d'Afrique
T.Ward--AMWN