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Zelensky accuse la Russie de vouloir saborder les futurs pourparlers
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est gardé vendredi de confirmer la participation de son pays à des pourparlers avec la Russie lundi à Istanbul, accusant Moscou de les saborder en refusant de transmettre à l'avance son "mémorandum" détaillant ses conditions pour un accord de paix.
Les efforts diplomatiques pour mettre fin à l'invasion russe de l'Ukraine, lancée en 2022, s'intensifient depuis quelques semaines, mais buttent sur la défiance entre Moscou et Kiev, qui se rejettent la responsabilité du manque de progrès concrets.
"Depuis plus d'une semaine, les Russes sont incapables de présenter ce prétendu +mémorandum+", a dénoncé vendredi M. Zelensky, en référence à un document que Moscou a promis de fournir pour ce deuxième cycle de négociations directes.
"La Russie fait tout ce qu'elle peut pour qu'une prochaine réunion potentielle n'apporte aucun résultat", a-t-il accusé, tout en évitant de confirmer la participation de l'Ukraine à ces nouveaux pourparlers.
Dmitri Peskov, questionné à ce sujet plus tôt vendredi, a de nouveau refusé de transmettre à l'avance ce document et dit que le texte serait discuté "lors du deuxième cycle de négociations".
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, en visite à Kiev, avait proposé plus tôt que la Turquie accueille "une rencontre entre M. Trump, M. Poutine et M. Zelensky, sous la direction" du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Volodymyr Zelensky avait déjà proposé de rencontrer son homologue russe en mai, puis d'organiser un format tripartite incluant le président américain, mais le Kremlin n'avait pas donné suite, et seul un rendez-vous peu fructueux entre délégations avait eu lieu le 16 mai à Istanbul.
Après que Donald Trump avait signifié cette semaine que son homologue russe "jouait avec le feu", Moscou avait proposé à Kiev de se retrouver pour de nouveaux pourparlers directs lundi dans la mégapole turque.
- Moscou veut "des résultats" -
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, interrogé vendredi par l'AFP sur la possibilité d'un sommet Poutine-Zelensky-Trump-Erdogan, a affirmé que Vladimir Poutine était "favorable, sur le principe, aux contacts au plus haut niveau".
Mais il faut d'abord "des résultats" dans les négociations entre Kiev et Moscou, a-t-il ajouté.
Dmitri Peskov a aussi affirmé que le Kremlin enverrait à Istanbul une délégation qui sera "prête" pour de nouveaux pourparlers lundi avec l'Ukraine.
Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga, aux côtés de son homologue turc, s'est lui contenté de dire que l'Ukraine était "intéressée" à la poursuite des rencontres.
Plus tôt, M. Fidan avait assuré que "les deux parties souhaitent un cessez-le-feu", selon l'agence de presse étatique Anadolu.
- Exigences inconciliables -
Le président américain Donald Trump demande une trêve inconditionnelle, une initiative que l'Ukraine et les Européens soutiennent.
Mais la Russie, qui a envahi son voisin en 2022, a refusé précédemment cette possibilité, estimant notamment qu'elle permettrait à l'armée ukrainienne de se réarmer grâce aux livraisons occidentales.
Vladimir Poutine affirme qu'un cessez-le-feu est possible après des négociations se concentrant sur les "causes profondes" de la guerre, une référence à une série de demandes maximalistes du Kremlin.
La Russie exige notamment que l'Ukraine renonce définitivement à rejoindre l'Otan et lui cède les cinq régions dont elle revendique l'annexion.
Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui exige en retour un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire.
L'armée russe a l'avantage sur le front et a revendiqué vendredi la prise de deux villages dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine.
Pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'invasion russe de l'Ukraine a débuté en février 2022 et a déjà fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts.
Donald Trump, qui s'est rapproché de la Russie et a eu plusieurs entretiens téléphoniques avec Vladimir Poutine depuis son entrée en fonction, a cependant exprimé sa frustration envers Moscou ces derniers jours.
Mais il a aussi critiqué Volodymyr Zelensky, affirmant qu'il traîne des pieds pour trouver un accord.
L'émissaire de M. Trump pour l'Ukraine, le général Keith Kellogg, a lui estimé jeudi dans une interview à la chaîne américaine ABC que "l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan n'est pas à l'ordre du jour" et que les préoccupations de Moscou quant à un élargissement de l'Alliance à ses frontières étaient "légitimes".
Au Conseil de Sécurité de l'ONU, l'ambassadeur américain intérimaire adjoint, John Kelley, a lui prévenu jeudi que "les États-Unis devront envisager de se retirer de leurs efforts de négociation" si Moscou décide de "poursuivre cette guerre catastrophique".
L.Davis--AMWN