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Iran: un homme condamné pour vol amputé des doigts, selon Amnesty
Un homme condamné pour vol a été amputé des doigts cette semaine en Iran à l'aide d'une guillotine, a affirmé vendredi Amnesty International, dénonçant un "châtiment d'une cruauté sans nom".
Pouya Torabi, âgé d'une trentaine d'années, a été transféré d'urgence à l'hôpital immédiatement après que ses doigts ont été coupés le 27 juillet en présence de plusieurs fonctionnaires et d'un médecin de la prison d'Evin de Téhéran, a dit l'ONG dont le siège est à Londres.
Selon Amnesty, les autorités iraniennes avaient déjà amputé des doigts, le 31 mai, un autre détenu, Sayed Barat Hosseini, sans lui avoir administré d'anesthésiant.
Ce dernier s'est vu refuser les soins de santé mentale et physique nécessaires à ses infections et son traumatisme, selon l'ONG, et il est placé à l'isolement à Evin "pour empêcher que sa punition et son état de santé actuel ne soit connus".
"L'amputation est une torture sanctionnée par la justice et constitue donc un crime au regard du droit international. Tous ceux qui ont participé à la prise de décision et à l'exécution de ces châtiments corporels doivent être poursuivis dans le cadre de procès équitables", a déclaré Diana Eltahawy, la directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.
Selon elle, au moins huit autres prisonniers risquent actuellement dans ce pays une telle amputation : "l'impunité sévissant en Iran, de plus en plus de personnes seront soumises à ce châtiment d'une cruauté inqualifiable si la communauté internationale n'agit pas".
En juin, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme s'était dit préoccupé à ce sujet, exhortant l'Iran à supprimer toute forme de châtiment corporel.
Amnesty a précisé que les deux hommes avaient été transférés à Evin à partir de prisons provinciales spécialement pour l'exécution de leur peine, effectuée dans une clinique de la prison en présence d'un médecin.
En avril, "une guillotine spéciale a été installée à Evin afin de centraliser l'exécution des peines d'amputation prononcées dans tout le pays", selon l'ONG.
En Iran, les peines d'amputation consistent à couper quatre doigts de la main droite, conformément au code pénal iranien.
Selon le Centre Abdorrahman Boroumand, les autorités iraniennes ont amputé des doigts au moins 131 hommes depuis janvier 2000.
L'application de ces peines a été moins fréquente ces dernières années, mais, selon la société civile, l'Iran connaît actuellement une répression croissante, marquée par une recrudescence des exécutions et par des arrestations, notamment de cinéastes.
D.Cunningha--AMWN