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Iran et Etats-Unis officialisent la tenue de discussions vendredi
L'Iran et les Etats-Unis ont fait état mercredi officiellement de discussions prévues vendredi à Oman, levant pour l'instant le doute qui planait sur ces pourparlers.
Donald Trump, qui a positionné dans la région une force de frappe navale et militaire considérable, a cependant maintenu la pression en jugeant que le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, "devrait se faire beaucoup de soucis".
"Les pourparlers nucléaires avec les Etats-Unis doivent se tenir à Mascate vers 10H00 vendredi", a écrit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X, après qu'un article de presse et des propos du chef de la diplomatie américaine ont jeté le doute sur la tenue de ces pourparlers.
Un haut responsable américain a par la suite confirmé la tenue de la rencontre, la date et l'endroit à l'AFP.
Le président américain maintient toutefois la menace d'une intervention militaire si Téhéran n'accepte pas une série de revendications américaines, allant d'ailleurs au-delà de la quesiton nucléaire.
"Je pense qu'il devrait se faire beaucoup de soucis en ce moment. Comme vous savez, ils négocient avec nous", a dit le président américain, dans un extrait d'entretien diffusé par la chaîne NBC, alors qu'il était interrogé sur le dirigeant iranien.
Donald Trump a par ailleurs assuré à NBC que les autorités iraniennes envisageaient d'ouvrir un nouveau site nucléaire, après les frappes menées par les Américains en juin dernier contre leurs installations.
- "Nous sommes prêts" -
"Ils réfléchissaient à ouvrir un nouveau site ailleurs dans le pays", a-t-il dit, ajoutant: "Nous l'avons découvert et j'ai dit, si vous faites ça, nous allons vous faire subir des choses très dures."
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait jeté le doute mercredi sur la tenue de discussions avec l'Iran.
"Nous pensions avoir mis en place un forum qui avait été approuvé en Turquie. Il avait été créé par plusieurs partenaires qui souhaitaient y participer et en faire partie. Hier, j'ai vu des informations contradictoires de la part de l'Iran, qui affirmait ne pas avoir donné son accord. La question est donc toujours en cours de discussion", a dit Marco Rubio.
"Si les Iraniens veulent nous rencontrer, nous sommes prêts", a toutefois affirmé le ministre américain lors d'une conférence de presse.
Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, conduira la délégation iranienne selon Téhéran, tandis que les Etats-Unis devraient être représentés par l'émissaire de Donald Trump pour toutes les missions diplomatiques délicates, Steve Witkoff.
- Nucléaire et missiles -
Depuis la répression du mouvement de contestation en Iran par le pouvoir au mois de janvier, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.
Téhéran a souligné à plusieurs reprises que les discussions devaient rester strictement limitées à la question nucléaire, rejetant toute négociation sur son programme de missiles ou ses capacités de défense.
Mais Marco Rubio a été catégorique: "Pour que les négociations aboutissent réellement à quelque chose de significatif, elles devront inclure certains éléments, notamment la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes dans la région, leur programme nucléaire et le traitement réservé à leur propre population".
Les Etats-Unis ont notamment dépêché dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, tandis que l'Iran a menacé de s'en prendre aux bâtiments de guerre et aux bases américaines dans la région en cas d'attaque.
Donald Trump n'a donné aucune indication sur l'ampleur d'une éventuelle opération militaire en cas d'échec des pourparlers. Elle pourrait aller de frappes ciblées contre des infrastructures militaires à une tentative de renversement de la République islamique en place depuis 1979.
En Iran, les réseaux sociaux, de nouveau actifs après trois semaines de coupure d'internet, sont inondés de messages rendant hommage aux manifestants tués.
"Notre société est en deuil et j'en fais partie", dit à l'AFP sous couvert d'anonymat un habitant de 32 ans de l'île de Qeshm, dans le Golfe.
G.Stevens--AMWN