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Vote au Congrès pour relancer la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis
Le Sénat a adopté mercredi une proposition de loi qui prévoit 52 milliards de dollars pour relancer la production de semi-conducteurs aux Etats-Unis, un texte qui doit encore être entériné par la Chambre des représentants.
Ces montants sont inclus dans une loi plus large, qui alloue également plus de 100 milliards de dollars sur cinq ans pour la recherche et le développement.
64 sénateurs sur 100, démocrates et républicains, ont voté pour le "Chips Act and science".
"Le Sénat a adopté une loi historique qui va diminuer les coûts et créer des emplois", a immédiatement commenté le président Joe Biden, en appelant les élus de la Chambre à voter la loi "rapidement".
La demande pour les semi-conducteurs, au coeur de toute l'électronique moderne, a explosé pendant la pandémie, causant des pénuries mondiales encore exacerbées par la fermeture d'usines chinoises face aux résurgences du Covid.
Les problèmes d'approvisionnement pour ces puces, présentes aussi bien dans les smartphones que les hélicoptères, ont selon le gouvernement de Joe Biden alimenté l'inflation galopante dans le pays.
Elles ont notamment ralenti la production de voitures neuves l'an dernier, suscitant une flambée des prix dans l'automobile.
La dépendance des Etats-Unis envers des usines principalement situées en Asie pose aussi une menace pour la sécurité nationale, de nombreux équipements militaires fonctionnant à l'aide de ces puces, relève le gouvernement.
Malgré un constat partagé par démocrates et républicains sur l'impératif de relancer la production nationale, les élus du Congrès ont échoué pendant des mois à se mettre d'accord sur un texte définitif.
En ce qui concerne les micro-processeurs, la proposition de loi prévoit finalement 39 milliards de dollars d'aides pour encourager les entreprises à produire localement, et 13 milliards pour les laboratoires de recherche.
Plusieurs industriels ont déjà fait savoir qu'ils allaient utiliser ces fonds pour construire des usines dans l'Ohio ou l'Indiana.
Le sénateur Bernie Sanders, une figure de la gauche américaine, s'était ému avant le vote des sommes allouées à des entreprises "rentables" qui, selon lui, "ont fermé 780 usines en 20 ans" aux Etats-Unis. "C'est un pot-de-vin pour qu'elles restent ici", a-t-il écrit dans un communiqué.
Le président Biden avait toutefois promis, lundi, que la loi "n'était pas un chèque en blanc". Les entreprises devront selon lui remplir certaines conditions, notamment en termes de salaires, pour toucher ces aides publiques.
"Nous ne leur permettrons pas d'utiliser ces fonds pour racheter des actions ou payer des dividendes", avait-il ajouté, en précisant qu'il donnerait lui-même le feu vert aux plus gros montants.
D.Moore--AMWN