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Dette publique de la France : la note de Fitch attendue vendredi soir
L'agence Fitch réévaluera ce vendredi soir la note attribuée à la dette française, dans un contexte économique tendu à quelques semaines de la présentation du dernier budget du gouvernement avant l'élection présidentielle et au moment où la question de la dette revient au cœur des débats.
Lors de sa dernière actualisation, début mars, l'agence de notation saluait la solidité de l'économie française et de ses institutions, tout en pointant une dette publique élevée et un contexte politique limitant les possibilités d'assainir les finances publiques.
Fitch attribue pour l'heure la note A+ à la France, soit une dette de "qualité moyenne supérieure".
Cette note est assortie d'une perspective stable, ce qui signifie qu'il est peu probable - mais pas impossible - que l'agence de notation la modifie à moyen terme.
A l'époque, Fitch misait sur un déficit public de 4,9% pour 2026, un chiffre proche de l'objectif du gouvernement, de 5%.
Mais depuis, le ministre de l'Economie Roland Lescure a lui-même admis que cette cible serait "difficile à atteindre".
En avril puis en juillet, le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance, à 0,9%, puis 0,7%, contre 1% attendu précédemment.
"Les dernières nouvelles ont été mauvaises, avec la guerre en Iran, la hausse du pétrole, qui ont affaibli la croissance", confirme l'économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco.
Un constat qui fait dire à Eric Dor, directeur des études économiques à l'Ieseg que "si Fitch souhaite dégrader la note de la France, elle a des arguments pour le faire".
"A tout le moins, Fitch pourrait abaisser la perspective, afin de donner une chance au gouvernement. Ce serait une manière de lui donner du temps", poursuit Eric Dor.
Autre difficulté pour le gouvernement: les taux d'emprunt de l'Etat français, au plus haut depuis près de 20 ans, qui pèsent mécaniquement sur le coût de la dette.
- La présidentielle en ligne de mire -
"C'est un vrai sujet, et c'est certainement un facteur plus problématique que la guerre en Iran, qui est davantage conjoncturel", souligne Sylvain Bersinger.
A un peu plus d'un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, qu'il devra faire passer malgré l'absence de majorité au Parlement, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a pas encore fixé d'objectif de déficit pour 2027.
Pour Sylvain Bersinger, ce budget n'aura pas une grande incidence sur le long terme, contrairement à l'élection présidentielle de 2027. "La question centrale, quand on évalue la dette, c'est la projection de long terme. Et tout le sujet, c'est de savoir ce qu'il sortira de l'élection présidentielle" affirme l'économiste.
Or la dette publique, qui atteignait 117,5% du produit intérieur brut fin mars, selon l'Insee, alimente les débats politiques. Récemment, Jean-Luc Mélenchon a affirmé vouloir annuler une partie de la dette française, suscitant l'ire des candidats de la droite et du centre.
Les deux autres grandes agences de notation doivent se prononcer sur la note française dans les mois qui viennent : Moody's le 23 octobre puis S&P Global Ratings le 27 novembre.
Cette dernière a abaissé la note française à A+ à l'automne dernier, avec, comme Fitch, une perspective stable.
Moody's classe toujours la dette française Aa3, c'est-à-dire en bas de la catégorie "qualité haute ou bonne".
Ch.Kahalev--AMWN