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Présidentielle au Pérou: une victoire de la candidate de droite Keiko Fujimori se profile
Une victoire de la candidate de droite Keiko Fujimori se profile à la présidentielle au Pérou, les résultats portant sur la quasi-totalité des procès-verbaux du deuxième tour lui donnant une avance irrattrapable sur son rival de gauche Roberto Sanchez.
Son élection marquerait le retour du fujimorisme au pouvoir, plus de deux décennies après la chute de son père, l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000).
Le scrutin, après un premier tour chaotique les 12 et 13 avril et un second mieux organisé le 7 juin, a été l'un des plus serrés de l'histoire récente d'Amérique latine. Il est censé mettre fin à la forte instabilité politique au Pérou où huit présidents se sont succédés depuis 2016, sur fond de crises institutionnelles à répétition.
Après l'intégration de 99,86% des procès-verbaux, Keiko Fujimori, 51 ans, recueille 50,12% des voix contre 49,88% pour M. Sanchez, d'après les données de l'Office national péruvien des processus électoraux (ONPE).
Elle devance M. Sanchez de plus de 43.000 voix sur plus de 19 millions de suffrages comptabilisés. L'autorité électorale doit encore examiner 131 procès-verbaux contestés, représentant environ 39.300 votes, un nombre insuffisant pour permettre à M. Sanchez de combler son retard.
Ce dernier a déclaré mardi qu'il ne reconnaîtrait pas un éventuel gouvernement de Mme Fujimori. Il estime qu'il y a eu une "grave atteinte au processus électoral", en particulier dans le vote des Péruviens de l'étranger.
Des irrégularités administratives et dans la conservation du matériel électoral auraient, selon lui, affecté le vote à l'étranger, soit environ 300.000 suffrages qui ont largement bénéficié à la droite.
M. Sanchez, député et ancien ministre 57 ans, estime que ces votes ont faussé le résultat et il a demandé l'annulation du vote de l'étranger. Selon lui, en excluant les suffrages exprimés hors du pays, il conserverait une avance d'environ 25.000 voix. Une requête jugée irrecevable mardi soir par le Jury national des élections (JNE) au motif notamment qu'elle était tardive.
Fuerza Popular, le parti de Keiko Fujimori, a pour sa part indiqué qu'il attendrait le dépouillement complet avant de se proclamer vainqueur.
- profondes divisions -
La lenteur du dépouillement n'a rien d'exceptionnel au Pérou. En 2021, il avait fallu près de six semaines pour connaître le résultat définitif du second tour opposant Pedro Castillo à Keiko Fujimori, déjà candidate.
Une mission de l'Union européenne a estimé que cette fois-ci, le scrutin du 7 juin s'était déroulé de manière "calme et ordonnée" dans le contexte d'une campagne fortement polarisée. Quelque 27 millions de Péruviens étaient appelés aux urnes.
La campagne a mis en évidence les profondes divisions du Pérou, pays riche en ressources minières et troisième producteur mondial de cuivre mais également miné par de fortes disparités sociales et la production de cocaïne.
Keiko Fujimori a obtenu ses meilleurs résultats sur la côte et dans plusieurs centres urbains, tandis que Roberto Sanchez s'est imposé dans de nombreuses régions andines rurales.
Mme Fujimori a fait campagne sur la lutte contre l'insécurité et le crime organisé, devenus l'une des principales préoccupations des Péruviens.
Elle revendique l'héritage contrasté de son père président, décédé en 2024 et qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1990 à 2000. Alberto Fujimori est crédité par ses partisans de succès en matière économique et sécuritaire, mettant fin notamment aux guérillas du Sentier Lumineux (maoïste) et du mouvement Tupac Amaru (guévariste) des années 1980 et 1990. L'ancien président a aussi été condamné en 2009 à 25 ans de prison pour avoir commandité deux massacres de civils, perpétrés par des escadrons de la mort au début des années 1990.
Roberto Sanchez avait quant à lui mis l'accent sur le renforcement des institutions et la réduction des inégalités.
Le vainqueur succédera le 28 juillet au président par intérim José María Balcazar pour un mandat de cinq ans.
D.Sawyer--AMWN