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Présidentielle au Pérou: dernière bataille de campagne avant un scrutin très serré
Les deux candidats à la présidentielle péruvienne devaient lancer jeudi leur ultime appel aux électeurs avant un second tour qui s'annonce très serré, sur fond de craintes liées à la criminalité et à l'instabilité politique.
Keiko Fujimori, héritière d'une dynastie politique, et le candidat de gauche Roberto Sanchez tiennent des rassemblements à Lima avant le scrutin de dimanche. Leurs partisans, agitant drapeaux et banderoles, défendent chacun la vision politique de leur candidat.
"Nous ne pouvons pas les laisser gagner avec le communisme et le terrorisme", affirme Mérida Delgado Pérez, 65 ans, partisane de Keiko Fujimori, exprimant sa crainte qu'une victoire de la gauche n'entraîne le Pérou sur la voie empruntée selon elle par le Venezuela ou Cuba.
Les derniers sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude, avec encore près d'un électeur sur cinq indécis à quelques jours du vote.
Keiko Fujimori, 51 ans, fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori, promet une politique de fermeté face à l'insécurité, tandis que Roberto Sanchez, 57 ans, allié de l'ancien président emprisonné Pedro Castillo, se présente comme le candidat du changement au service des régions pauvres et rurales.
"La sécurité s'est fortement dégradée au Pérou et nous espérons que la personne qui prendra le pouvoir pourra améliorer la situation", explique à l'AFP Jeanette Cordon, infirmière de 32 ans, qui votera Keiko Fujimori.
Lima a enregistré 23 homicides pour 100.000 habitants en 2025, soit trois fois plus que cinq ans plus tôt, selon les données officielles.
Les partisans de Keiko Fujimori saluent le rôle joué par son père dans la défaite des guérillas qui ont ensanglanté le pays dans les années 1980 et 1990, et la stabilisation de l'économie, tandis que ses détracteurs rappellent sa condamnation pour corruption et violations des droits humains.
Roberto Sanchez s'est quant à lui présenté comme la voix des électeurs pauvres et ruraux, promettant un "changement radical" et accusant les élites ainsi que le Parlement d'être responsables d'années d'instabilité.
"Keiko représente la continuité d'une dictature héritée de son père. En revanche, Roberto Sanchez va redonner une voix aux habitants de la Sierra (des Andes, ndlr) qui ont été totalement oubliés", dit Cristina Sotomayor, 63 ans.
"J'ai vécu l'époque de son père, qui a été marquée par une corruption totale", ajoute cette administratrice dans une entreprise frigorifique.
Près de 27 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche.
Y.Nakamura--AMWN