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Le Venezuela libère des prisonniers, mais assure n'être "pas soumis" aux Etats-Unis
Les autorités vénézuéliennes ont relâché plusieurs opposants dont l'ancien candidat à la présidentielle Enrique Marquez, un geste salué par Donald Trump tandis que Caracas assure n'être ni "subordonné ni soumis" aux Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier.
Donald Trump s'est réjoui vendredi sur son réseau Truth Social de la libération la veille par le Venezuela d'"un grand nombre de prisonniers politiques en signe de +recherche de la paix+". "C'est un geste très important et intelligent", a estimé le locataire de la Maison Blanche.
Le président américain a également indiqué sur son réseau qu'il avait "annulé" une nouvelle attaque ciblant le pays, du fait de la "coopération" avec le pouvoir en place à Caracas. "Les États-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble" notamment pour la "reconstruction" de l'industrie pétrolière, a-t-il dit.
L'annonce de la libération des opposants est intervenue quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez. C'est la première vague de libération depuis la capture du président déchu Nicolas Maduro, détenu aux Etats-Unis qui veulent le juger pour notamment narcoterrorisme.
L'un des principaux relâchés, Enrique Marquez avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de Nicolas Maduro, acquise selon l'opposition et une partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.
Cet opposant âgé de 62 ans s'était formellement inscrit pour le scrutin afin de pouvoir être le représentant principal de l'opposition en cas de rejet par les autorités de la candidature d'Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait lui-même remplacé au pied levé Maria Corina Machado, déclarée inéligible.
M. Urrutia avait finalement pu se maintenir face à M. Maduro et M. Marquez n'avait pas défendu sa propre candidature, soutenant M. Urrutia.
Ce dernier a été contraint à l'exil en Espagne après le scrutin de juillet 2024, tandis que M. Marquez a été arrêté en janvier 2025.
Réfugié dans la clandestinité, Mme Machado a pour sa part remporté le prix Nobel de la paix 2025.
Donald Trump a annoncé jeudi qu'il recevrait l'opposante à Washington "la semaine prochaine", se disant dans un entretien sur la chaîne Fox News "impatient" de la rencontrer. Il a ajouté que ce serait "un grand honneur" si elle lui remettait son prix Nobel de la paix, comme le lui a proposé la lauréate 2025.
L'avocate de premier plan Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a elle aussi été libérée jeudi lors de cette première vague parmi de "nombreux prisonniers", dont des étrangers parmi lesquels cinq Espagnols.
Mme San Miguel, qui dispose également de la nationalité espagnole, s'est immédiatement envolée pour l'Espagne avec quatre autres ressortissants de ce pays également libérés et attendus en début d'après-midi à Madrid.
Le gouvernement de gauche espagnol a déclaré vendredi espérer la libération d'un autre ressortissant espagnol actuellement emprisonné au Venezuela pour des raisons politiques.
Mme Machado a salué ces libérations, jugeant qu' "aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin".
- "Geste unilatéral" -
Ces libérations sont "un geste unilatéral du gouvernement" afin "de favoriser la coexistence pacifique", a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.
L'ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.
Reporters sans frontières a salué la libération de prisonniers politiques par Caracas mais a demandé au gouvernement "d'étendre ce geste" afin de libérer les journalistes qui restent emprisonnés au Venezuela.
Malgré ses concessions, la présidente par interim Delcy Rodriguez a assuré que son pays n'était ni "subordonné ni soumis" aux Etats-Unis et a évoqué sa "loyauté envers le président Nicolas Maduro", emmené contre son gré aux Etats-Unis où il a été incarcéré.
M.Thompson--AMWN