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Israël bombarde l'Iran en riposte à une attaque inédite depuis la trêve au Moyen-Orient
Israël a mené lundi, malgré des appels à la retenue de Donald Trump, des frappes aériennes contre l'Iran après avoir été la cible de missiles de la République islamique pour la première fois depuis l'instauration de la trêve au Moyen-Orient.
Après 100 jours de guerre et deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu déjà très fragilisé, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, bien que le président américain assure vouloir négocier un accord avec Téhéran.
Des explosions ont retenti à Téhéran et les villes de Tabriz et Ispahan, a annoncé la télévision d'Etat tôt lundi, au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien dans l'ouest et le centre de l'Iran".
L'armée avait prévenu précédemment qu'elle frapperait l'Iran "avec force" en représailles au tir vers Israël de deux vagues de missiles tirés depuis l'Iran, selon elle tous interceptés.
Téhéran avait présenté ces attaques comme un "avertissement", en représailles à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah, faisant deux morts et 20 blessés malgré une trêve théoriquement conclue entre le Liban et Israël mais largement bafouée.
Alors que les Etats-Unis s'efforcent de dissocier les deux fronts, pour l'Iran, ils sont de fait indissociables.
"Le régime terroriste iranien a commis une grave erreur en choisissant une nouvelle fois la voie du terrorisme", a averti le général de brigade Effie Defrin, le porte-parole de l'armée israélienne, lors d'une courte allocution télévisée.
- Accord en péril -
C'est la première fois que l'Iran tire des missiles contre Israël depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Mais les négociations entre Washington et Téhéran n'ont depuis pas abouti et les deux pays se sont déjà attaqués mutuellement plusieurs fois ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz, sans issue en vue pour une guerre qui a embrasé le Moyen-Orient et fait vaciller l'économie mondiale.
Selon le média Axios, Donald Trump s'est entretenu dimanche soir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin qu'Israël ne riposte pas et que toute signature d'un accord avec Téhéran ne soit pas mise en péril. Aucun compte-rendu officiel n'a été diffusé.
"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il affirmé selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.
Les deux dirigeants ont déjà eu un échange musclé il y a quelques jours, selon M. Trump, qui s'est dit mécontent de l'offensive israélienne au Liban.
"Une reprise du conflit entre Iran et Israël n'est dans l'intérêt de personne", a insisté la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper sur X, appelant "les deux parties à la retenue et à une désescalade immédiate".
Auparavant, l'Iran avait menacé de s'en prendre aux intérêts américains et israéliens au Moyen-Orient après la frappe israélienne sur Beyrouth, éloignant un peu plus un éventuel accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines.
- Ecoles fermées -
Israël a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays, tandis que l'Irak a fait état dimanche soir de la fermeture temporaire de son espace aérien, tout comme la Syrie - partiellement.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé lundi matin avoir ciblé des "groupes terroristes" à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien, selon l'agence de presse officielle Irna.
L'Iran a également fermé dimanche soir jusqu'à nouvel ordre son espace aérien dans la partie ouest du pays. Les vols à l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran, l'un des deux principaux de la capitale, ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre, a rapporté dimanche soir l'agence iranienne Mehr.
Cité par Mehr, le conseiller de la diplomatie iranienne Ali Safari a affirmé que les tirs de missiles avaient eu lieu "après plus d'un mois de retenue face à des violations répétées du cessez-le-feu" d'Israël au Liban.
Dans une interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump a regretté de son côté les frappes iraniennes, qui "ne vont pas aider les négociations", assurant une nouvelle fois, comme plusieurs fois ces dernières semaines, que Washington et Téhéran étaient "très proches" d'un accord.
Les points d'achoppement restent cependant nombreux en vue d'un possible compromis, que ce soit le Liban mais aussi le contrôle du détroit d'Ormuz, la question du programme nucléaire iranien et son stock d'uranium hautement enrichi ainsi que le sort des avoirs iraniens gelés à l'étranger sous l'effet des sanctions.
Les tentatives de négociations se sont malgré tout poursuivies ces dernières heures.
Selon la télévision d'Etat, le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, est à Téhéran, porteur d'une "lettre spéciale" adressée au guide suprême Mojtaba Khamenei qui contient "un message très important", a-t-il souligné sans en dévoiler le contenu.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu sur les "derniers développements" au Moyen-Orient avec ses homologues du Royaume-Uni, de Turquie ainsi que le médiateur pakistanais, selon son ministère.
A Téhéran, l'incertitude et le marasme économique pèsent sur les habitants.
"J'ai l'impression que cette situation va perdurer pour un moment - une sorte d'état suspendu, où les uns tirent des missiles, les autres lancent des drones, et je doute que tout cela aboutisse à une véritable stabilité", confie à l'AFP Farhad, chef cuisinier de 35 ans.
burx-anb-lb/gmo/jnd
M.Fischer--AMWN