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Nucléaire iranien: les négociateurs de retour pour tenter de boucler un accord
Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent mardi à Vienne, avec l'objectif affiché par l'ensemble des protagonistes de conclure un accord au plus vite.
"Les délégations sont de retour" dans la capitale autrichienne, a indiqué à l'AFP une source proche des discussions. Elles sont attendues en début d'après-midi au palais Cobourg, hôtel de luxe où se déroulent les pourparlers.
La veille, Washington qui ne participe pas directement aux pourparlers n'avait pas caché son impatience.
"Malgré les progrès", les pourparlers "sont parvenus à un stade où une conclusion devient urgente", a prévenu un porte-parole du département d'Etat américain, interrogé par l'AFP.
"Un accord qui réponde aux préoccupations-clés de toutes les parties est en vue, mais s'il n'est pas conclu dans les prochaines semaines, les avancées nucléaires de l'Iran rendront impossible notre retour" dans le texte de 2015, a-t-il ajouté.
"Nous avons adressé un message clair" à l'Iran: "c'est l'heure des décisions, pas de faire traîner le processus", a également insisté le chancelier allemand Olaf Scholz. "Nous espérons qu'ils saisiront cette chance".
Les négociateurs s'étaient quittés fin janvier en appelant à des "décisions politiques" après les "progrès" réalisés au cours du mois, qui avaient permis de sortir d'une longue impasse.
Les pourparlers, qui ont débuté au printemps 2021, se déroulent entre les Iraniens et les parties restantes à l'accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie), avec la participation indirecte des Américains.
- Pourparlers toujours indirects -
Les Etats-Unis se sont retirés en 2018, sous la présidence de Donald Trump qui le jugeait insuffisant, de ce texte conclu trois ans plus tôt pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.
Ils ont rétabli dans la foulée leurs sanctions économiques; en riposte, la République islamique s'est affranchie des restrictions-clés à son programme nucléaire, placé sous surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Les négociations visent à mettre en œuvre un "retour mutuel" de Washington et Téhéran dans l'accord, défendu par l'actuel président américain Joe Biden.
Selon les experts, les Iraniens ont tellement dérogé aux restrictions prévues par l'accord de 2015 qu'ils ne sont plus qu'à quelques semaines de disposer de suffisamment de matière fissile pour fabriquer une arme atomique.
L'élaboration d'une bombe, une intention qu'a toujours niée la République islamique, requiert toutefois de nombreuses autres étapes.
Pour accélérer le processus, les Etats-Unis avaient souhaité de nouveau la semaine dernière un dialogue "direct" pour parvenir à un compromis dans cette "dernière ligne droite".
"Nous soutenons depuis longtemps que ce serait plus productif", a souligné lundi le porte-parole de la diplomatie américaine. "Toutefois les pourparlers vont demeurer indirects, à la demande de l'Iran", a-t-il regretté.
- "A cinq minutes" -
La Russie a estimé qu'il s'agissait de la "dernière étape" des négociations. "Nous sommes à cinq minutes de la ligne d'arrivée", a affirmé son négociateur Mikhaïl Oulianov dans un entretien publié lundi par le quotidien russe Kommersant.
Selon lui, un "projet de document final" de vingt pages a été mis au point et peut servir de "base" pour "conclure assez rapidement" les discussions, même si "plusieurs points" doivent encore être débloqués.
De son côté, Téhéran a insisté de nouveau sur la priorité qui doit être la suppression des sanctions asphyxiant l'économie du pays.
"L'ordre du jour été précisément défini. Un accord dans lequel les sanctions qui forment la pression maximale ne sont pas levées (...) ne peut pas être la base d'un bon accord", a souligné sur Twitter Ali Chamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, plus haute instance politique, militaire et sécuritaire du pays.
Si Washington persiste à acculer Téhéran, "le chemin des négociations ne sera pas aisé", a-t-il insisté mardi.
Le cas contraire, un accord est possible rapidement, a fait savoir la diplomatie iranienne à plusieurs reprises, tout en refusant d'être tenue par des échéances artificielles.
Vendredi, Washington avait fait un geste en annonçant le rétablissement des dérogations-clés protégeant de la menace des sanctions américaines les pays et entreprises étrangères impliqués dans des projets nucléaires civils non militaires.
burs-anb/at
T.Ward--AMWN