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L'Iran affirme qu'un accord avec les Etats-Unis est "à portée de main"
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mardi qu'un accord avec les Etats-Unis était "à portée de main", à l'avant-veille d'une nouvelle session de pourparlers entre les deux pays, sous forte pression militaire américaine.
Dans le même temps, le gouvernement iranien a lancé un avertissement aux étudiants qui ont recommencé à protester, après la répression sanglante en janvier d'une vaste contestation.
Avant le troisième rendez-vous prévu jeudi à Genève des deux pays ennemis, qui ont renoué le dialogue sous médiation omanaise le 6 février à Mascate, M. Araghchi a affirmé sur X que son pays était "déterminé à parvenir à un accord juste et équitable — dans les plus brefs délais".
Il a fait état d'une "opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte nos préoccupations et nos intérêts mutuels".
"Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée", a-t-il ajouté, alors que depuis des semaines, Donald Trump brandit la menace de nouvelles frappes contre l'Iran, après la guerre de juin 2025, déclenchée par Israël, durant laquelle les Etats-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens.
Téhéran se défend de telles ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Dans un rapport publié lundi, l'International Crisis Group (ICG) estime qu'au vu des divergences entre les deux pays, trouver un terrain d'entente sera "une tâche difficile".
"La République islamique et les Etats-Unis n'ont jamais été aussi proches du précipice d'un conflit majeur", écrit ce centre de réflexion américain.
- "Peur" et "espoir" -
En Iran, le gouvernement a de son côté jugé, par la voix de sa porte-parole Fatemeh Mohajerani, que les étudiants avaient "le droit de manifester". Mais il y a "des lignes rouges (...) à ne pas franchir", a averti Mme Mohajerani, citant "les lieux sacrés" comme les mosquées et "le drapeau" de la République islamique.
Depuis la reprise des cours samedi, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l'AFP montrent des étudiants dans des universités de Téhéran brûler ce drapeau, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.
Parmi les slogans scandés par les contestataires, "Mort au dictateur", en référence au guide suprême, Ali Khamenei.
Ces rassemblements, marqués pour certains par des affrontements entre adversaires et partisans du pouvoir, secouent un pays encore sous le choc de la répression qui a écrasé dans le sang une vague inédite de contestation du pouvoir iranien.
Selon un habitant de Téhéran, interrogé par un journaliste de l'AFP basé à l'étranger, les protestations se limitent aux grandes universités et ne devraient pas s'étendre, du fait de "la peur d'une répression brutale et de l'espoir placé en Trump".
En cas d'échec de la diplomatie, les intentions de Washington "restent floues", selon les analystes de l'ICG, qui soulignent que Donald Trump préfère "les guerres courtes" plutôt que l'engagement "dans un conflit coûteux et chaotique".
Le président américain, qui a dit le 19 février s'être donné de "dix" à "quinze jours" pour décider d'un éventuel recours à la force contre Téhéran, a démenti lundi des articles de presse selon lesquels le chef d'état-major américain l'aurait mis en garde contre une intervention de grande ampleur.
L'Iran a de son côté réitéré qu'il riposterait "avec férocité" à toute frappe américaine, même limitée, mettant en garde contre un risque d'"escalade" régionale.
D.Kaufman--AMWN