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Des Palestiniens quittent Gaza pour se faire soigner en Egypte après la réouverture partielle de Rafah
Des malades et blessés palestiniens ont commencé lundi à quitter la bande de Gaza pour l'Egypte, au premier jour de la réouverture au compte-goutte du passage de Rafah, fermé en mai 2024 par l'armée israélienne.
Lundi, environ 150 personnes devaient quitter le territoire dévasté par deux ans de guerre lundi, et 50 y entrer, selon des responsables égyptiens. Rafah est le seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël.
Les patients ont traversé la frontière à bord de trois ambulances, et ont été "immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés", a indiqué à l'AFP lundi un responsable du ministère égyptien de la Santé.
"Nous sommes très heureux que le point de passage soit ouvert, mais nous avons aussi peur et espérons pouvoir rentrer chez nous, à Gaza", a déclaré à l'AFP Hala Abou Mustafa, accompagnant son fils blessé.
Parmi les premiers à avoir été autorisés à aller se soigner en Egypte, Mahmoud, un Palestinien de 38 ans atteint d'une leucémie, se dit "très heureux", alors qu'à "Gaza il n'y a pas de traitement, pas de vie".
Mais il est triste aussi de laisser ses proches dans un territoire où "la situation est catastrophique".
- "Fenêtre d'espoir" -
Cette étape marque "le début d'un long processus visant (...) à ouvrir une véritable fenêtre d'espoir pour notre peuple dans la bande de Gaza", a déclaré Ali Shaath, le chef du comité palestinien chargé de l'administration provisoire de Gaza (NCAG), aux termes du plan de Donald Trump pour y ramener le paix.
Selon Khaled Mogawer, gouverneur du Nord-Sinaï — qui comprend le côté égyptien de Rafah — 50 patients palestiniens et 84 accompagnants devaient entrer en Égypte lundi.
La télévision israélien Kan a rapporté que le passage serait ouvert environ six heures par jour, tandis que côté égyptien, il doit rester ouvert "24H sur 24", selon la télévision égyptienne liée à l'Etat AlQahera News.
Pour d'autres Palestiniens de Gaza, partis eux se faire soigner en Egypte avant la fermeture totale de la frontière, l'heure est au retour.
"Ma mère a fini son traitement et nous attendons qu'elle rentre d'Egypte. Pour moi, c'est un jour de joie. Je vais serrer ma mère dans mes bras", raconte Abdel Rahim Mohammed, un homme de 30 ans qui vit à Khan Younès, dans le sud de Gaza.
L'armée israélienne avait pris le contrôle en mai 2024 du côté palestinien du poste-frontière, resté fermé depuis lors à l'exception d'une brève réouverture au début 2025.
L'émissaire américain Steve Witkoff, parmi les médiateurs dans le conflit à Gaza, doit s'entretenir mardi avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé lundi un responsable israélien.
- "Autorisation sécuritaire préalable" -
La réouverture totale de Rafah, après le retour en Israël de la totalité des otages de Gaza, est prévue par le plan du président américain visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du Hamas sur le sol israélien.
Les autorités israéliennes conditionnent pour l'heure tout passage à l'obtention d'"une autorisation sécuritaire préalable" pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l'Egypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.
Mais malgré les appels pressants de l'ONU et des organisations humanitaires, le passage reste fermé pour l'heure à l'entrée de l'aide dans le territoire dévasté par la guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts.
"La réouverture partielle (...) est bienvenue. Mais ce n'est pas suffisant, cela doit fonctionner comme un véritable corridor humanitaire que nous puissions acheminer rapidement une aide vitale", a réagi Tom Fletcher, le chef des opérations humanitaires de l'ONU.
Selon AlQahera News, 150 hôpitaux et 300 ambulances ont été mobilisés en Egypte, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza.
Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire, Al-Chifa, recense "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ayant "un besoin urgent de soins".
La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres du NCAG chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.
bur-az-sg-apz/cab/mdh
O.Karlsson--AMWN