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Après la démission de Starmer, des Britanniques affichent un optimisme prudent
"Une bonne nouvelle" teintée de prudence: à Londres et Manchester, des Britanniques rencontrés par l'AFP ont salué lundi la décision du Premier ministre Keir Starmer de jeter l'éponge, tout en soulignant les difficultés qui attendent son probable successeur, Andy Burnham.
"Je suis sûr que cela a été un grand soulagement pour beaucoup de gens", confie à l’AFP l'avocat Alan Collins, en courant à une consultation dans son cabinet au centre de Londres.
Pour lui, la démission d'un Starmer devenu très impopulaire en près de deux ans au pouvoir est "une bonne nouvelle pour le pays", confronté à de "nombreux problèmes" qui ne sont pas suffisamment traités. Un avis partagé par 62% des Britanniques, selon un sondage réalisé lundi par l'institut YouGov auprès de 6.000 Britanniques.
S'il "devient Premier ministre et qu’il est prêt à affronter les défis auxquels ce pays est confronté, il a peut-être une chance", estime Alan Collins. Mais "s’il ne le fait pas, et que l’on assiste à une répétition de ce que nous avons connu ces dernières années, alors ce sera une occasion manquée".
- "Cycle infernal" redouté -
A Manchester, où Andy Burnham jouit d'une forte popularité après 10 ans à la mairie, des habitants rencontrés par l'AFP font aussi preuve d'un optimisme mesuré.
Louis Marks, 30 ans, qui travaille dans les services financiers, se félicite d'avoir "une voix du nord à Downing Street". Mais lorsqu'il deviendra Premier ministre, Burnham va devoir passer de la gestion d’un territoire local à celle d’un pays entier, et "s'attaquer à de très gros chantiers nationaux comme le coût de la vie", dit-il.
Surnommé "le roi du nord", Andy Burnham a fait campagne sur ce thème, promettant de réduire les factures d'énergie et d'eau des Britanniques.
Même tonalité pour Aaron Wear, 23 ans, ingénieur de profession: "Quand on est maire, on est très centré sur un territoire précis. Trouver le bon équilibre au niveau d'un pays tout entier pourrait s'avérer difficile, mais j'espère qu'il fera du bon travail".
Surtout, Andy Burnham devra faire ses preuves rapidement, sur fond d'économie atone et de crise internationale liée aux conflits en Ukraine et en Iran, souligne Louis Marks.
"Si d'ici quatre mois les gens ne ressentent aucun changement, ils risquent de ne pas être satisfaits. Et on va se retrouver dans un cycle infernal de valse des Premiers ministres", pronostique-t-il, en référence aux six chefs du gouvernement qui se sont succédé au Royaume-Uni ces dix dernières années.
A Londres, Maria, qui travaille dans la finance, souligne que le futur Premier ministre va être confronté à de rudes réalités économiques dès son arrivée.
"J'ai l’impression que beaucoup de gens n’y croient plus", dit-elle. "Il y a eu beaucoup de changements, mais rien ne s’améliore vraiment pour l’instant".
S.Gregor--AMWN