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Les footballeurs iraniens ont leurs visas américains, nouvel échange de frappes dans le Golfe
Les joueurs iraniens ont obtenu leurs visas américains pour disputer la Coupe du monde de football, au moment même où les Etats-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes dans le Golfe.
L'ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, et le département d'Etat ont annoncé vendredi que les joueurs iraniens et le "personnel d'encadrement nécessaire" avaient obtenu leurs visas pour les Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches du premier tour du Mondial-2026.
L'agence iranienne Fars a toutefois indiqué que "plus d'une dizaine de membres du personnel de soutien" sportif et médical de la sélection s'étaient vu refuser leurs visas, de même que le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, un ancien commandant des Gardiens de la Révolution.
L'Iran a été le premier pays qualifié pour le Mondial mais sa participation a été remise en question après le déclenchement de frappes israélo-américaines sur le pays le 28 février. Les incertitudes quant à l'obtention de visas ont forcé la sélection à déplacer son camp de base pour le tournoi de Tucson (Arizona) à Tijuana, au Mexique, où elle doit prendre ses quartiers dimanche.
L'Iran disputera son premier match le 15 juin à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande.
Quelques heures après avoir confirmé qu'ils accueilleraient les footballeurs iraniens, les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle frappe contre l'Iran, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 8 avril.
L'armée américaine a "abattu quatre drones (...) lancés en direction du détroit d'Ormuz", qui "représentaient une menace immédiate pour le trafic maritime régional", a écrit sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
"Les forces américaines ont ensuite frappé des sites de radars de surveillance côtière iraniens à Goruk et sur l'île de Qeshm afin de se défendre contre de nouvelles attaques," a ajouté le Centcom.
- Koweït et Bahreïn attaqués -
L'île de Qeshm avait déjà été frappée mardi par l'armée américaine.
Des explosions ont été entendues par des journalistes à Sirik, ville voisine de Goruk, a rapporté sur Telegram la télévision d'Etat iranienne Irib.
En riposte, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé sur les médias d'Etat avoir frappé des "bases ennemies" dans la région à l'aide de missiles.
L'armée du Koweït a dans le même temps fait savoir que l'émirat était attaqué par des missiles et des drones, trois jours après une attaque contre son aéroport imputée à l'Iran. Une alerte aérienne a par ailleurs été déclenchée au Bahreïn.
Des journalistes de l'AFP dans ces deux pays, qui hébergent d'importantes bases militaires américaines, ont dit avoir entendu des explosions, notamment près de l'aéroport de Koweït.
"Nous avons été réveillés par des explosions assourdissantes. Les déflagrations étaient extrêmement bruyantes. Mes enfants étaient terrifiés, et je n'arrivais pas à les calmer", a témoigné Reem, une Egyptienne habitant au Koweït, auprès de l'AFP.
Le Centcom américain a dit avoir intercepté "plusieurs missiles et drones lancés par l'Iran vers le détroit d'Ormuz et ses voisins du Golfe" - le Koweït et Bahreïn. Six missiles ont été détruits et un a raté sa cible, a indiqué le Centcom, précisant qu'il n'y avait pas de blessé.
Washington a autorisé vendredi la vente au Koweït de systèmes de lutte antidrone pour près de deux milliards de dollars.
Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais elles ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.
L'Iran a dit vendredi avoir tiré des "missiles d'avertissement" contre deux navires américains en mer d'Oman, mais Washington a démenti.
- Sommation à l'Iran -
Au Liban, Israël continue de bombarder le sud du pays, avec cinq nouveaux morts recensés vendredi par le ministère de la Santé.
Les dirigeants libanais ont sommé vendredi l'Iran de cesser d'interférer dans les affaires de leur pays, face à l'échec d'une nouvelle trêve annoncée par Washington entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah soutenu par Téhéran.
"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le président libanais Joseph Aoun à l'adresse de l'Iran, tout en appelant le Hezbollah à choisir la voie diplomatique.
"Vous devez faire preuve d'une certaine volonté (...) de mettre fin à cette guerre", a-t-il aussi lancé à Israël. "Nous sommes prêts (...) Et vous?"
Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi exhorté l'Iran à cesser d'utiliser son pays comme "moyen de pression" dans les discussions avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes.
Le Hezbollah a entraîné début mars le Liban dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début du conflit, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.
burx-roc/jnd
P.Mathewson--AMWN