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L'Iran défend "son droit" à l'enrichissement nucléaire après une mise en garde de Washington
L'Iran a défendu jeudi "son droit" à l'enrichissement nucléaire, au lendemain d'une mise en garde des Etats-Unis, qui ont jugé qu'il y avait "de nombreuses raisons" de frapper le pays avec lequel ils ont engagé des pourparlers sous tension.
"La base de l'industrie nucléaire, c'est l'enrichissement", a affirmé le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslam. Le programme iranien "progresse conformément aux règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique, et aucun pays ne peut priver l'Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis ont averti mercredi l'Iran qu'il serait "bien avisé" de conclure un accord au lendemain d'une deuxième session de pourparlers indirects à Genève, auxquels les deux pays ont annoncé vouloir donner suite.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a lancé cette nouvelle mise en garde après que l'Iran a dit mercredi "élaborer un cadre" pour faire avancer ces tractations avec Washington, reprises le 6 février à Oman via une médiation omanaise.
Dans un contexte d'intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe, Donald Trump a pour sa part averti Londres de ne pas "céder" une base militaire dans l'océan Indien, affirmant qu'elle serait vitale en cas d'attaque contre l'Iran, si Téhéran "décidait de ne pas conclure d'accord".
Mardi, les deux pays avaient indiqué qu'ils allaient poursuivre les discussions - gelées en juin par la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne en Iran - tout en soulignant l'écart persistant entre leurs positions.
"Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d'une frappe contre l'Iran", a déclaré Mme Leavitt, ajoutant que "l'Iran serait bien avisé de conclure un accord avec le président Trump".
Les Etats-Unis empêcheront l'Iran de se doter de l'arme nucléaire "d'une manière ou d'une autre", avait plus tôt mis en garde le secrétaire américain à l'Energie, Chris Wright.
- "Renverser le gouvernement"? -
Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases dans la région, certaines potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.
CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si le président américain n'a selon eux pas encore pris de décision finale.
Selon le Wall Street Journal, citant des responsables américains anonymes, Donald Trump a été informé d'options militaires, dont une visant à "tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement".
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est de son côté entretenu mercredi avec avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafaël Grossi.
Selon son ministère, M. Grossi a souligné que l'AIEA, chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, "était prête à apporter son soutien" en ce sens.
L'Iran avait suspendu sa coopération avec l'agence et restreint l'accès de ses inspecteurs aux installations touchées après la guerre de 12 jours, au cours de laquelle les Etats-Unis ont bombardé des sites nucléaires iraniens.
- "Imposer leur volonté" -
Le vice-président américain JD Vance avait lui affirmé mardi que le dialogue devait se poursuivre, mais relevé que les Iraniens n'étaient pas "encore prêts" à prendre en compte "certaines lignes rouges" américaines.
L'Iran, qui dément chercher à se doter de l'arme nucléaire, comme l'en accusent les pays occidentaux et Israël, veut limiter les pourparlers à son programme nucléaire et exige pour un accord la levée des sanctions qui étranglent son économie.
Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises réclamé que l'Iran renonce à l'enrichissement, et affirmé qu'un accord devait porter aussi sur le programme de missiles balistiques de l'Iran ainsi que son soutien aux groupes armés dans la région hostiles à Israël.
Donald Trump a multiplié les menaces d'intervention militaire, d'abord en réaction à la répression meurtrière début janvier d'une vague de contestation, puis pour arracher un accord, évoquant même en cas d'échec un renversement du pouvoir iranien.
La République islamique a elle aussi menacé à de nombreuses reprises de riposter à toute attaque, notamment en fermant le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, y ont mené en début de semaine des manoeuvres militaires, tandis que jeudi, les marines iranienne et russe effectuent des exercices conjoints en mer d'Oman et dans le nord de l'océan Indien, selon la télévision d'Etat iranienne IRIB.
M.A.Colin--AMWN