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La cheffe du renseignement Tulsi Gabbard, nouveau départ dans l'équipe Trump
La cheffe du renseignement américain Tulsi Gabbard, que la presse disait fragilisée en raison de propos sur l'Iran, est devenue vendredi la dernière ministre en date à quitter le gouvernement Trump, en avançant des raisons personnelles.
Si l'équipe du président américain est longtemps restée stable, elle a connu récemment plusieurs changements en peu de temps, avec les départs en trois mois de la ministre de la Justice Pam Bondi, de la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem et de la ministre du Travail Lori Chavez-DeRemer.
Toutes ont été remplacées par des hommes et le gouvernement Trump, avant le départ annoncé de Tulsi Gabbard, comptait quatre femmes sur un total de 21 ministres ou responsables fédéraux de premier plan.
"Malheureusement, je dois soumettre ma démission effective au 30 juin", a-t-elle écrit dans une lettre adressée à Donald Trump et publiée sur le réseau social X, expliquant devoir quitter l'administration en raison de l'état de santé de son mari, atteint d'un cancer des os.
Tulsi Gabbard et Abraham Williams, un cinéaste, se sont rencontrés quand le second a tourné des vidéos de campagne de la première, ancienne élue démocrate ralliée à Donald Trump.
Ils se sont mariés lors d'une cérémonie hindoue à Hawaï, dont tous deux sont originaires, après qu'Abraham Williams eut fait sa demande en mariage pendant une séance de surf.
Tulsi Gabbard dirige la très sensible Direction nationale du Renseignement (DNI), l'organisme qui chapeaute toutes les agences du renseignement, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Sa nomination avait été vivement critiquée par l'opposition, qui lui reproche en particulier des prises de position pro-russes.
Le président américain a salué le "travail incroyable" de Tulsi Gabbard à la tête de la DNI.
"Tulsi a fait un travail incroyable et elle nous manquera", a-t-il ajouté, précisant qu'elle serait remplacée par son adjoint Aaron Lukas, nommé Directeur du renseignement national par intérim.
- Arguments du Kremlin -
Âgée de 45 ans, cette ancienne militaire qui a été déployée en Irak avait dû faire face pendant la procédure de nomination à l'hostilité des élus de l'opposition mais aussi au scepticisme de certains sénateurs républicains.
Il lui est notamment reproché d'avoir rencontré le dirigeant syrien Bachar al-Assad en 2017 ou de reprendre à son compte les arguments du Kremlin pour justifier la guerre en Ukraine.
Son soutien passé au lanceur d'alerte Edward Snowden, à l'origine de révélations dommageables pour les services de renseignement américains, a également été critiqué.
Tulsi Gabbard était donnée partante depuis quelque temps par les médias américains, semblant être en porte-à-faux avec Donald Trump.
Elle avait notamment refusé lors d'une audition parlementaire en mars de confirmer la position officielle de la Maison Blanche selon laquelle l'Iran représentait une "menace imminente", ce qui justifiait, aux yeux de l'administration Trump, de mener les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient.
Tulsi Gabbard est aussi connue pour ses propos qui ont pu choquer au sein des institutions à Washington, notamment des critiques de l'interventionnisme militaire à tout crin de son pays depuis des décennies.
Pendant le premier mandat de Donald Trump, elle avait ouvertement critiqué une frappe ayant tué à Bagdad le haut responsable iranien Qassem Soleimani.
Tulsi Gabbard avait quitté le parti démocrate avec fracas en 2022, en accusant la formation d'être "une clique élitiste de va-t-en-guerre woke" alimentant le "racisme anti-blanc."
O.Karlsson--AMWN