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Guerre au Moyen-Orient: l'OCDE plus pessimiste pour une économie mondiale "sous pression"
Que la guerre au Moyen-Orient se prolonge ou pas, l'OCDE dit mercredi s'attendre à moins de croissance et plus d'inflation dans le monde en 2026, en raison de la hausse des prix de l'énergie et des engrais qui pénalisent l'économie.
L'Organisation de coopération et de développement économiques a abaissé sa prévision mondiale en établissant deux scénarios, selon la persistance ou non du conflit jusqu'en 2027, mais estimé que dans tous les cas l'économie était "sous pression", notamment en France.
"Les effets économiques de ce conflit se feront probablement sentir pendant un certain temps, même après sa fin, compte tenu des mois qui seront nécessaires pour restaurer les infrastructures endommagées et les voies de transport et pour acheminer les produits dans le monde entier", indique l'institution basée à Paris dans son rapport trimestriel sur l'économie mondiale.
Alors que l'économie mondiale était "relativement solide" avant la guerre, soutenue par les investissements dans les technologies, la hausse de l'inflation réduit le pouvoir d'achat des consommateurs, la confiance des entreprises s'érode et des difficultés d'approvisionnement apparaissent.
Très dépendantes des importations en provenance du Moyen-Orient, les économies asiatiques sont parmi les plus durement touchées, comme les pays en développement et ceux du Golfe.
"Mais l'impact se fera sentir partout, en raison des interconnexions dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et de l'intégration des marchés mondiaux de l'énergie", souligne l'OCDE.
La guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine contre l'Iran a conduit Téhéran à verrouiller le détroit d'Ormuz, voie commerciale stratégique pour le transport du pétrole brut et de gaz naturel liquéfié.
- "Récession" -
En conséquence, l'OCDE a révisé en baisse sa prévision de croissance annuelle mondiale, alors qu'elle tablait sur une hausse de 2,9% en mars après 3,4% en 2025.
En cas de "perturbations limitées dans le temps" et de progrès vers un accord de paix, la croissance serait réduite à 2,8%. Les prix de l'énergie diminueraient progressivement à compter de mi-2026, l'inflation refluerait, les taux des banques centrales resteraient globalement stables et la croissance rebondirait à 3,1% en 2027.
En revanche, l'absence d'accord de paix "pendant encore une bonne partie de l'année 2027" entraînerait un gros coup de frein à la croissance, à 2,1% en 2026 et à 1,8% en 2027, "conduisant ainsi plusieurs économies à entrer en récession ou à s'en approcher, et faisant augmenter le chômage".
Dans ce scénario, les prix de l'énergie continueraient d'augmenter, comme l'inflation, avec davantage de pénuries d'approvisionnement, les taux d'intérêts seraient relevés de 0,5 à 0,75 point de pourcentage et les budgets des Etats se tendraient.
Outre l'impact sur le secteur agricole et les prix alimentaires, "les pénuries pourraient être particulièrement préjudiciables pour certains secteurs de croissance de l'économie mondiale, comme l'IA", selon l'OCDE. Elles "alourdiraient les coûts d'exploitation des centres de données et limiteraient l’offre de matériel critique utilisé dans les systèmes d'IA".
- 0,7% en France -
La perspective d'une issue négociée au conflit semble pour l'heure être privilégiée par l'OCDE, même si des semaines de négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran n'ont pas encore permis de mettre fin à la guerre.
Lors de la finalisation du rapport fin mai, "la perspective d'un accord de paix semblait plus probable", a indiqué le chef économiste de l'OCDE, Stefano Scarpetta, dans le rapport.
Au sein de la zone euro, dans l'hypothèse de perturbations limitées, la perspective de croissance de l'Allemagne et la France a été abaissée à 0,7% (-0,1 point) en 2026. La croissance américaine se maintiendrait autour de 2%, et atteindrait 4,5% en Chine.
Soulignant la forte incertitude sur l'évolution de la situation, l'OCDE a préconisé de bien cibler et limiter dans le temps les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises pour en limiter le coût budgétaire. Car en cas de perturbations prolongées, "des mesures de relance supplémentaires" pourraient s'avérer nécessaires.
L'organisation appelle aussi les banques centrales à rester "vigilantes et attentives": elle juge "nécessaire" un ajustement de la politique monétaire "si l'on observe des signes de généralisation des tensions sur les prix (...) ou des signes de modération importante de la croissance".
L.Harper--AMWN