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La Hongrie claque la porte de la CPI, une décision "courageuse" selon Netanyahu
La Hongrie a lancé jeudi les procédures pour quitter la Cour pénale internationale (CPI), qu'elle défie en recevant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, visé par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza.
"La Hongrie quitte la CPI": l'annonce du gouvernement est tombée au moment même où le dirigeant israélien foulait le tapis rouge aux côtés de son allié de longue date Viktor Orban.
"Vous avez pris une position courageuse et de principe et je vous remercie, Viktor", a réagi M. Netanyahu lors d'une conférence de presse, après avoir été accueilli avec tapis rouge et honneurs militaires au château de Buda.
"Il est important de tenir tête à cette organisation corrompue" qui "nous cible alors que nous menons une guerre juste", a-t-il ajouté, prédisant d'autres départs d'Etats.
Benjamin Netanyahu, sous le coup depuis novembre 2024 d'un mandat d'arrêt de la CPI, s'est rendu plus tôt cette année aux États-Unis mais jamais encore dans un État partie de la juridiction basée à La Haye.
- "Tenue de coopérer" -
Il a fustigé jeudi "un tribunal politique, qui a perdu son impartialité, comme l'ont montré les décisions sur Israël".
Malgré ce retrait annoncé, la juridiction a "rappelé que la Hongrie restait tenue de coopérer", selon son porte-parole Fadi El Abdallah, le temps que le processus soit effectif, ce qui prend généralement un an.
La Hongrie a bien signé en 1999 le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, ratifié deux ans plus tard, au cours du premier mandat de Viktor Orban.
Mais elle n'a pas validé la convention associée pour des raisons de constitutionnalité et affirme donc ne pas être obligée de se conformer aux décisions de la Cour pénale internationale.
Fondée en 2002, la CPI compte aujourd'hui 125 membres et a pour mission de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves commis dans le monde, lorsque les pays n'ont pas la volonté ou la capacité de le faire eux-mêmes. Les Etats-Unis et la Russie n'en font pas partie, ni Israël, la Chine ou la Birmanie.
A ce jour, seuls deux Etats ont claqué la porte, le Burundi et les Philippines.
Si le gouvernement hongrois a régulièrement émis des critiques par le passé, il a décidé de franchir le pas dans le sillage de Donald Trump.
Le président américain a imposé en février des sanctions à la Cour pour ce qu'il a qualifié d'"actions illégitimes et sans fondement visant l'Amérique et notre proche allié Israël".
- Turbulences internes -
Pour Benjamin Netanyahu, cette visite "dans un pays où il ne craint pas d'être arrêté ouvre la voie à la normalisation de ses futurs déplacements", commente pour l'AFP Moshe Klughaft, consultant et ancien conseiller du dirigeant israélien.
Comme par exemple en Allemagne, où le futur chancelier Friedrich Merz a garanti qu'il pourrait venir sans être inquiété.
Le Premier ministre israélien s'absente de Jérusalem à un moment de fortes turbulences internes alors qu'il est engagé dans un bras de fer avec la Cour suprême, qui a gelé la décision du gouvernement de limoger l'actuel chef du Shin Bet (service de renseignement intérieur).
Par ailleurs, deux de ses conseillers sont actuellement en garde à vue dans une affaire surnommée "Qatargate" par les médias israéliens. Ils sont soupçonnés d'avoir reçu des fonds du Qatar pour promouvoir les intérêts en Israël de l'émirat du Golfe, hôte de dirigeants du Hamas et médiateur entre Israël et le mouvement islamiste palestinien.
Une "chasse aux sorcières", selon le Premier ministre, qui a lui-même été entendu lundi par la police.
Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant font l'objet de poursuites de la CPI à la suite de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.
En riposte, Israël a juré de détruire le mouvement islamiste palestinien et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, d'après les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.
Y.Nakamura--AMWN