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La Russie frappe l'Ukraine avec le missile hypersonique Orechnik
La Russie a frappé l'Ukraine pour la deuxième fois avec le missile hypersonique Orechnik, au cours d'une nuit de bombardements massifs qui ont fait au moins quatre morts à Kiev.
Quelques heures après avoir signifié son rejet du plan de déploiement d'une force multinationale en Ukraine, Moscou a indiqué avoir frappé des "cibles stratégiques" en Ukraine, y compris à l'aide de ce missile de dernière génération, qui peut porter une charge nucléaire, et atteindre une vitesse d'environ 13.000 km/h, selon les autorités ukrainienne.
Ces frappes, dont le nombre n'a pas été précisé, sont intervenues selon le ministère russe de la Défense "en réponse à l'attentat terroriste perpétré par le régime de Kiev" contre une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, dont l'Ukraine et les Occidentaux affirme qu'il s'agit d'un "mensonge".
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé dans la nuit 36 missiles et 242 drones sur l'Ukraine, dont respectivement 18 missiles et 226 drones ont été abattus.
Le commandement occidental de l'armée de l'Air avait évoqué plus tôt vendredi une frappe sur Lviv (ouest) intervenue à 23H47 (21H47 GMT) avec un missile balistique se déplaçant à une vitesse hypersonique.
Selon des correspondants militaires russes, ce tir de l'Orechnik a pu toucher un important dépôt de gaz souterrain dans cette région située près de la frontière avec la Pologne, membre de l'UE et de l'Otan.
"Une telle attaque à proximité de la frontière de l'Union européenne et de l'Otan représente une menace grave pour la sécurité du continent européen et un test pour l'alliance transatlantique", a dénoncé sur les réseaux sociaux le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiga.
- "Vague de froid" -
Le missile russe Orechnik, capable de frapper avec des ogives nucléaires - mais qui n'en portait pas lors de ces tirs -, a été utilisé pour la première fois en 2024 contre une usine militaire située dans la ville de Dnipro, dans le centre-est de l'Ukraine.
Il a été déployé mi-décembre au Bélarus, pays allié de la Russie situé aux portes de l'UE, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko.
La capitale, Kiev, a aussi été impactée par les frappes de la nuit. Une quarantaine de sites ont été touchés, dont 20 immeubles résidentiels, a indiqué Igor Klymenko, le ministre ukrainien de l'Intérieur.
L'opérateur électrique privé DTEK a annoncé que 370.000 foyers sont sans courant à Kiev, à cause des frappes et de conditions météorologiques difficiles, après d'importantes coupures dans d'autres villes les jours précédents.
La police a fait état de quatre morts et 24 blessés dans la capitale.
Parmi les morts figure un secouriste déployé sur l'un des sites touchés, tué par une nouvelle frappe de drone, a précisé le maire Vitali Klitschko, évoquant aussi des infrastructures endommagées et des coupures de courant.
Le président Volodymyr Zelensky a réclamé une "réaction claire" de la communauté internationale. "L'attaque a eu lieu précisément au moment où une vague de froid importante s'est abattue sur le pays", a-t-il dénoncé.
- 500.000 Russes sans courant -
Près de quatre ans après le lancement de l'offensive à grande échelle du Kremlin, Moscou continue de bombarder l'Ukraine quasi-quotidiennement, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays.
Plus d'un million d'habitants du centre de l'Ukraine ont été privés jeudi d'eau et de chauffage, par des températures glaciales, après des frappes nocturnes de drones.
En réponse, l'Ukraine multiplie également les frappes sur les infrastructures énergétiques russes.
Quelque 556.000 personnes ont ainsi été privées vendredi matin de courant et de chauffage dans la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, selon le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov.
Ces nouvelles frappes interviennent alors que les discussions diplomatiques impulsées par le président américain Donald Trump ces derniers mois sur ce conflit semblent dans l'impasse.
La Russie a rejeté une nouvelle fois jeudi tout déploiement de soldats occidentaux en Ukraine, avertissant qu'elle les considérerait comme des "cibles légitimes" pour ses forces armées.
Il s'agissait d'une réponse à un plan présenté par la "Coalition des volontaires", qui réunit des pays qui soutiennent Kiev essentiellement européens, de déployer des milliers de soldats en Ukraine après la guerre.
La Russie, qui occupent environ 20% du territoire ukrainien, continue de son côté d'exiger que les forces de Kiev se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région orientale de Donetsk et que Kiev s'engage juridiquement à ne pas adhérer à l'Otan.
burs-blb/pop/fio
S.F.Warren--AMWN