-
L'IA qui prédit l'avenir, de quoi attirer la finance, les entreprises et les gouvernements
-
Rikers Island, l'insalubre prison que New York n'arrive pas à fermer
-
Le Mondial de l'Auto ouvre ses portes, pour défendre l'industrie européenne
-
Budget de la Sécu : coup d'envoi à l'Assemblée pour un marchandage à haut risque
-
Thomas Jolly prépare un spectacle musical dédié à Dalida pour 2027
-
Fin de la grève des pilotes d'Air Corsica après un accord
-
Une juge américaine suspend les publicités pro-Trump financées par l'argent public
-
Une rizicultrice italienne mise sur la biodiversité pour lutter contre la chaleur
-
La Corée du Nord tire plusieurs missiles balistiques vers mer du Japon
-
Un El Niño exceptionnel entraîne des températures inédites dans le Pacifique
-
Inflation, dettes, IA... le FMI et les grands argentiers du monde se réunissent à Bangkok
-
Après une primaire réussie, les choses sérieuses commencent pour Glucksmann
-
Inauguré par Macron, un Mondial de l'Auto pour défendre l'industrie européenne
-
Au Mexique, le spectre du cyclone Simon s'éloigne
-
Nouvelle semaine de mobilisation lycéenne, le gouvernement espère une accalmie
-
Dernier Nobel de la saison : politique monétaire ou tech, à qui le prix d'économie ?
-
Ligue 1: l'OM bat Troyes et sort de la crise de résultats
-
Italie: la Lazio réécrit son histoire
-
Brésil : Lula mise sur l'allègement de la semaine de travail avant le second tour de la présidentielle
-
Trump surprend avec l'annonce d'un "cessez-le-feu énergétique" entre l'Ukraine et la Russie
-
A69: plus qu'"une centaine" d'opposants sur le campement, selon la préfecture
-
Les Houthis revendiquent plusieurs frappes contre l'aéroport de Ryad
-
Angleterre : Manchester City éteint les sifflets d'Anfield, malgré la crise
-
Le pape va être opéré d'un nodule au poumon "dans les prochains jours"
-
Présidentielle: Glucksmann désigné dès le premier tour comme le candidat de la gauche sociale-démocrate
-
Trump annonce un "cessez-le-feu énergétique" entre l'Ukraine et la Russie
-
Nouvelle frappe contre l'aéroport de Ryad, au lendemain d'une attaque meurtrière
-
Judo : les Mondiaux des Bleus se concluent par une nouvelle déception
-
Pologne : un suspect arrêté en lien avec une tentative d'assassinat contre le Premier ministre (Tusk)
-
F1 : week-end en or pour Max Verstappen et Red Bull à Singapour
-
Au moins 139 migrants morts et 84 portés disparus après un naufrage au large de Djibouti
-
Colère d'associations après le décès en Espagne d'un dauphin du Marineland
-
F1 : Max Verstappen (Red Bull) remporte pour la première fois le Grand Prix de Singapour
-
Tennis: à Pékin, Zheng Qinwen s'offre un premier WTA 1000 et un retour au premier plan
-
Budget: Lescure "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances, "glissière de sécurité"
-
Triathlon : Vincent Luis champion du monde de l'Ironman à Kona (Hawaï)
-
A69: les opposants quittent progressivement le campement installé dans le Tarn
-
Pakistan : l'Etat fédéral prend le contrôle d'une province du Nord après des manifestations
-
MotoGP: Bezzecchi vainqueur en Indonésie, Martin et Marquez au coude-à-coude pour le titre
-
Pologne : réunion d'urgence après de "possibles tentatives d'assassinat" contre le Premier ministre et le ministre de la Défense
-
L’Ukraine n'a pas à intervenir dans les relations entre Moscou et le CIO, dit le ministre russe des Sports
-
Inde : les chefs du mouvement des "cafards", remis en liberté, appellent à poursuivre la fronde
-
L’Ukraine ne frapperait plus les raffineries russes si Moscou cessait ses attaques contre ses infrastructures énergétiques, affirme Zelensky
-
F1 : Red Bull veut être deuxième du Championnat des constructeurs en 2026, affirme son directeur technique
-
Le pape annonce qu'il va être opéré d'un nodule au poumon "dans les prochains jours"
-
Pologne: réunion d'urgence après "possibles tentatives d'assassinat" contre le Premier ministre et le ministre de la Défense
-
Les Houthis renouvellent leurs menaces contre les aéroports saoudiens, au lendemain de l'attaque meurtrière à Ryad
-
Un influent blogueur prorusse de retour en Russie, après avoir été expulsé du Monténégro, selon une chaîne russe
-
Cyclisme: Seixas, les promesses vertigineuses d'une saison "fantastique"
-
Marathon de Melbourne: première victoire de Kipchoge depuis trois ans
Au Pakistan, les violences sunnites-chiites traversent décennies et frontières
De nouveau, Ali Ghulam reçoit des condoléances. En 1987, son frère était tué dans des violences entre sunnites et chiites; aujourd'hui, elles viennent d'emporter son neveu, dans le nord-ouest du Pakistan qui, dit-il, n'a "jamais connu la paix".
