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Pour dire adieu à la reine, un dernier regard, un signe de la main
En quittant Westminster Hall après s'être recueillis face au cercueil, rares sont ceux qui y résistent: un regard fugace, un signe de la main, pour saluer, une dernière fois la reine Elizabeth II.
Dans le cadre majestueux de cette salle millénaire, le cercueil de la reine se trouve sur un haut catafalque, surmonté de l'étendard royal, de la couronne impériale, du sceptre et de l'orbe. Un décorum qui frappe immédiatement quiconque y pénètre.
Le flot humain, des personnes de tous âges et de toutes origines, coule sans discontinuer depuis l'ouverture au public mercredi à 17H00 (16H00 GMT). L'exposition du cercueil au public s'achèvera lundi matin, avant les funérailles d'Etat de la reine, qui s'est éteinte le 8 septembre à 96 ans.
A l'aube vendredi, ceux qui ont fait la queue toute la nuit, parviennent enfin à passer un bref instant, quelques secondes, devant la monarque au règne d'une longévité sans précédent au Royaume-Uni, 70 ans.
Certains se présentent habillés pour l'occasion, vêtus de noir, d'autres dans leur tenue de tous les jours.
L'attente, montée à 14 heures vendredi, n'a pas dissuadé même ceux qui sont sur des béquilles.
Une fois à l'intérieur, sous la charpente de bois - qui se revendique la plus grande en Europe et a abrité les procès de Guy Fawkes, qui a voulu faire exploser le Parlement en 1606, et du roi Charles Ier en 1649 - la file d'attente se divise en quatre lignes distinctes.
- Emotion et réconfort -
Dans le silence digne qui règne dans la haute salle, où n'arrivent qu'étouffés les bruits du petit matin, les hommages, sincères, maladroits, touchants, se succèdent des deux côtés du catafalque.
Une femme s'incline. Une autre tente une révérence complète. Des messieurs aux chapeaux passés de mode se découvrent. Nombreux sont ceux qui font un signe de croix.
D'anciens combattants, la poitrine chargée de médailles, s'arrêtent fièrement quelques secondes.
Pour quelques uns, l'intensité du moment est telle qu'ils se mettent à pleurer. Ceux qui sont venus accompagnés se réconfortent, se tenant par l'épaule, la main.
Ni téléphone, ni photos ne sont autorisés.
Un petit chien d'aide surgit de l'accès pour les personnes handicapées, tirant sa laisse tenue par une petite fille. La queue remuante, inconscient de la solennité ambiante, il renifle avec entrain le tapis beige désignant le chemin à suivre.
- Relève de la garde -
Toutes les 20 minutes, la relève des gardes qui veillent sur la reine vient interrompre le silence et le défilé. Annoncé par deux lourds coups de canne, Yeomen et archers de la Royal Company arrivent du coin nord-est.
La chorégraphie centenaire millimétrée, qui résonne sur le sol de pierres, captive l'assistance.
Les plus gradés des Gentlement at Arms, la garde rapprochée de la reine, sont parés de casques à plumes de cygnes et manteaux rouges à jupe munis des manchettes en velours bleu.
Les Yeomen de la Garde sont parés de leur baudrier partant de l'épaule gauche, qui les distingue de leurs homologues Yeomen Warders, les célèbres "Beefeaters" de la Tour de Londres qui veillent sur les joyaux de la couronne.
Très vite, tous sont à nouveau en place, aux côtés de policiers gantés de blanc. Le silence retombe.
Un peu de cire tombée des quatre imposants chandeliers qui entourent l'estrade est nettoyée. Le défilé reprend.
M.Fischer--AMWN