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Merz dans les pays du Golfe pour de nouveaux partenariats stratégiques
Le chancelier allemand entame mercredi une tournée dans les pays du Golfe, espérant de nouveaux partenariats stratégiques avec ces riches fournisseurs en énergie face à l'agressivité des Etats-Unis de Donald Trump et de la Chine.
Accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprises, le dirigeant conservateur Friedrich Merz se rend en Arabie saoudite, au Qatar et aux Emirats arabes unis, dont il espère davantage d'investissements dans son pays.
Après le Brésil en octobre, l'Afrique du Sud en novembre et l'Inde début janvier, la visite de M. Merz s'inscrit dans un contexte de diversification des coopérations de la première économie européenne, très exportatrice et par conséquent particulièrement ébranlée par la politique douanière de Washington et les volontés hégémoniques de Pékin.
"Nous avons plus que jamais besoin de tels partenariats à une époque où les grandes puissances déterminent de plus en plus la politique", a martelé juste avant son départ le chancelier allemand, dans une allusion à peine voilée aux Etats-Unis et à la Chine.
Premier partenaire commercial de la région du Golfe parmi les pays de l'UE, l'Allemagne espère des débouchés pour son industrie automobile et chimique notamment. En matière "d'exportations d'armes, le gouvernement allemand a décidé d'être moins restrictif qu'auparavant et surtout de prendre des décisions plus prévisibles que ces dernières années", a déclaré M. Merz avant son envol.
-- "Pétrole et gaz" --
Les partenariats avec les pays du Golfe "nous offrent aussi la possibilité de diversifier nos chaînes d'approvisionnement en pétrole et en gaz", a-t-il ajouté.
Première étape, l'Arabie saoudite qui souhaite massivement développer son gaz naturel liquéfié (GNL). Jusqu'à présent, l'Allemagne se fournit principalement auprès des Etats-Unis, mais elle voudrait réduire sa dépendance pour ne pas répéter l'erreur faite avec le gaz naturel russe, abandonné après l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Le chancelier se rendra ensuite au Qatar, un des grands fournisseurs mondiaux de GNL, où l'ancien ministre de l'Économie, l'écologiste Robert Habeck s'était déjà rendu en 2022 pour négocier des contrats de fourniture de cette source d'énergie. L'un des problèmes était alors la courte durée (15 ans) des contrats exigée par Berlin, tandis que le Qatar souhaitait le double.
Cette fois, Berlin pourrait se montrer plus conciliant quant à la durée de ces contrats de livraison éventuels. La loi allemande sur la protection du climat, qui impose l'abandon des énergies fossiles d'ici 2045, constitue toutefois une limite claire dans le temps.
Le Qatar est en outre un actionnaire clé de grandes entreprises allemandes, dont Volkswagen, le groupe énergétique RWE et la Deutsche Bank.
Friedrich Merz doit achever sa tournée par les Emirats arabes unis, l'un des premiers exportateurs de pétrole brut au monde et théâtre mercredi et jeudi des pourparlers Ukraine-Russie-USA.
-- "Nous cherchons le dialogue" --
La volonté de renforcer les partenariats économiques semble reléguer au second plan d'éventuels sujets de discorde bilatéraux.
Interrogé au sujet de l'assassinat en 2018 du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi, dans lequel les services secrets américains avaient pointé la responsabilité directe du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un porte-parole du gouvernement a répondu mercredi que "les sujets sur lesquels nous avons des opinions divergentes" seraient "certainement" abordés.
"Lorsque nous constatons des problèmes, nous cherchons le dialogue et abordons les sujets", a promis M. Merz, tout aussi prudent, avant son envol.
Le déplacement du chancelier allemand dans les pays du Golfe survient dans un contexte de fortes tensions autour de l'Iran, pays qui a réprimé dans le sang les manifestations qui le secouaient depuis plusieurs semaines.
"Ce sujet va jouer un rôle central dans mes entretiens", a dit M. Merz avant son départ, appelant Téhéran à "cesser la violence", "arrêter son programme nucléaire militaire et ses activités déstabilisatrices dans la région".
Toujours hantée par sa culpabilité dans la Shoah, l'Allemagne est un allié indéfectible d'Israël, même si elle l'a récemment critiqué pour son offensive à Gaza.
Selon M. Merz, Berlin vise à promouvoir "un nouvel ordre de paix dans la région". "Un jour", a-t-il ajouté, "Israël devrait faire partie intégrante de cet ordre".
F.Bennett--AMWN