-
L'ambassade américaine pavoise des tuk-tuk de Delhi à l'effigie de Trump
-
Allemagne: début d'année solide et confiance en hausse, mais la guerre en Iran pèse
-
Bornes de recharge de voitures: Que Choisir Ensemble dénonce une "opacité tarifaire"
-
Allègements de cotisations patronales: de quoi parle-t-on ?
-
Honduras: 25 morts dans deux attaques attribuées au crime organisé
-
Le Japon teste une thérapie utilisant des anime contre la dépression
-
Accros à la malbouffe des touristes, des singes de Gibraltar pratiquent l'automédication
-
Les animaux, des victimes aussi reconnues par la justice
-
Dans l'est de Allemagne, une gigantesque éolienne et le vent contraire de l'extrême droite
-
Carrefour: les actionnaires devraient accorder un 4e mandat à Bompard lors de l'assemblée générale
-
PFAS, Cadmium... A Paris, un laboratoire national à l'avant-garde des mesures sur les polluants
-
La Bourse de Paris grimpe face aux espoirs d'un accord au Moyen-Orient
-
Samsung: les salariés votent sur l'accord prévoyant une super prime IA
-
A Fessenheim, le démantèlement de l'ancienne centrale nucléaire se prépare
-
Face à une sécheresse record, le Colorado se prépare à sa "pire" saison des incendies
-
Dans les Andes argentines, les prémices du boom minier dont rêve Milei
-
Au Maroc, une embellie agricole rattrapée par la guerre au Moyen-Orient
-
Bolloré et son empire au centre du jeu avant 2027
-
Enlisement du conflit en Ukraine, difficultés économiques : Poutine face à des défis croissants
-
Dans le sud du Liban, Israël accusé de rayer des villages de la carte
-
En Sierra Leone, le gagne-pain des ostréicultrices de mangroves menacé par la déforestation
-
Le gel des allègements de charges malgré la hausse du Smic confirmé par le gouvernement
-
Quand la répression traverse la frontière : la peur des exilés nicaraguayens au Costa Rica
-
Les opposants de Trump lui reprochent d'avoir encore franchi un cran dans la corruption
-
Les scientifiques craignent un nouvel épisode de blanchissement du corail sous l'effet d'El Niño
-
Otan: les Européens sondent les Américains après la colère de Trump
-
Huguette Bouchardeau, une pionnière entre politique et féminisme
-
Coupe de France: Lens à la conquête de son histoire, Nice la tête ailleurs
-
Challenge Cup: Montpellier vise le premier titre de son nouveau cycle
-
Trump sabre des restrictions sur de puissants gaz à effet de serre
-
Macron va annoncer 1,55 milliard d'euros de plus pour le quantique et les semi-conducteurs
-
Play-offs NBA: les Knicks, supérieurs aux Cavaliers, mènent 2-0
-
Présidentielle: pour Gabriel Attal, opération déclaration dans l'Aveyron
-
Warsh prête serment en présence de Trump avant d'attaquer les défis économiques de la Fed
-
Carrefour: les actionnaires devraient accorder un 3e mandat à Bompard lors de l'assemblée générale
-
Samsung: les salariés votent sur un accord prévoyant des primes record grâce à l'IA
-
SpaceX reporte le lancement très attendu de sa fusée Starship
-
F1/GP du Canada: Antonelli (Mercedes) sous la menace de son coéquipier Russell et des McLaren
-
Brésil : le cacique Raoni est sorti de l'hôpital où il avait été admis en soins intensifs
-
Hantavirus: la mission à Ushuaïa a capturé environ 150 rongeurs, analyses à venir
-
Une ingénieure chevronnée va diriger le canal de Panama
-
La Californie ordonne un plan de réponse sur l'impact de l'IA sur l'emploi
-
Le territoire du Comminges au chevet de l'usine Fibre Excellence menacée de liquidation
-
Etats-Unis: Meta, Snap, TikTok et YouTube s'entendent avec un district scolaire pour éviter un procès
-
Drones: en Haute-Marne, un concours militaire international pour progresser ensemble
-
Macron réunit mardi "l'Equipe de France de l'électricité" pour accompagner l'électrification
-
Turquie: la justice suspend la direction du principal parti d'opposition
-
Trump voit ses projets malmenés au Congrès par sa majorité
-
Tribune anti-Bolloré: Javier Bardem, Ken Loach et Mark Ruffalo parmi les nouveaux signataires
-
Spotify va mettre de côté des places de concert pour les super fans
Le port de Berbera, atout à risque du Somaliland après sa reconnaissance par Israël
Des milliers de conteneurs multicolores entreposés au millimètre, d'immenses grues semblant toucher le ciel: le port de Berbera, sur le golfe d'Aden, se voit promis à un avenir radieux grâce à la récente reconnaissance du Somaliland par Israël, qui fait toutefois peser sur lui un fort risque sécuritaire.
La plus grande infrastructure de cette république autoproclamée a été transfigurée depuis que le géant émirati DP World en a pris le contrôle il y a une dizaine d'années.
Le petit port sans grand lendemain est devenu un outil moderne flambant neuf. Un maillon reconnu du trafic maritime de la Corne de l'Afrique, région positionnée entre océan Indien et canal de Suez, sur l'une des routes commerciales les plus fréquentées du monde.
Avec des dizaines de milliers d'emplois à la clé, le port contribue fortement au développement de la zone et du pays, affirment les autorités.