Depuis juillet, de sources concordantes, 212 personnes ont été tuées dans le district de Kourram. Pourquoi? Pour des querelles foncières anciennes qu'une myriade d'accords soutenus par dignitaires tribaux, politiciens et militaires étaient censés résoudre.
Mais qui, depuis des décennies, ont été bafoués sans que l'Etat fédéral comme la province du Khyber-Pakhtunkhwa soient capables d'enrayer la violence.
Pire, l'attaque qui a relancé les violences le 21 novembre les visait aussi: ce jour-là, une dizaine d'assaillants mitraillaient deux convois de familles chiites... escortées par la police.
Gulfam Hussain, le neveu d'Ali Ghulam, était dans ce convoi. Ce Pakistanais de 42 ans attendait depuis des jours que les routes rouvrent à Kourram, une pointe dans la frontière pakistanaise qui mord sur l'Afghanistan.
- "Aucune confiance en l'Etat" -
Les axes routiers avaient été coupés parce qu'encore une fois des combats --à l'arme lourde et aux obus-- avaient éclaté entre chiites et sunnites.
En près de 40 ans, Ali Ghulam y a perdu un frère et un neveu et trois de ses frères ont été blessés.
"Je n'ai jamais connu la paix", assure ce chiite de 72 ans, "et je n'ai pas grand espoir pour ma descendance parce que je n'ai aucune confiance en l'Etat".
Avant, rapporte Akbar Khan, de la Commission des droits de l'Homme du Pakistan (HRCP), "l'Etat soutenait les jirgas et ces conseils tribaux donnaient des résultats".
"Mais aujourd'hui, il ne paie plus les frais nécessaires à leur convocation" car les responsables, pris dans les soubresauts de la politique à Islamabad, ne "prennent pas les violences au sérieux", accuse-t-il.
Mais à Kourram, grand comme 32 fois Paris, autorités et forces de sécurité marchent sur des oeufs.
Le district, comme six autres districts voisins, n'a été officiellement rattaché à une province pakistanaise qu'en 2018.
Avant, sous le nom de "zones tribales sous administration fédérale", il bénéficiait d'un statut particulier où les institutions publiques s'effaçaient devant les jirgas et où le code d'honneur pachtoune prévalait sur la loi.
Si au pic des violences confessionnelles, à la fin des années 2000, les talibans afghans, eux aussi pachtounes, jouaient les médiateurs, aujourd'hui encore, assurent des habitants, des juges préfèrent faire avaliser leurs verdicts par des jirgas pour qu'ils soient respectés.
- Ben Laden, Téhéran et talibans -
Pour Malik Attaullah Khan, dignitaire tribal qui avait signé en 2007 le grand accord censé ramener la paix à Kourram, "les autorités n'assurent pas leur part de responsabilité".
Il en veut pour exemple un paradoxe: Kourram est le seul district nouvellement rattaché où le cadastre est "complet". Et pourtant, "il y a des conflits autour de terres et de forêts dans sept ou huit secteurs".
En face, dans un pays où les sunnites sont l'écrasante majorité et les chiites, 10 à 15%, "des groupes religieux transforment ces différends locaux en conflits religieux", accuse-t-il.
Car Kourram n'est pas qu'aux confins du Pakistan et de l'Afghanistan.
Ce district --majoritairement chiite au nord et majoritairement sunnite au sud-- est aussi au coeur de la fracture du monde musulman, entre milices chiites soutenues par Téhéran et groupes sunnites sous perfusion des pétrodollars du Golfe.
En 1979, à Téhéran, les chiites faisaient leur révolution, à Kaboul, les moujahidines sunnites entraient en guerre contre les Soviétiques et à Kourram, le dictateur pakistanais Zia ul-Haq choisissait son camp.
Celui des radicaux sunnites --dont beaucoup deviendront plus tard les talibans-- pour contrer l'Iran, asseoir sa propre République islamique et fournir des troupes à l'insurrection anti-indienne au Cachemire.
- "On le vengera" -
A la lisière des grottes afghanes où se terrait Oussama Ben Laden, Kourram, jusque-là surtout célébré pour ses fleurs dans la poésie pachtoune, "est devenu une plateforme pour l'envoi d'armes en Afghanistan. Chaque famille avait un arsenal à la maison", se rappelle M. Khan.
Des armes que personne n'a jamais rendu. Le 23 novembre, quand des chiites ont incendié, en représailles à l'attaque du convoi deux jours plus tôt, maisons et magasins du marché sunnite de Bagan, des tirs étaient rapportés des deux côtés.
Le cousin de Syed Ghani Shah a été piégé par les flammes dans son échoppe.
"On a empêché ses parents de voir son corps parce qu'il était impossible à reconnaître", raconte M. Shah à l'AFP. "Comment faire la paix après ça? Dès qu'on trouvera l'occasion, on le venge".
Fatima Ahmed, elle, a perdu tout espoir le 21 novembre.
Son mari était en route pour l'inscrire à la faculté de médecine d'Islamabad après avoir bataillé pour convaincre sa famille de la laisser étudier.
Il n'est jamais revenu. Et à 21 ans, sa veuve dit qu'elle ne veut "plus vivre sans lui".
"Ils n'ont pas seulement tué mon mari, ils ont tué tous mes rêves avec lui".
O.Karlsson--AMWN