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Le pétrole s'installe au-dessus des 100 dollars après les frappes iraniennes
Le pétrole poursuit sa hausse jeudi, avec le baril de Brent installé au-dessus de la barre des 100 dollars, au lendemain de frappes iraniennes contre des navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz.
Le baril de Brent de la mer du Nord, qui a franchi mercredi la barre symbolique des 100 dollars pour la première fois depuis juillet, a pris encore près de 0,5% jeudi dans les premiers échanges asiatiques, dépassant les 101,60 dollars.
Dans ce contexte, le président Donald Trump, qui a déclenché la guerre contre l'Iran en février aux côtés de son allié israélien Benjamin Netanyahu, tente de remobiliser son camp lors d'une convention républicaine exceptionnelle à Dallas, au Texas.
La flambée des prix à la pompe et la baisse du pouvoir d'achat ressenties dans le monde entier risquent de jouer un rôle crucial lors des élections américaines de mi-mandat début novembre.
Cette nouvelle hausse intervient alors que les pourparlers sont au point mort.
Mercredi, l'Iran a affirmé avoir attaqué deux bateaux américains, huit pétroliers et dix autres navires qui tentaient de passer le détroit d'Ormuz, dont le pays revendique le contrôle.
Téhéran a justifié ces attaques par des frappes américaines mardi contre cinq pétroliers iraniens, invoquant la "légitime défense".
L'Iran a également annoncé étendre prochainement, au-delà de ce passage stratégique, la zone soumise à une autorisation de navigation.
L'agence maritime britannique UKMTO a signalé mercredi plusieurs navires en feu à différents endroits, sans préciser si des victimes étaient à déplorer.
Jeudi matin, l'agence officielle iranienne Irna a fait état de nouveaux bruits d'explosions "venus de la mer".
- "Peser sur l'élection" -
Alors que la circulation dans le détroit était libre avant le début de la guerre, l'Iran réclame désormais des navires qu'ils obtiennent une autorisation pour franchir le détroit, une mesure rejetée par Washington et plusieurs pays de la région.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué mercredi un contrôle étendu à une partie du golfe d'Oman et une autre en mer d'Arabie.
L'armée américaine, elle, impose un blocus sur les ports iraniens en réponse au verrouillage d'Ormuz.
Depuis le début de la guerre, le trafic est très perturbé dans ce passage maritime par où transitait naguère un cinquième du pétrole et du GNL mondial.
Plus de six mois après le début de la guerre avec l'Iran, Donald Trump a prédit mercredi qu'elle s'arrêterait "immédiatement après les élections" législatives de début novembre. Les Iraniens "ne peuvent pas tenir plus longtemps. Ils essaient désespérément de peser sur l'élection", a estimé le président américain.
A la convention républicaine dans la soirée, il ne s'est plus aventuré à livrer de calendrier, se contentant de dire que la baisse interviendrait "dès que nous gagnerons la guerre", répétant que le processus était enclenché.
Le Wall Street Journal rapporte cependant que les plus proches conseillers du président l'ont prévenu du risque que le conflit se poursuive encore des années, jusqu'à la fin de son mandat.
Les Gardiens de la Révolution avaient auparavant assuré que la guerre pourrait prendre fin si Washington cessait de menacer l'Iran et acceptait un certain nombre de ses demandes, parmi lesquelles le retrait de l'armée israélienne du Liban, le déblocage de milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés et le fait de "s'abstenir de toute ingérence dans les capacités nucléaires et balistiques du pays".
Alors que la question du nucléaire iranien cristallise depuis des années les tensions entre l'Iran et les Occidentaux, le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un cercle de réflexion américain, a affirmé que des travaux de construction s'étaient intensifiés depuis un an sur le mont Kolang, dans le centre de l'Iran, soupçonné d'abriter un complexe nucléaire souterrain.
Mercredi, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a voté le renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU en raison du "non-respect" par Téhéran de ses obligations nucléaires.
Un protocole d'accord conclu en juin entre l'Iran et les Etats-Unis et visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient a volé en éclats en juillet et depuis, les négociations sont dans l'impasse.
D.Sawyer--AMWN