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Le G7 résolu dans son soutien à l'Ukraine, prudent sur la Chine
Réuni en Allemagne vendredi, le G7 a affiché un front uni malgré des nuances sur la Chine notamment, assurant l'Ukraine de son soutien "inébranlable" face à la Russie, dénonçant l'escalade en Corée du Nord et la répression des manifestations en Iran.
"Un degré remarquable d'unité sur virtuellement tous les sujets", se félicitait un diplomate américain de haut rang, sous couvert d'anonymat, peu avant l'adoption en plénière d'un communiqué final de cette réunion de deux jours des ministres des Affaires étrangères du groupe à Münster (ouest), en Allemagne.
Forte en symbole, la rencontre s'est tenue dans la même salle du Rathaus (hôtel de ville) où fût naguère signé le traité de Westphalie en 1648 qui avait redessiné l'Europe.
Il s'agira aussi de livrer "pompes à eau, appareils de chauffage, conteneurs d'habitation et sanitaires, lits, couvertures, tentes", avait expliqué la veille la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock, dont le pays assure la présidence du G7.
"Nous réitérons notre engagement inébranlable à continuer de fournir le soutien financier, humanitaire, politique, technique et de défense dont l'Ukraine (...)" a besoin, ont affirmé les ministres.
Cette déclaration d'unité était attendue, dans le contexte de changements de gouvernements récents en Italie et au Royaume-Uni notamment, pour assurer que le groupe reste sur la même longueur d'onde.
"Nous les aiderons à conclure victorieusement ce conflit aussi longtemps qu'il le faudra", a résumé de son côté le Britannique James Cleverly dans un entretien avec l'AFP, alors que son homologue ukrainien Dmytro Kouleba était intervenu la veille à la réunion par vidéoconférence.
Les pays industrialisés (Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Japon) ont également rejeté les accusations "fausses" de Moscou selon lesquelles l'Ukraine préparerait "une sale bombe", tout en dénonçant par ailleurs la "rhétorique nucléaire inacceptable de la Russie".
- L'ombre de la Chine -
Inquiets de la crise énergétique, le groupe a en outre appelé les pays producteurs de pétrole à augmenter leur production pour contribuer à faire baisser les prix, un mois après la décision de l'Opep+ de réduire drastiquement ses extractions d'or noir.
Ciblant la Corée du Nord et l'Iran, les ministres ont condamné avec force les récents tirs de missiles balistiques de la part de Pyongyang sur fond d'une montée des tensions spectaculaire dans la péninsule coréenne, et la répression des manifestations en Iran.
"Tout essai nucléaire ou toute autre action dangereuse devra faire face à une réponse internationale rapide, robuste et unie", ont-ils mis en garde Pyongyang.
Pour le diplomate américain cité plus haut, le G7 a démontré son "rôle crucial" pour coordonner l'action des pays riches face aux turbulences de ce monde, y compris sur le délicat sujet de la Chine où le G7 a fait preuve, selon lui, d'un "remarquable alignement des positions et approches".
Les relations avec la Chine se sont invitées à la réunion en pleine visite du chancelier allemand Olaf Scholz à Pékin, vue d'un assez mauvais oeil à Paris, Bruxelles ou Washington.
Le chancelier a plaidé vendredi pour "davantage" de coopération avec la Chine, mais aussi des relations commerciales "équitables", dans un climat de défiance croissante de l'Occident vis-à-vis de la deuxième puissance mondiale.
Evoquant la Chine dans leur communiqué final de manière soigneusement calibrée, les pays du G7 se sont dits prêts à une "coopération constructive là où c'est possible et dans notre intérêt" avec Pékin, à la fois partenaire, concurrent et rival, comme le soulignait jeudi soir la ministre allemande.
Dans le même temps, ils ont appelé Pékin "à respecter ses obligations internationales" et les droits de l'homme, et à "s'abstenir de menaces ou intimidations", dans une allusion à Taïwan.
"Nous nous opposons fermement à toute tentative unilatérale de changer le statu quo par la force ou la coercition", ont-ils dit.
Les ministres ont conclu la réunion en se penchant sur les relations avec le continent africain, en présence de leurs homologues kenyan et ghanéen.
H.E.Young--AMWN