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Gaza: Israël conteste des nominations au sein du Conseil de paix de Trump
Israël a contesté samedi des nominations au sein de l'aréopage international annoncé par Donald Trump pour piloter la deuxième phase de son plan de paix censé mettre fin à la guerre de Gaza.
Sans remettre en cause l'ensemble de l'architecture du Conseil de paix annoncé vendredi par le président américain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'en est pris au choix des membres d'une de ses subdivisions: le comité exécutif de Gaza, mais n'a pas précisé les nominations en cause.
Selon la Maison Blanche, cet organe aura pour mission d'assister le comité technocratique palestinien de 15 membres devant assurer l'administration provisoire du territoire et qui a commencé ses travaux jeudi au Caire.
Mais "l'annonce de (sa) composition (...) n'a pas été coordonnée avec Israël et va à l'encontre de sa politique", indique un communiqué du bureau de M. Netanyahu à propos de cette instance à laquelle ont été nommés le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et un représentant du Qatar.
Or les relations entre Israël et Ankara, un temps alliés, se sont fortement dégradées avec la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël.
La Turquie soutient ouvertement le Hamas et fait partie des pays dénonçant régulièrement le "génocide" commis selon eux par Israël à Gaza, accusations dont s'offusquent les dirigeants israéliens.
Quant au Qatar, émirat du Golfe ayant subi en septembre des frappes israéliennes directes visant la direction en exil du Hamas, son nom est également associé en Israël à un scandale de corruption éclaboussant l'entourage de M. Netanyahu depuis plusieurs mois.
- "Honneur et "leadership" -
La critique ouverte adressée par Israël à son meilleur allié, les Etats-Unis, survient alors que le Conseil de paix de M. Trump commence à prendre forme, avec la confirmation samedi des noms de plusieurs chefs d'Etat ou de gouvernement appelés à y siéger.
Aux termes de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU ayant endossé en novembre le plan Trump pour Gaza, ce Conseil de paix sera chargé "de guider la reconstruction de Gaza et d'en coordonner le financement".
Après avoir reçu une invitation, le président argentin Javier Milei a déclaré que ce serait un "honneur" d'y siéger. Le dirigeant canadien Mark Carney aurait également l'intention d'y participer, selon un de ses conseillers.
La communication du président turc s'est contentée de dire que Recep Tayyip Erdogan avait reçu l'invitation et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi "étudie la question", selon son chef de la diplomatie.
Ces dirigeants sont invités à rejoindre le secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui multiplie les casquettes au sein du gouvernement Trump, et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui a déjà joué les médiateurs au Moyen-Orient.
La réputation de l'ancien dirigeant travailliste, qui s'est dit "honoré" de faire partie du conseil et loue le "leadership" de Donald Trump, a toutefois été ternie par son engagement dans la guerre en Irak en 2003.
Donald Trump a aussi placé de nombreux proches, dont son émissaire Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner, homme d'affaires et médiateur officieux dans cet organe. Le président de la Banque mondiale Ajay Banga y figure aussi.
- "Intentions négatives" -
La Maison Blanche a créé en parallèle un "founding executive board" avec sept personnalités, dont cinq Américains, composé notamment de Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d'investissement Apollo Global Management.
On ne sait pas exactement dans quelle instance pourraient siéger les dirigeants invités. La Maison Blanche, qui avait fait savoir que d'autres membres allaient être nommés, n'a pas dans l'immédiat fourni de clarifications samedi.
Allié du Hamas à Gaza, le Jihad islamique palestinien a accueilli froidement ces annonces.
"Nous avons été surpris par la composition du prétendu 'Conseil de paix' et par les noms annoncés, choisis selon des critères israéliens et servant les intérêts (d'Israël, NDLR), ce qui témoigne clairement d'intentions négatives préméditées quant à la mise en oeuvre de l'accord" de cessez-le-feu, indique un communiqué du mouvement.
Le Hamas n'avait pas encore réagi samedi soir aux annonces de M. Trump. Un de ses dirigeants, Osama Hamdane, avait qualifié le principe du Conseil de paix de retour "à l'ère des mandats et du colonialisme".
M. Trump a annoncé mercredi le passage à la deuxième phase de son plan alors qu'Israël et le Hamas s'accusent mutuellement et quotidiennement de violer la trêve entrée en vigueur en octobre sous la pression de Washington et que les deux parties n'ont pas rempli tous leurs engagements au titre de la première phase.
La deuxième étape du plan Trump prévoit notamment le désarmement du Hamas et le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza ainsi que le déploiement d'une force multinationale censée sécuriser Gaza et former des unités de police palestiniennes.
H.E.Young--AMWN