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Le plan d'évacuation du détroit d'Ormuz suspendu après l'attaque d'un navire
L'Organisation maritime internationale (OMI) a suspendu jeudi le plan d'évacuation du détroit d'Ormuz, qui doit permettre de faire sortir quelque 11.000 marins bloqués dans le Golfe, après une attaque visant un navire qui avait emprunté ce passage stratégique en dehors du "cadre du dispositif".
D'après les médias américains citant un responsable, cette attaque, venue d'un projectile d'origine inconnue selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, est due aux forces armées iraniennes.
L'autorité maritime iranienne responsable du détroit a averti après l'attaque que "tout passage en dehors du cadre défini" par l'Iran "ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé et ne donnerait pas droit à une couverture d'assurance".
En tournée dans les pays du Golfe alliés des Etats-Unis, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est employé à les rassurer, alors que Téhéran et Washington ont débuté la semaine dernière des discussions en Suisse en vue d'un règlement durable de leur conflit, après la signature le 17 juin d'un protocole d'accord.
"Même si nous voulons un accord, nous ne voulons pas d'un accord à n'importe quel prix", a-t-il lancé jeudi à Bahreïn, devant ses pairs du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Il faisait notamment référence à la situation dans le détroit d'Ormuz, point de contentieux majeur: l'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre et auxquels Washington s'oppose.
Ce passage large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et Oman, est ultra-stratégique: 20% du commerce mondial d'hydrocarbures y transitait avant la guerre.
- "Comme une épidémie" -
"Si nous acceptons qu'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio.
"Le président Trump a été clair: l'Iran ne peut pas entraver la libre circulation du trafic dans le détroit", a réagi la Maison Blanche après l'attaque de jeudi.
La situation semble aussi se tendre entre l'Iran et son voisin omanais, situé sur l'autre rive du détroit.
Oman a annoncé qu'aucun "frais de passage" n'était prévu dans les futurs arrangements relatifs au détroit, évoquant en outre l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire", présenté comme une initiative concertée avec l'ONU.
Mais les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé de répondre par des "mesures appropriées" à toute tentative de traversée sans leur autorisation préalable.
Outre Ormuz, les pays du Golfe, largement ciblés par Téhéran pendant la guerre, s'inquiètent de son programme balistique et de son soutien à des groupes armés dans la région, qu'ils voudraient voir abordés dans les pourparlers irano-américains.
"Une paix et une sécurité régionales durables exigent de répondre à l'ensemble des menaces iraniennes", incluant ces questions, ont écrit les chefs de la diplomatie du CCG dans un communiqué. Ces sujets ne figurent pas dans le protocole d'accord.
"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte (...) à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a insisté Marco Rubio.
- Rallonge budgétaire américaine -
Avec l'attaque du navire jeudi, les cours du pétrole ont finalement rebondi après être tombés à des niveaux d'avant-guerre.
Le protocole d'accord ouvre la voie à soixante jours de négociations en vue d'un règlement durable. Selon Marco Rubio, une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue le 29 ou le 30 juin en Suisse.
Aux Etats-Unis, les critiques se multiplient sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme à cette guerre impopulaire.
Et la Maison Blanche a demandé aux parlementaires une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars (77 milliards d'euros), notamment pour reconstituer les stocks américains de munitions.
Des divergences subsistent aussi sur l'épineux dossier du nucléaire iranien.
Téhéran défend son droit à une filière civile complète et a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, ce que craignent les Occidentaux.
Concernant le Liban, où Israël affronte le Hezbollah pro-iranien et a mobilisé des troupes dans le sud, l'Iran a imposé qu'il soit inclus dans le protocole d'accord.
La formation chiite a de nouveau accusé jeudi Israël de "violation flagrante" du cessez-le-feu après qu'une frappe de drone a fait trois morts. L'armée israélienne a affirmé avoir tué des combattants du Hezbollah.
Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répété jeudi qu'elle resterait déployée "aussi longtemps que nécessaire".
En parallèle, la cinquième session de pourparlers entre Israël et le Liban sous médiation américaine censée se terminer jeudi va finalement se poursuivre vendredi à Washington, selon le département d'Etat américain.
burx-cgo-es/sia/eml
L.Mason--AMWN