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Trump va signer un accord avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie, en conflit depuis des décennies
L'Arménie et l'Azerbaïdjan, qu'un conflit territorial oppose depuis des années, vont signer vendredi à Washington un accord qualifié d'"historique" par Donald Trump, qui permet aussi aux Etats-Unis d'avancer leurs pions dans une région hautement stratégique.
"Beaucoup de dirigeants ont tenté de mettre fin à la guerre, sans succès, jusqu'à maintenant, grâce à +TRUMP+", a claironné le président américain jeudi soir sur son réseau Truth Social.
Donald Trump, qui estime mériter le prix Nobel de la paix pour ses efforts de médiation dans divers conflits, a dit qu'une "cérémonie de signature de la paix" serait organisée lors de ce "sommet historique" avec la participation du président azerbaïdjanais Ilham Aliev et du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.
Le dirigeant arménien est arrivé peu avant 15H00 locale (19H00 GMT) à la Maison Blanche pour une entrevue avec le président américain. Le leader azerbaïdjanais est attendu un peu plus tard, également pour une réunion bilatérale avec Donald Trump, avant la rencontre et la signature tripartite.
Les deux anciennes républiques soviétiques du Caucase vont "signer une déclaration commune" prévoyant la création d'une "zone de transit" passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan plus à l'ouest, a indiqué Anna Kelly, une porte-parole de la Maison Blanche, vendredi dans un échange avec la presse.
- TRIPP -
Cette zone de transit, qui répond à une revendication de longue date de Bakou, sera nommée "Voie Trump pour la paix et la prospérité internationale" (TRIPP, son acronyme en anglais), a-t-elle précisé. Les Etats-Unis y disposeront de droits de développement.
Par ailleurs, selon Anna Kelly, l'Azerbaïdjan et l'Arménie "vont signer une lettre commune demandant officiellement à l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) de dissoudre le groupe de Minsk", créé en 1992 à des fins de médiation entre les deux pays.
Interrogé sur ce que l'Arménie tirait de cet accord, un haut responsable américain a jugé qu'Erevan gagnait "le partenaire le plus énorme et le plus crucial du monde, les Etats-Unis", mais il ne s'est pas étendu sur la question toujours très sensible du Karabakh.
"Les perdants ici sont la Chine, la Russie et l'Iran", a-t-il affirmé, sous le couvert de l'anonymat.
La région contestée du Karabakh est reconnue internationalement comme faisant partie de l'Azerbaïdjan mais a été contrôlée pendant trois décennies par des séparatistes arméniens après une guerre qu'ils avaient remportée à la dislocation de l'URSS, et qui avait provoqué l'exode de la quasi-totalité des Azéris qui l'habitait.
Bakou a repris partiellement cette enclave lors d'une nouvelle guerre à l'automne 2020, puis entièrement lors d'une offensive éclair en septembre 2023, provoquant à son tour la fuite de plus de 100.000 Arméniens du Karabakh.
- Traumatisme -
Soucieux de dépasser le conflit, Bakou et Erevan se sont mis d'accord en mars sur le texte d'un traité de paix.
Mais l'Azerbaïdjan, victorieux, exige que l'Arménie modifie d'abord sa Constitution pour renoncer officiellement à toute revendication territoriale sur le Karabakh.
Nikol Pachinian s'est déclaré prêt à s'y conformer, annonçant son intention d'organiser un référendum constitutionnel en 2027. Mais le traumatisme de la perte du Karabakh, appelé Artsakh en arménien, continue de diviser son pays.
L'annonce de vendredi a relancé, parmi les partisans de Donald Trump, les appels à lui décerner le prix Nobel de la paix.
"Oubliez le prix Nobel. Il devrait y avoir un prix Trump", a commenté sur X le télévangéliste Johnnie Moore, un allié du président républicain.
"Il est plus que temps que Donald Trump reçoive le prix Nobel de la paix", avait lancé la semaine dernière sa porte-parole Karoline Leavitt, donnant pour exemples ses médiations entre l'Inde et le Pakistan, le Cambodge et la Thaïlande ou le Rwanda et la République démocratique du Congo... Mais passant sous silence ses promesses, jusqu'ici vaines, de mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza.
D.Sawyer--AMWN