Aujourd'hui, le volume de conteneurs transitant par Berbera, évalué par la direction du port à 130.000 TEU (unité de mesure des conteneurs), est encore faible par rapport à celui, voisin, de Djibouti (environ 1,2 million de TEU), bien loin de ceux de l'océan Indien, comme Mombasa au Kenya (2 millions de TEU) ou Durban (4 millions de TEU) en Afrique du Sud.
Le nombre de bateaux accueillis a toutefois augmenté de plus de 30% entre 2023 et 2025 et un accord avec l'Éthiopie voisine, géant africain de plus de 130 millions d'habitants sans aucun accès à la mer, est actuellement négocié par les autorités du Somaliland, remarque le directeur de l'autorité portuaire, Ali Diriye Ahmed.
S'il était signé, l'activité du port bondirait de 80%, évalue-t-il.
Interrogées sur ces négociations, les autorités éthiopiennes n'ont pas donné suite.
- Menaces -
La reconnaissance récente du Somaliland doit aussi "ouvrir de nouveaux marchés" à Berbera, notamment celui des entreprises israéliennes et celles des pays alliés d'Israël, ce qui devrait générer une "croissance extraordinaire", se réjouit M. Ahmed, entrevoyant déjà un agrandissement du port.
Mais le fait que le premier pays à légitimer l'existence du Somaliland - depuis que celui-ci s'est séparé unilatéralement de la Somalie en 1991 - soit Israël génère son lot d'incertitudes et de menaces.
Les shebab, groupe islamiste armé lié à Al-Qaïda qui se bat depuis 2006 contre le gouvernement somalien, ont affirmé qu'ils "combattraient" toute tentative d'Israël d'"utiliser" le Somaliland.
Abdel Malek al-Houthi, le chef des Houthis au Yémen, un groupe rebelle soutenu par l'Iran et ennemi d'Israël, a de son côté averti que toute présence israélienne au Somaliland serait considérée comme une "cible militaire".
Or les Émirats arabes unis, alliés d'Israël, dont de nombreux experts affirment qu'ils ont servi d'intermédiaire entre le gouvernement israélien et le Somaliland, ce que dément Abou Dhabi, disposent d'une base militaire près du port.
Un aéroport et sa piste d'atterrissage y ont récemment été agrandis, avec l'ajout d'une "nouvelle base aérienne", en cours de finition, expliquait en janvier à l'AFP un responsable du gouvernement somalilandais.
"Parfois, 20 avions y atterrissent par semaine, parfois zéro. Nous ne savons pas ce qu'ils transportent", observe, sous couvert d'anonymat, un employé de DP World.
Alors qu'"il est généralement entendu que les Israéliens sont déjà dans le pays", selon un diplomate occidental, leur présence dans la base émiratie, si elle venait à être évoquée, pourrait mettre le port à la merci d'un missile houthi, compromettant un axe de développement crucial pour le Somaliland.
Les autorités somalilandaises "n'ont vu que la reconnaissance, sans penser au jour d'après", déplore Roland Marchal, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) à Paris. "Les Israéliens n'allaient pas venir au Somaliland pour faire de la recherche minière ou de la coopération agricole", les objectifs jusqu'ici officiellement affichés, ironise-t-il.
Le Somaliland avait initialement démenti toute négociation autour d'une base militaire israélienne sur son sol, pour ensuite indiquer récemment que "rien n'est exclu".
- "Discrétion" -
Que cette base éventuelle soit ou non à Berbera, l'armée israélienne n'a "pas intérêt à faire beaucoup de publicité" sur sa présence au Somaliland au vu des menaces, observe Roland Marchal, un spécialiste de la Corne de l'Afrique.
"La discrétion" restera de mise sur l'octroi d'une base militaire israélienne, pronostique de son côté le diplomate occidental, alors qu'un partenariat stratégique entre Israël et le Somaliland doit bientôt être annoncé.
Dans un contexte géopolitique extrêmement volatile, qui a vu Israël et les Émirats frappés par Téhéran en réponse aux raids américano-israéliens sur l'Iran samedi, le Somaliland a toutefois lancé un "avertissement solennel au régime iranien", bien que ses moyens semblent démesurément faibles par rapport à celui-ci.
"Toute tentative de provoquer l'instabilité sur notre territoire fera l'objet d'une réponse ferme, en coordination avec nos alliés, Israël et Taïwan", a réagi son ministère des Affaires étrangères, dans une réponse sur X à l'article de l'AFP.
Le Somaliland est le seul territoire d'Afrique avec l'Eswatini, petit État du sud du continent, à être encore allié de Taipei.
A Berbera, cité paisible aux nombreuses rues en terre, l'ambiance est résolument optimiste.
Son maire, Abdishakur Mohamoud Hassan, liste les transformations que la ville a connues depuis que DP World contrôle le port : une population passée de 45.000 à 70.000 habitants, des rentrées fiscales en forte hausse, permettant la gratuité des écoles primaires et de certaines cliniques.
Grâce à la reconnaissance par Israël, "nous attendons de (Berbera) qu'elle se développe comme Dubaï", sourit-il, tout en disant "ne pas avoir peur" de la menace houthie.
Et l'édile d'ajouter : "Si un pays comme l'Ukraine résiste à la Russie depuis des années, nous ne nous laisserons pas intimider par les Houthis."
L.Durand--AMWN