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Le conseiller envoyé par Donald Trump à Minneapolis dans le but de calmer les tensions autour de l'opération anti-immigration ayant conduit à la mort par balles de deux manifestants américains a rencontré mardi les deux grandes figures démocrates du Minnesota.
Principal responsable de la politique d'expulsions massives de migrants voulu par le président américain, Tom Homan a échangé avec le gouverneur de cet Etat, Tim Walz, et le maire de Minneapolis, Jacob Frey.
MM. Walz et Homan sont tombés d'accord sur la nécessité d'un "dialogue régulier", selon un communiqué du bureau du gouverneur, colistier de Kamala Harris à la présidentielle de 2024.
"J'entends dire que tout se passe très bien", a assuré Donald Trump.
Moins agressif dans son style et sa communication, Tom Homan prend le relais du chef de la police aux frontières, Greg Bovino, qui doit quitter Minneapolis aux côtés d'une partie des 3.000 agents fédéraux déployés depuis plusieurs semaines.
Le gouvernement a toutefois démenti des informations de presse selon lesquelles M. Bovino avait été démis de ses fonctions.
De la même manière, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem, dont l'opposition appelle à la démission, reste en place car elle fait "un très bon travail", a expliqué Donald Trump.
- "Très triste" -
C'est le signe que, même contraint de lâcher du lest, le président américain n'entend pas revoir sa politique en matière d'immigration.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a d'ailleurs rappelé lundi qu'il continuait d'exiger que les autorités locales coopèrent avec les agences fédérales chargées de l'immigration, une ligne rouge pour les élus locaux démocrates.
Cette inflexion intervient à la suite du décès samedi à Minneapolis d'un deuxième manifestant américain, Alex Pretti, tué par des tirs d'agents fédéraux comme Renee Good le 7 janvier.
Confronté à des critiques jusque dans son camp sur la position de son gouvernement qui a rejeté la faute sur les deux victimes, leur reprochant d'avoir mis en danger les policiers, Donald Trump a jugé mardi "très triste" la mort de M. Pretti.
Il a refusé de qualifier l'infirmier de 37 ans d'"assassin", comme l'a fait son conseiller Stephen Miller parce que la victime portait -légalement- une arme au moment des faits.
"Ceci étant dit, il ne faut pas avoir d'armes, arriver avec une arme" dans une manifestation, a réitéré le milliardaire républicain de 79 ans.
Quelques jours après ses prédécesseurs Bill Clinton et Barack Obama, l'ex-président démocrate Joe Biden a, à son tour, condamné ces événements.
"La violence et la terreur n'ont pas leur place aux Etats-Unis d'Amérique, particulièrement quand c'est notre propre gouvernement qui cible des citoyens américains", a fustigé le prédécesseur de Donald Trump, affirmant que ces faits "violent nos valeurs les plus fondamentales en tant qu'Américains".
- "Profondément ignoble" -
Plusieurs procédures judiciaires sont en cours concernant la validité de l'action des agences fédérales de l'immigration dans le Minnesota et l'enquête sur la mort d'Alex Pretti.
Dans l'une d'elles, un juge a appelé le directeur de la police fédérale de l'immigration (ICE), Todd Lyons, à comparaître "en personne" vendredi.
Une juge a par ailleurs promis lundi de rendre une décision rapide concernant la demande du procureur général du Minnesota d'y suspendre l'opération anti-immigration.
A Minneapolis, les habitants rendent hommage aux deux manifestants tués.
"C'est terrifiant et profondément ignoble de pouvoir exécuter quelqu'un de sang-froid dans la rue, puis le diffamer et mentir sur ce qui s'est passé", s'est indigné Stephen McLaughlin, un retraité de 68 ans, auprès de l'AFP lundi.
Les analyses par l'AFP et d'autres médias des vidéos des deux décès contredisent en effet les versions officielles.
Y.Kobayashi--AMWN