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La moitié de Kiev privée de chauffage après des frappes russes, le maire appelle à évacuer
Des frappes russes massives ont fait au moins quatre morts et privé de chauffage la moitié des immeubles résidentiels de Kiev, poussant le maire à appeler vendredi les habitants à évacuer "temporairement" la capitale ukrainienne.
Cette nouvelle nuit de frappes russes massives a vu l'utilisation, pour la deuxième fois de la guerre, du missile de dernière génération russe Orechnik.
La maire de Kiev, Vitaly Klitschko, a appelé les habitants à quitter "temporairement" la ville, pour la première fois depuis le début de l'invasion russe lancée en 2022, alors que les températures sont glaciales, oscillant entre -7 et -12°C.
"La moitié des immeubles d'habitation à Kiev — près de 6.000 — sont actuellement privés de chauffage", s'est alarmé M. Klitschko.
L'opérateur électrique privé DTEK a de son côté annoncé que 417.000 foyers sont sans courant à Kiev, à cause des frappes russes et des conditions météorologiques difficiles.
Une quarantaine de sites ont été touchés par les frappes russes à Kiev, dont 20 immeubles résidentiels et l'ambassade du Qatar dans la capitale, selon le président Volodymyr Zelensky. La police a fait état de quatre morts et 24 blessés.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé au cours de la nuit un total de 36 missiles et 242 drones, dont respectivement 18 missiles et 226 drones ont été abattus.
Moscou a indiqué de son côté avoir frappé des "cibles stratégiques" en Ukraine, y compris à l'aide du missile de dernière génération Orechnik, qui peut porter une charge nucléaire, et atteindre une vitesse d'environ 13.000 km/h.
- "Réaction claire" -
Selon le ministère russe de la Défense, ces frappes ont été menées "en réponse à l'attentat terroriste perpétré par le régime de Kiev" contre une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, dont l'Ukraine et les Occidentaux affirment qu'il s'agit d'un "mensonge".
M. Zelensky a réclamé une "réaction claire" de la communauté internationale. "L'attaque a eu lieu précisément au moment où une vague de froid importante s'est abattue sur le pays", a-t-il dénoncé.
"Une telle attaque à proximité de la frontière de l'Union européenne et de l'Otan représente une menace grave pour la sécurité du continent européen et un test pour l'alliance transatlantique", a déclaré de son côté le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga.
Le missile russe Orechnik, capable de frapper avec des ogives nucléaires - mais qui n'en portait pas lors de ces tirs -, a été utilisé pour la première fois en 2024 contre une usine militaire située dans la ville de Dnipro, dans le centre-est de l'Ukraine.
Il a été déployé mi-décembre au Bélarus, pays allié de la Russie situé aux portes de l'UE, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko.
- "Cibles légitimes" -
Près de quatre ans après le lancement de l'offensive à grande échelle du Kremlin, Moscou continue de bombarder l'Ukraine quasi-quotidiennement, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays.
Plus d'un million d'habitants du centre de l'Ukraine ont été privés jeudi d'eau et de chauffage, après des frappes nocturnes de drones.
En réponse, l'Ukraine multiplie également les frappes sur les infrastructures énergétiques russes.
Quelque 556.000 personnes ont ainsi été privées vendredi matin de courant et de chauffage dans la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, selon le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov.
Ces nouvelles frappes interviennent alors que les discussions diplomatiques impulsées par le président américain Donald Trump ces derniers mois sur ce conflit semblent dans l'impasse.
La Russie a rejeté une nouvelle fois jeudi tout déploiement de soldats occidentaux en Ukraine, avertissant qu'elle les considérerait comme des "cibles légitimes" pour ses forces armées.
Il s'agissait d'une réponse à un plan présenté par la "Coalition des volontaires", qui réunit des pays qui soutiennent Kiev essentiellement européens, de déployer des milliers de soldats en Ukraine après la guerre.
La Russie, qui occupe environ 20% du territoire ukrainien, continue de son côté d'exiger que les forces de Kiev se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région orientale de Donetsk et que Kiev s'engage juridiquement à ne pas adhérer à l'Otan.
burs-blb-pop/fio
L.Durand--AMWN