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Nucléaire iranien: les négociateurs à la manoeuvre pour boucler un accord
Les pourparlers sur le nucléaire iranien ont redémarré mardi à Vienne, avec l'objectif affiché par l'ensemble des protagonistes de conclure un accord au plus vite.
Le négociateur iranien Ali Baghéri a fait son arrivée peu avant 15H (14H00 GMT) au palais Cobourg, hôtel de luxe de la capitale autrichienne où se déroulent les discussions, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Il devait y rencontrer le diplomate de l'Union européenne Enrique Mora, qui supervise le processus et informe les Américains, présents à Vienne mais pas impliqués de manière directe.
En ce jour de reprise, aucune prise de parole n'était prévue, le temps pour M. Mora de faire un point avec chacune des délégations revenues de leurs capitales respectives avec des instructions de leurs dirigeants.
La veille, Washington n'avait pas caché son impatience.
"Malgré les progrès", les pourparlers "sont parvenus à un stade où une conclusion devient urgente", a prévenu un porte-parole du département d'Etat américain, interrogé par l'AFP.
"Un accord qui réponde aux préoccupations-clés de toutes les parties est en vue, mais s'il n'est pas conclu dans les prochaines semaines, les avancées nucléaires de l'Iran rendront impossible notre retour" dans le texte de 2015, a-t-il ajouté.
Les négociateurs s'étaient quittés fin janvier en appelant à des "décisions politiques" après les "progrès" réalisés au cours du mois, qui avaient permis de sortir d'une longue impasse.
- Pourparlers toujours indirects -
Les discussions, qui ont débuté au printemps 2021, se déroulent entre les Iraniens et les parties restantes à l'accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie).
Les Etats-Unis se sont retirés en 2018, sous la présidence de Donald Trump qui le jugeait insuffisant, de ce texte conclu trois ans plus tôt pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.
Ils ont rétabli dans la foulée leurs sanctions économiques; en riposte, la République islamique s'est affranchie des restrictions-clés à son programme nucléaire, placé sous surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Les négociations visent à mettre en œuvre un "retour mutuel" de Washington et Téhéran dans l'accord, défendu par l'actuel président américain Joe Biden.
Selon les experts, les Iraniens ne sont plus qu'à quelques semaines de disposer de suffisamment de matière fissile pour fabriquer une arme atomique.
L'élaboration d'une bombe, une intention qu'a toujours niée la République islamique, requiert toutefois de nombreuses autres étapes.
Pour accélérer le rythme dans cette "dernière ligne droite", les Etats-Unis avaient souhaité de nouveau la semaine dernière un dialogue "direct", ce que ne veut pas Téhéran pour l'instant.
- Téhéran sur la réserve -
Se gardant de tout pronostic, l'Iran a insisté de nouveau sur la priorité qui doit être la suppression des sanctions asphyxiant l'économie du pays.
"L'ordre du jour a été précisément défini. Un accord dans lequel les sanctions qui forment la pression maximale ne sont pas levées (...) ne peut pas être la base d'un bon accord", a souligné sur Twitter Ali Chamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, plus haute instance politique, militaire et sécuritaire du pays.
Si Washington persiste à acculer Téhéran, "le chemin des négociations ne sera pas aisé", a-t-il insisté mardi, refusant d'être tenu par des échéances artificielles.
Selon le représentant russe Mikhaïl Oulianov, interviewé par le quotidien russe Kommersant, un "projet de document final" de vingt pages a été mis au point mais "plusieurs points" doivent encore être débloqués.
Au coeur du problème, comment s'assurer que les Etats-Unis, quand Joe Biden sera parti, ne reviendront pas sur la parole donnée?
"C'est la question centrale depuis le début", explique à l'AFP Eric Brewer, de l'institut de recherches américain Nuclear Threat Initiative. "Le défi est de mettre en place des garde-fous économiques et politiques" si jamais cela devait se produire.
"Les Etats-Unis et les Européens préfèrent sans doute boucler le dossier avant le Conseil des gouverneurs de l'AIEA début mars, mais je ne pense pas que ce soit nécessairement déterminant", commente M. Brewer.
Et en dépit des déclarations répétées sur le fait que le temps presse, "je doute que Washington quitte les négociations" après cette date "s'ils estiment qu'un accord est toujours possible".
burs-anb/def
P.Santos--AMWN