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Rencontre des dirigeants britannique et irlandais, avec le protocole nord-irlandais au menu
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a reçu jeudi son homologue irlandais Micheal Martin et a affiché sa volonté de mettre fin aux différends commerciaux post-Brexit en Irlande du Nord au moment où la province est en pleine impasse politique.
Les deux dirigeants se sont rencontrés à l'occasion du Conseil britannico-irlandais à Blackpool dans le nord-ouest de l'Angleterre. Signe de la volonté de résoudre ces différends, Rishi Sunak est le premier chef de gouvernement britannique à ouvrir ce sommet depuis 2007.
Selon un porte-parole de Downing Street, le Premier ministre a répété sa préférence "pour une solution négociée avec l'Union européenne" en espérant "flexibilité et pragmatisme" de la part de toutes les parties.
La province britannique d'Irlande du Nord est plongée depuis des mois dans une impasse politique sur fonds de discorde sur son statut post-Brexit. Au coeur des désaccords, le protocole nord-irlandais, qui a été négocié au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
L'Irlande du Nord possède la seule frontière terrestre du Royaume-Uni avec l'UE, mais celle-ci doit rester ouverte en vertu de l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de violences.
Le protocole maintient ainsi l'Irlande du Nord au sein du marché unique européen mais créée donc une frontière douanière de fait avec l'île de Grande-Bretagne, inacceptable pour les unionistes d'Irlande du Nord attachés à l'ancrage de la province au sein du Royaume-Uni.
Les unionistes du DUP réclament l'abandon du protocole en bloquant la formation d'un exécutif avec le parti nationaliste Sinn Fein arrivé en tête aux dernières élections, conduisant à la paralysie de l'assemblée locale.
- Espoir -
Le gouvernement britannique, qui risque des représailles commerciales de l'UE s'il revient unilatéralement sur le protocole nord-irlandais comme il en a affiché la volonté, a menacé d'organiser un nouveau vote en Irlande du Nord. Mais il a repoussé mercredi la date butoir avant de convoquer un tel scrutin.
De son côté Micheal Martin a estimé jeudi, dans un communiqué publié par ses services, qu'il était désormais temps de trouver "des solutions au protocole" car "les gens et les entreprises en Irlande du Nord ont été très clairs sur le fait qu'ils voulaient un accord". Il a aussi affirmé espérer la formation d'un exécutif dans la province.
Pour le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord Chris Heaton-Harris, le protocole reste "un des principaux obstacles" à la résolution de la crise politique dans la province, mais il appelle toutefois à montrer confiance et respect envers l'UE pour une solution négociée.
Le Conseil britannico-irlandais réunit le Royaume-Uni, l'Irlande et les représentants des gouvernements écossais et gallois, ainsi que les gouvernements de l'Ile de Man, Jersey et Guernesey.
A Blackpool, Rishi Sunak a ainsi effectué ses premiers tête-à-tête avec la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, et son homologue gallois Mark Drakeford.
Selon un porte-parole du gouvernement écossais, Mme Sturgeon et M. Sunak ont eu des échanges "constructifs et cordiaux" mais la Première ministre a répété son intention d'organiser un référendum d'indépendance.
La cheffe du Sinn Fein Michelle O'Neill - qui devrait devenir la Première ministre d'Irlande du Nord si un gouvernement pouvait être constitué - a elle regretté jeudi sur Twitter que l'impasse politique dans la province prive le sommet de représentants de l'assemblée nord-irlandaise, accusant le DUP "d'empêcher que nos voix soient entendues".
csp-phz-mhc-vg/fjb
M.Fischer--AMWN