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Le chef du Hezbollah rejette l'accord de cessez-le-feu, réclame le retrait d'Israël
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté jeudi l'accord de cessez-le-feu au Liban annoncé la veille à Washington, réclamant un retrait total des forces israéliennes et menaçant le nord d'Israël de nouvelles attaques.
Des frappes israéliennes ont dans le même temps fait huit morts et huit blessés, dont des femmes et des enfants dans le sud et l'est du pays, selon le ministère de la Santé.
"Le cessez-le-feu doit être global, sans dissocier le sud du reste du pays", a déclaré cheikh Qassem dans un message diffusé par la chaîne de son parti.
La formation pro-iranienne a entraîné début mars le pays dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine.
Pour tenter de mettre fin aux hostilités, les autorités libanaises ont entamé des négociations avec Israël sous l'égide des Etats-Unis, pour la première fois depuis des décennies entre ces deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques. Mais le Hezbollah y est opposé.
A l'issue d'une quatrième session mercredi, un nouvel accord a été annoncé, la trêve en vigueur depuis le 17 avril n'ayant jamais été respectée.
Il prévoit un cessez-le-feu conditionné à un arrêt complet des tirs du Hezbollah - et constitue selon le président libanais Joseph Aoun "la dernière chance pour parvenir à un cessez-le-feu global et définitif" avec Israël.
- "Pas de sécurité" -
Mais cheikh Qassem a appelé le pouvoir à "arrêter la mascarade et l'humiliation des négociations directes" avec Israël.
Le chef du Hezbollah a souligné qu'il n'y aurait "pas de sécurité" pour le nord d'Israël "sans sécurité pour les villages" du sud du Liban, alors que l'accord prévoit un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans la zone.
Le Hezbollah est lui appelé à évacuer la zone située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord, et à cesser les hostilités.
Prévoir "l'arrêt des tirs par le Hezbollah et le retrait des résistants (...) du sud, alors que l'agression se poursuit", équivaut à "une défaite et une capitulation, qui sert les objectifs de l'ennemi", a réagi Naïm Qassem.
La formation chiite a formellement signalé aux autorités libanaises son refus de l'accord, a indiqué à l'AFP l'un de ses responsables sous couvert d'anonymat.
Malgré ce rejet, le gouvernement libanais a annoncé le déploiement à venir de l'armée "dans des zones pilotes" du sud.
- "Lettre morte" -
Pour l'heure, les attaques entre les deux camps continuent, entre frappes israéliennes et tirs du Hezbollah.
"Ce n'est pas la première fois qu'un cessez-le-feu est annoncé et qu'Israël le viole", réagit pour l'AFP Mohammad Chamseddine, 56 ans, qui a fui sa maison de la banlieue sud de Beyrouth.
"C'est un cessez-le-feu d'un seul côté, et je crois qu'il restera lettre morte. Ecoutez le drone au-dessus de ma tête", ajoute-il, tandis qu'un drone israélien survole la capitale à basse altitude.
Dans le sud du Liban, un Casque bleu serbe a été tué - septième mort dans les rangs de la Finul depuis début mars - et deux militaires onusiens blessés dans une attaque de mortier, survenue tard mercredi soir.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné ce "meurtre", appelant au respect du cessez-le-feu, selon son porte-parole.
Une enquête est en cours pour en déterminer l'origine, l'armée israélienne accusant pour sa part le Hezbollah. Une allégation "infondée et mensongère", a répondu le groupe dans un communiqué.
Depuis le début de la trêve le 17 avril, les deux parties s'accusent mutuellement de la violer et Israël mène son incursion militaire la plus profonde au Liban depuis l'an 2000.
Sur l'autre front du conflit, les négociations entre Washington et Téhéran patinent. Et l'Iran exige que tout accord englobe un cessez-le-feu au Liban, avec un retrait des troupes israéliennes.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.500 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, après l'annonce jeudi d'un nouveau mort.
P.Stevenson--AMWN