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De Guantanamo au Venezuela: nouvelles expulsions américaines après les accords Caracas-Washington
Les Etats-Unis ont renvoyé de leur base cubaine de Guantanamo 170 migrants vénézuéliens vers leur pays, avec une escale au Honduras, à la demande des autorités vénézuéliennes, dans un nouveau signe de coopération entre Washington et Caracas.
Ce groupe s'ajoute aux 190 migrants vénézuéliens renvoyés chez eux il y a 10 jours dans le cadre de la politique d'expulsions massives promise par le président Donald Trump à son retour au pouvoir.
Le Venezuela et les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques en 2019, au cours de la première administration Trump qui menait l'offensive internationale contre le président Nicolás Maduro à coups de sanctions.
Et si la position officielle de Washington reste de ne pas reconnaître M. Maduro, qui a prêté serment pour un troisième mandat après une élection contestée, le président américain a initié des contacts avec son homologue axés sur la migration et la libération de ressortissants américains emprisonnés au Venezuela.
Un avion américain a transféré les 170 Vénézuéliens de Guantanamo au Honduras, où ils doivent embarquer sur un vol vénézuélien à destination de leur pays.
Ce retour a été demandé par Caracas, qui a estimé qu'ils avaient été "injustement emmenés" vers la base cubaine de Guantanamo, connue pour sa prison militaire ouverte après les attentats du 11-Septembre 2001 et qui héberge toujours une trentaine de détenus accusés de "terrorisme".
Le gouvernement américain a signalé début février le transfert de dix membres du gang vénézuélien "Tren de Aragua" vers Guantanamo où 30.000 lits ont été installés pour les migrants.
Cette organisation a été désignée par les Etats-Unis et le Canada comme terroriste.
"Si l'un des rapatriés se trouve dans une situation correspondant à l'une des formes de criminalité établies dans notre système juridique, les autorités compétentes agiront conformément à la loi", a déclaré le Venezuela, qui a réaffirmé que le gang "a été démantelé" dans le pays.
- "Externalisation des frontières" -
Donald Trump mène une vaste offensive contre l'immigration illégale, avec notamment des raids dans plusieurs villes et des expulsions massives, ainsi que la suspension des programmes humanitaires lancés par son prédécesseur, Joe Biden, qui bénéficiaient aux Vénézuéliens, aux Cubains et aux Nicaraguayens.
Washington reçoit le soutien de plusieurs pays d'Amérique centrale, comme le Panama et le Costa Rica, pour accueillir les personnes expulsées avant qu'elles ne soient renvoyées dans leurs pays d'origine.
Le Costa Rica a d'ailleurs annoncé jeudi que 135 migrants de diverses nationalités, dont 65 enfants, expulsés par les Etats-Unis étaient arrivés dans le pays, d'où ils seront rapatriés chez eux.
Aucun de ces migrants n'a de casier judiciaire, a précisé le vice-ministre costaricien de l'Intérieur, Omer Badilla.
Il s'agit d'un système d'"externalisation des frontières" par lequel les Etats-Unis transfèrent le lent processus de rapatriement à un pays tiers, a expliqué Carlos Sandoval, chercheur en sciences sociales et expert en migration.
Les personnes expulsées vers l'Amérique centrale sont des ressortissants de pays qui n'acceptent pas les vols de rapatriement, ou avec lesquels Washington entretient des relations tendues.
Parmi les 299 personnes arrivées au Panama la semaine dernière figurent des ressortissants de l'Iran, de la Chine, de l'Afghanistan, du Pakistan, de l'Inde, de l'Ouzbékistan, de la Turquie, du Népal, du Sri Lanka et du Vietnam.
Les accords avec le Venezuela ont même permis à deux avions de la compagnie aérienne sanctionnée Conviasa d'entrer sur le territoire américain pour récupérer les 190 premiers ressortissants.
Le Honduras a précisé que sa participation au transfert de jeudi ne faisait pas de lui un "pays tiers sûr" ou un "pont" pour les migrants expulsés par l'administration Trump, a souligné auprèsde l'AFP le vice-ministre hondurien des Affaires étrangères, Tony Garcia.
"C'est un transfert", les migrants "changent d'avion et continuent" vers leur pays, ils ne restent pas dans des refuges, a-t-il souligné.
L.Davis--AMWN