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Gaza: Israël rouvre très partiellement le passage de Rafah
Israël a rouvert très partiellement dimanche le point de passage de Rafah entre l'Egypte et la bande de Gaza, vital pour l'acheminement de l'aide humanitaire, mais cette ouverture sera pour l'heure limitée aux habitants du territoire, dans des conditions drastiques.
Le Cogat, organisme du ministère de la Défense israélien supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés, n'a fait aucune mention d'une augmentation de l'aide et a précisé que le passage des personnes dans les deux sens ne commencerait pas avant lundi, une fois "les préparatifs achevés".
La réouverture de Rafah, seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, fermé depuis le printemps 2024, était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales afin de permettre l'accès de l'aide au territoire palestinien ravagé par deux ans de guerre.
Portant un nouveau coup aux organisations humanitaires, Israël a par ailleurs annoncé dimanche que Médecins sans Frontières (MSF) devrait quitter Gaza d'ici au 28 février pour avoir refusé de lui fournir la liste de ses employés palestiniens.
"Cette ouverture partielle entrouvre une petite porte d'espoir pour les malades", remarque Amine Al-Hilou, 53 ans, qui vit sous une tente dans un camp du nord du territoire, en réclamant l'ouverture "sans restrictions" du passage.
- "Prêt à partir" -
"Je rêve de voyager et de poursuivre mes études en Turquie", confie Adam Awad, 19 ans et déplacé à Jabalia (nord), se disant "heureux" de cette réouverture.
D'après des images de l'AFP, des camions-citerne et ambulances ont pu traverser dimanche la frontière du côté égyptien mais n'avaient pas encore pénétré dans Gaza.
Un porte-parole du mouvement islamiste palestinien Hamas, Hazem Qassem, a prévenu que "toute obstruction ou condition préalable imposée par Israël" constituerait "une violation de l'accord de cessez-le-feu".
Cette réouverture est attendue avec impatience. Environ 200 malades et blessés, selon un responsable du ministère de la Santé de Gaza, attendaient dimanche d'aller se faire soigner en Egypte.
Zakaria, 39 ans, blessé en décembre 2024 dans un bombardement israélien, espère pouvoir partir le plus vite possible. "Plus j'attends, plus mon état empire et je crains que les médecins ne doivent m'amputer des deux jambes", dit-il.
"Je suis alité, je n'ai pas de fauteuil roulant et j'attends toujours l'autorisation de voyager pour me faire soigner. J'ai (...) rangé mes affaires dans un petit sac pour être prêt à partir."
Une quarantaine de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne attendaient aussi depuis l'Egypte le feu vert israélien, a déclaré à l'AFP un responsable palestinien.
Cette amorce de réouverture survient dans le contexte d'un cessez-le-feu précaire entre Israël et le Hamas, au lendemain de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début de la trêve le 10 octobre 2025.
- "Autorisation préalable" -
Le poste-frontière est fermé depuis que les forces israéliennes en ont pris le contrôle en mai 2024, à l'exception d'une réouverture limitée début 2025.
Sa réouverture totale est prévue dans le cadre du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien.
Israël avait cependant prévenu que Rafah ne rouvrirait qu'une fois rendue la dépouille de Ran Gvili, le dernier otage retenu à Gaza, finalement récupérée le 26 janvier.
Le Cogat avait indiqué vendredi qu'il faudrait "une autorisation sécuritaire préalable" des autorités israéliennes pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l'Egypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.
Le poste-frontière est situé dans un secteur encore occupé par l'armée israélienne après son retrait en deçà de la Ligne jaune, qui marque le retrait israélien d'environ la moitié du territoire aux termes de la première phase du plan Trump.
Sa réouverture devrait aussi permettre l'entrée à Gaza des 15 membres du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire, mais aucune date n'a encore été fixée, selon un membre du Comité.
Les Etats-Unis ont annoncé à la mi-janvier le passage à la deuxième phase du plan de paix, qui prévoit notamment le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
J.Oliveira--AMWN