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"FB Direct": Bayrou lance une série de vidéos estivale pour convaincre du bien-fondé de son plan budgétaire
François Bayrou a inauguré mardi, par une vidéo postée sur Youtube, une opération de "communication directe" avec les Français, censée durer jusqu'au mois de septembre, pour les convaincre du bien-fondé des mesures de redressement des finances publiques annoncées dans le cadre des budgets 2026.
"Le but de cette communication directe que je vous propose, c'est que vous vous forgiez vous-mêmes votre propre opinion. (...) Ma certitude, c'est qu'il n'y a pas d'autre chemin que cet effort supportable et choisi. Nous sommes un peuple qui s'est relevé de bien des choses. On est tout à fait capable de vaincre cet obstacle-là. Mais c'est maintenant que ça se joue et c'est vous qui allez décider de cela", explique le Premier ministre dans cette vidéo de quelque 8 minutes, intitulée "FB Direct".
Invoquant régulièrement l'exemple de Pierre Mendès France --qui rendait compte de son action de chef du gouvernement (1954-1955) à la radio nationale--, M. Bayrou rééditera l'exercice quotidiennement, déclinant jusqu'au début du mois de septembre les différents enjeux des textes financiers qui seront examinés au Parlement à partir d'octobre.
"Ca n'est pas une épreuve de force entre le pouvoir, les pouvoirs et les Français". "Ma conviction, c'est qu'on ne peut réaliser des changements aussi importants, aussi profonds et aussi bienfaisants sans les Français, jamais sans les Français. Et c'est tout le but de cet échange", a-t-il expliqué mardi.
Les internautes pourront, à partir de la semaine prochaine, poser des questions et formuler des propositions, auxquelles le Premier ministre répondra, alors que le député Insoumis Antoine Léaument a raillé l'impossibilité de poster des commentaires sous cette première vidéo primo-ministérielle.
"On peut améliorer, rééquilibrer. Je suis ouvert à toutes les propositions. Mais si nous n'acceptons pas la dimension de cet effort, alors je vous le dis, quels que soient les gouvernements qui suivront, nous serons contraints, obligés, forcés de le faire par le fait que nous ne trouverons plus de prêteurs", a averti M. Bayrou.
Dépourvu de majorité à l'Assemblée, menacé de censure par la gauche et le Rassemblement national, le Premier ministre a présenté le 15 juillet les grandes lignes de cet effort budgétaire.
- "Livrer bataille auprès des Français" -
Il a notamment prôné le gel de la plupart des dépenses de l’État en 2026 au niveau de 2025, une "année blanche" gelant le barème des impôts, des prestations sociales et des retraites, ou encore la suppression de deux jours fériés.
"Aujourd'hui, il n'y a pas de demain. On ne peut pas repousser à demain quand on a atteint la somme de dettes de, écoutez bien, 3.400 milliards d'euros". "Si nous ne décidons pas de nous ressaisir, alors c'est que nous sommes irresponsables devant nos enfants. Ce que je refuse, pas seulement par principe, mais parce que c'est complètement immoral", a-t-il dit.
Une manière de jouer l'opinion contre les politiques ? "On ne peut pas prétendre que je sois hostile aux organisations politiques ou parlementaires: j’en ai fondées, j’en préside depuis longtemps. Mais je sais que les conservatismes sont très forts dès l’instant qu’on s’approche des élections. A plus forte raison quand il n’y a pas de majorité. A plus forte raison quand on est comme maintenant dans des temps tourmentés", a répondu M. Bayrou, interrogé par l'AFP.
"Je sais que le réflexe le plus facile et donc le plus tentant c’est de refuser les efforts, de refuser de participer. Et il n’y a qu’auprès des Français qu’on peut livrer cette bataille", a-t-il ajouté.
Deux mois pour convaincre avant l'épreuve parlementaire ? "Pour lui ce n’est que du gain. Il n’est pas populaire, tout le monde pense qu'il est en fin de CDD, que c’est sa dernière rentrée. Il a donc deux solutions : soit se dire +c'est foutu+, soit +foutu pour foutu, je vais jusqu’au bout de la responsabilité et de la pédagogie+", estime un communicant macroniste.
"Il pourra dire: +j’ai alerté, j’ai fait un discours le 15 juillet, j’ai parlé aux Français tout l’été, j’ai parlé à la classe politique à la rentrée, moi j’ai fait le maximum+. Il peut réussir à faire émerger le sujet", ajoute-t-on de même source.
P.Santos--AMWN