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Présidentielle au Pérou : "ordre" contre "démocratie" dans la dernière ligne droite
La candidate de droite à la présidentielle au Pérou Keiko Fujimori a appelé jeudi à un gouvernement qui "rétablisse l'ordre", face à son rival de gauche Roberto Sanchez qui a promis de "récupérer la démocratie", à trois jours d'un second tour qui s'annonce très serré.
Les deux candidats tenaient leur dernier rassemblement de campagne à Lima, dans un contexte de hausse de la criminalité et d'instabilité politique chronique.
Tous deux présentent cette élection comme un tournant pour un pays qui a vu se succéder huit présidents en une décennie.
Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude, avec encore près d'un électeur sur cinq indécis à quelques jours du vote.
"Nous représentons le progrès, eux le recul", a ajouté la fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori, appelant les électeurs indécis à "choisir, au-delà de nos différences".
Agitant drapeaux et banderoles, ses partisans scandaient "Keiko présidente !" tandis que les haut-parleurs diffusaient une chanson répétant : "Voici la Chinoise ! La voilà qui arrive en force", reprenant le surnom sous lequel elle est connue au Pérou, hérité de son père d'origine japonaise.
"Nous ne pouvons pas les laisser gagner avec le communisme et le terrorisme", affirme dans la foule Mérida Delgado Pérez, 65 ans, exprimant sa crainte qu'une victoire de la gauche n'entraîne le Pérou sur la voie empruntée selon elle par le Venezuela ou Cuba.
"La sécurité s'est fortement dégradée au Pérou et nous espérons que la personne qui prendra le pouvoir pourra améliorer la situation", explique Jeanette Cordon, une infirmière de 32 ans, qui votera pour Keiko Fujimori.
Lima a enregistré 23 homicides pour 100.000 habitants en 2025, soit trois fois plus que cinq ans plus tôt, selon les données officielles.
- "La fin du chaos" -
Les partisans de Keiko Fujimori saluent le rôle joué par son père dans la défaite des guérillas des années 1980 et 1990, et dans la stabilisation de l'économie, tandis que ses détracteurs rappellent sa condamnation pour corruption et violations des droits humains.
Roberto Sanchez, 57 ans, allié de l'ancien président emprisonné Pedro Castillo, se présente comme le candidat du changement pour les régions pauvres et rurales et accuse les élites et le Parlement d'être responsables d'années d'instabilité.
"Le 7 juin, le peuple se lèvera pour réclamer la démocratie, les droits humains, la justice sociale et la paix sociale", a lancé le candidat de gauche, sous les feux d'artifice et au son de la musique andine.
"Ce sera la fin du chaos, la fin de Madame K, la fin des assassinats, de la corruption et de l'impunité. A bas la dame mafieuse, à bas le fujimorisme!" a-t-il poursuivi, coiffé du chapeau paysan offert par Pedro Castillo, devenu l'un des symboles de sa campagne.
L'ancien instituteur devenu président a été emprisonné après sa tentative avortée de dissoudre le Parlement en 2022. Roberto Sanchez a promis, s'il accède à la présidence, de gracier son mentor.
"Dire que le communisme arrive est un slogan de la droite", estime Victor Huapaya, un avocat de 34 ans, coiffé lui aussi d'un chapeau paysan.
Près de 27 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche dans ce pays où le vote est obligatoire.
T.Ward--AMWN