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Débat télévisé entre les six candidats dans la course à la tête de l'ONU
Les six candidats au poste de secrétaire général de l'ONU étaient jeudi côte à côte dans la très symbolique salle de l'Assemblée générale pour défendre leur vision, une semaine avant le début formel du processus de sélection crucial pour une organisation en pleine crise.
Alors que la campagne sans clair favori peine à provoquer un véritable enthousiasme, la Chilienne Michelle Bachelet, l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall répondent pendant 90 minutes aux questions des diplomates, employés de l'ONU et représentants de la société civile lors de cet événement diffusé par Bloomberg.
Première question lancée par Romaine Bostick, un des deux journalistes modérant cette discussion: "Qu'est-ce qui fait de vous la meilleure personne pour être secrétaire général?".
Les candidats disposaient de deux minutes chacun pour répondre.
"Cette discussion publique (...) offrira une rare occasion de découvrir les idées, les priorités et la vision des candidats à l'un des postes les plus importants au monde", s'était félicité avant la séance la présidente de l'Assemblée générale, Annalena Baerbock.
"Dans un monde extrêmement fragmenté, les Nations unies ont besoin non seulement d'un administrateur en chef exceptionnel qui adaptera l'organisation au XXIe siècle, mais aussi du leadership et de l'intégrité d'une personne disposée à défendre vigoureusement la charte de l'ONU et ses trois piliers (paix et sécurité, droits humains et développement, ndlr)", avait-elle ajouté.
L'ONU fait face à une profonde crise financière et de confiance, accusée notamment par l'administration de Donald Trump de dépenser sans compter, en se dispersant, et sans résultat satisfaisant. Les Américains réclament ainsi un "retour" aux bases fondamentales, la paix et la sécurité, alors que d'autres Etats soulignent l'égale importance des deux autres piliers.
Alors que les Etats-Unis et les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Russie, Chine) peuvent se servir de leur veto lors de la sélection, les candidats doivent naviguer entre les exigences américaines et les lignes rouges d'autres Etats, pas toujours claires.
- Eviter de froisser -
Dans ce contexte, "la course semble manquer d'énergie", comparée à la campagne de 2016 "plus animée, avec plus de candidats et d'intrigues" avant le choix final d'Antonio Guterres, commente auprès de l'AFP Richard Gowan, analyste à l'International Crisis Group.
"Cette fois, tout le monde est d'accord sur le fait que la course est d'une importance capitale pour l'avenir de l'ONU, mais la compétition elle-même reste prudente". Les candidats veulent "éviter de froisser les Etats-Unis et d'autres puissances ayant le droit de veto", ajoute-t-il.
Les six candidats ont déjà été passés au grill pendant trois heures chacun par les représentants des 193 Etats membres de l'ONU. La plupart ont insisté sur la nécessité de poursuivre la réforme en cours de l'organisation pour la rendre plus efficace, et sur l'importance de l'implication plus grande du secrétaire général dans les efforts de paix à travers le monde.
Le 30 juillet, les 15 membres du Conseil de sécurité doivent à huis clos et anonymement se prononcer pour la première fois sur leur préférence parmi les candidats.
Ce premier "vote indicatif" sera suivi d'un nombre non défini d'autres votes similaires jusqu'à ce qu'un candidat puisse réunir les 9 voix nécessaires sans aucun veto des cinq membres permanents. Le nom du candidat ainsi choisi sera alors transmis à l'Assemblée générale pour la nomination formelle du secrétaire général qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2027.
Plusieurs diplomates interrogés par l'AFP se sont montrés plutôt circonspects sur l'issue de la course, estimant que plusieurs capitales n'avaient pas encore fait leur choix.
"J'ai l'impression que Grossi est toujours le plus fréquemment cité comme favori, mais il n'a pas verrouillé la course. D'autres candidats comme Grynspan et Rodrigues-Birkett ont aussi beaucoup d'admirateurs", note Richard Gowan, soulignant que la surprise pourrait venir d'un candidat encore non déclaré.
De nombreux noms circulent dans les couloirs et les médias, notamment celui du président de la Fifa Gianni Infantino que Donald Trump voudrait voir prendre la tête de l'ONU, selon le New York Post.
En vertu d'une tradition de rotation géographique pas toujours suivie, le poste est réclamé cette fois-ci par l'Amérique latine. De nombreux Etats plaident également pour qu'une femme l'occupe pour la première fois.
D.Sawyer--AMWN