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Affaire Epstein/Mandelson: soutenu par plusieurs ministres, Starmer exclut de démissionner
Les ministres du gouvernement de Keir Starmer ont volé à son secours lundi, après des appels à la démission lancés par le chef du parti travailliste écossais et l'opposition, en raison du scandale Epstein-Mandelson aux fortes répercussions au Royaume-Uni.
Fort de l'appui de poids lourds de son gouvernement, Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024, a répété lundi soir devant les députés travaillistes qu'il ne démissionnerait pas.
"Après m'être battu si durement pour pouvoir changer notre pays, je ne suis pas prêt à partir", a-t-il déclaré. Il a aussi souligné vouloir empêcher l'arrivée au pouvoir du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, car sinon "ils vont diviser, diviser, diviser, et cela déchirera le pays".
Si le soutien de ses ministres lui a apporté un peu de répit, le dirigeant travailliste reste confronté à une crise de confiance et d'autorité inédite pour avoir nommé en 2024 Peter Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis, alors qu'il savait qu'il avait été proche du pédocriminel Jeffrey Epstein.
Lundi, Anas Sarwar, le chef du Labour en Ecosse, un bastion du parti travailliste, s'est joint aux appels à sa démission, jusque-là cantonnés à l'opposition et quelques députés travaillistes.
"Il faut mettre fin à ce sujet de distraction, la direction de Downing Street doit changer", a déclaré M. Sarwar.
Mais plusieurs poids lourds du gouvernement - dont la ministre des Finances Rachel Reeves, celle des Affaires étrangères Yvette Cooper et le ministre de la Justice David Lammy - ont ensuite publiquement apporté leur soutien à M. Starmer sur les réseaux sociaux.
Le Premier ministre a ensuite été dans la soirée applaudi par le groupe parlementaire travailliste, selon les médias britanniques.
Plus tôt dans la journée, un porte-parole du chef du gouvernement avait déjà déclaré que M. Starmer restait "concentré sur son travail", alors que son directeur de la communication, Tim Allan, venait d'annoncer sa démission.
Son départ est survenu moins de 24 heures après celui du chef de cabinet de Keir Starmer, Morgan McSweeney, sur la sellette pour avoir recommandé la nomination de M. Mandelson.
Ces démissions sont venues fragiliser davantage la position de Keir Starmer, à 15 jours d'une élection législative partielle dans le nord-ouest de l'Angleterre, et à trois mois d'élections locales à haut risque pour le Labour, face notamment à Reform UK, en tête dans les sondages.
Son chef Nigel Farage a lui aussi appelé Starmer à démissionner lundi lors d'un meeting à Birmingham, affirmant que son parti était "en ordre de bataille pour des élections générales".
- Trop d'agitation -
Keir Starmer avait nommé en décembre 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington, un poste hautement stratégique avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais il a dû le démettre de ses fonctions en septembre 2025 après la publication de documents détaillant l'ampleur des liens entre M. Mandelson et le pédocriminel.
De nouveaux documents récemment rendus publics ont amplifié la polémique, semblant indiquer que Mandelson aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre entre 2008 et 2010.
La police a ouvert une enquête et a perquisitionné vendredi à deux adresses liées à Peter Mandelson.
M. Starmer tente depuis d'éteindre le scandale, sans succès.
Il a d'abord dit regretter d'avoir nommé Peter Mandelson. Puis présenté ses excuses jeudi auprès des victimes du pédocriminel, mort en prison en 2019, se disant "désolé d'avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson". Tout en insistant sur sa volonté de rester à Downing Street.
S'il reste très impopulaire, certains Britanniques semblent cependant aussi redouter le chaos politique.
"Je ne crois pas qu'il devrait démissionner, il y a déjà beaucoup d'agitation dans le pays et dans le monde", a indiqué à l'AFP Aya, 40 ans, interrogée dans les rues de Londres. "Il a reconnu son erreur, maintenant on devrait passer à autre chose".
Pour Patrick Diamond, ancien conseiller politique et aujourd'hui professeur de sciences politiques, la position de Starmer n'est pas "irrémédiablement compromise", car il dispose d'une large majorité au Parlement, et le Labour a "tendance à faire preuve de loyauté envers ses dirigeants".
De fait, aucun prétendant à la succession de Starmer ne semble se dégager pour l'instant.
Face aux remous politiques, les investisseurs se sont détournés lundi de la livre et des obligations britanniques, craignant une moindre rigueur budgétaire si l'éventuel remplaçant de M. Starmer penchait davantage à gauche.
pdh-adm-cla-cat/sba
P.Martin--AMWN