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Raphaël Glucksmann prêt à peser sur les prochaines échéances électorales
Raphaël Glucksmann a rassemblé les militants de Place publique ce week-end à Paris pour mettre son parti en ordre de marche pour les futures élections, appelant à "un grand mouvement de résistance démocrate" pour contrer "le fan club de Trump et de Musk dans notre pays".
"Nous sommes là pour lancer ce qui sera sans aucun doute la bataille la plus importante, la plus difficile de nos vies respectives, la grande bataille pour la démocratie française et européenne", a-t-il déclaré en ouverture de son discours, devant quelque 1.500 militants.
"Ne laissons jamais passer le fan club de Trump et de Musk dans notre pays", a-t-il lancé, en référence à l'extrême droite. "Nous serons là pour leur barrer la route en France, en 2025, en 2026, en 2027", et "prêts à y laisser notre peau", a-t-il affirmé.
Dans La Tribune Dimanche ce week-end, l'essayiste de 45 ans avait utilisé la même formule, mais à la première personne, précisant qu'il serait "totalement impliqué" dans l'élection présidentielle de 2027.
Très identifié sur la défense de l'Ukraine et de l'Europe, et sur les droits humains, l'eurodéputé a invité les Américains à "ren(dre) la statue de la Liberté", qu'ils "mépris(ent)".
- Plateforme programmatique -
Arrivé en tête de la gauche (13,8%) aux européennes, avec la liste Place publique-Parti socialiste, M. Glucksmann a été reconduit sans surprise à la tête du parti qu'il a créé en 2018, comme co-président, avec l'eurodéputée Aurore Lalucq. Le parti est passé de 1.500 à quelque 11.000 adhérents à la faveur des élections européennes.
M. Glucksmann a longtemps assuré n'avoir aucune ambition pour la présidentielle, mais après les européennes puis la dissolution de l'Assemblée nationale, l'idée a fait son chemin chez celui qui incarne une ligne d'opposition à La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
"Nous ne ferons aucun accord national avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise" et "nous n'aurons aucun programme commun avec des gens qui sont aux antipodes de nous sur le moment historique que nous traversons", a-t-il de nouveau affirmé, sous les hourras des militants.
Appelant à un "rassemblement dans la clarté", il a tendu la main aux socialistes pour créer "une plateforme programmatique commune", y compris avec les "écologistes, sociaux-démocrates, humanistes qui le souhaitent", pour "gagner les élections municipales, présidentielle, législatives et régionales qui arrivent".
Raphaël Glucksmann est revenu sur le devant de la scène politique ces dernières semaines face à l'accélération de la menace russe et au désengagement américain vis-à-vis de l'Ukraine, qu'il prédisait depuis des mois.
"Le fait d'avoir eu raison avant tout le monde, ça peut lui donner une légitimité et un leadership", affirme un de ses proches, mais "il faut qu'il soit plus ancré dans le débat national et les enjeux locaux".
- "Pom-pom girl de gauche" -
Celui qui se positionne sur le créneau de la social-démocratie pro-européenne et anti-France insoumise a déjà de nombreux concurrents pour 2027, comme l'ex-président François Hollande, l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve, ou la présidente de la région Occitanie Carole Delga.
Mais l'eurodéputé est régulièrement en bonne position dans les sondages. Et chez les socialistes, qui tiennent leur congrès en juin, certains souhaitent le voir jouer un rôle à la présidentielle, et espèrent créer une confédération avec Place publique.
Echaudé d'avoir été écarté des négociations du Nouveau Front populaire, lui ne veut toutefois plus "être la pom-pom girl de gauche qu'on sort à chaque élection", prévient-il, avec la ferme intention de peser dans un premier temps aux prochaines municipales. Place publique ne compte aujourd'hui que quelques dizaines d'élus locaux, un sénateur, un député, et trois eurodéputés.
"On est prêts, on a la responsabilité d'aller à toutes les élections sous nos propres couleurs", a assuré le député Aurélien Rousseau.
Autre priorité: avancer sur le "projet pour la France" que Raphaël Glucksmann entend finaliser d'ici juin. "Nous proposerons un nouveau contrat démocratique et social", fondé sur "les idées de solidarité et de justice, et qui mettra en son coeur la grande question que la gauche a délaissée, celle du travail", a-t-il promis.
O.Johnson--AMWN